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Congrès du PS : modernitude contre sclérositude

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Par Christine Bierre

En pleine débâcle financière, alors que la France et l’Europe ont besoin d’un Parti socialiste français debout, avec des dirigeants prêts même, comme le grand Jaurès, à risquer leur vie dans la tourmente à venir, voici que le PS s’est permis de mettre en scène une énième version de la querelle des Anciens et des Modernes.

Dans les rôles principaux, du côté des modernes, Ségolène Royal, prête à prendre son Parti socialiste, laïcard et voltairien, à rebrousse-poil avec un langage emprunté aux mouvements religieux, sans oser cependant s’en prendre à la finance internationale. A-t-elle oublié que pour l’heure, l’ennemi principal n’est pas le Parti socialiste, quand bien même celui-ci aurait besoin de dépoussiérer son discours hérité des Lumières, mais bien le danger d’un fascisme financier ? De l’autre côté, les anciens, représentés par une Martine Aubry terriblement vieillie, nostalgique des grands moments de l’ère Mitterrand/Jospin, montant au créneau pour défendre en force l’appareil socialiste « menacé » par Ségolène. Seule la candidature du « jeune » Benoit Hamon – est-on jeune à 41 ans, alors que Hoche était déjà général à 25 ans ? – a laissé la porte ouverte à un espoir.

Mais plus l’orage gronde à l’extérieur du Parti, plus ce sont les faux débats qui ont enflammé les membres des appareils présents au Congrès de Reims. Ainsi, parmi les plus beaux effets de manche, il y eut la défense par les tenants du « tout sauf Ségolène », d’un parti des « militants », contre le « parti de masse » que l’ancienne candidate présidentielle est accusée de vouloir recruter, au rabais, via des adhésions à 20 euros. Argument risible car s’il y a bien une chose qu’on peut accorder à Ségolène Royal, c’est le fait d’avoir réussi au cours de la présidentielle à remobiliser ce parti des militants qui avait été démoralisé par les politiques de libéralisme financier menées depuis des années par les tenants de l’appareil. Autre faux débat lancé contre l’ancienne candidate, « l’ancrage à gauche » du PS contre toute alliance avec le MODEM, défendu avec autant de passion par ceux-là mêmes qui, comme Martine Aubry, gouvernent déjà avec lui. Si l’alliance avec le MODEM, dont la Commission économique est dirigée par Jean Peyrelevade (ancien collaborateur du « tueur de la finance », Edouard Stern), est à bannir, pour que ce discours soit crédible, il eût fallu entendre une autocritique des politiques de privatisation à tout va du secteur public et d’ouverture à la finance menées par Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn et Lionel Jospin, lorsqu’ils étaient au gouvernement, et de l’ère Mitterrand en général. Rien de tel dans les motions qui se contentent d’un vague constat de rejet par les populations des solutions social-démocrates.

Mais le grand absent du débat a été le krach financier mondial. Comme c’est souvent le cas, les débats enflammés sur des sujets secondaires cachent la peur de faire face aux graves problèmes du moment. Pourtant, Laurent Fabius l’a évoqué un bref instant, en faisant état des révisions des plans d’investissement des entreprises qui devraient annoncer au début de l’année prochaine 300000 emplois en moins ! Pourtant, Pierre Larrouturou l’a évoqué dans sa courte intervention, malheureusement rendue inaudible par le brouhaha général. Nous sommes en 1929/30, a-t-il dit, rappelant qu’à cette date, Pierre Mendès-France avait appelé à un grand projet européen pour faire face à la crise. Il n’a pas été entendu et en 1933, Hitler est arrivé au pouvoir interdisant tout projet de ce type. Il est encore temps de réagir, a-t-il dit en substance.

Si la crise était dans la bouche de tous les intervenants, les motions ne proposent aucune mesure d’envergure pour y faire face. Comme si une bulle financière de plusieurs millions de milliards de dollars ne s’effondrait actuellement sur l’économie productive et les populations, la motion de Royal se contente de vagues appels à de nouvelles régulations contre la finance spéculative, celle d’Aubry préfère plaider en faveur d’une relance fondée sur une revalorisation du pouvoir d’achat, comme si par magie on pouvait éviter une réorganisation préalable du capitalisme financier. Bien qu’elle ait appelé au « réarmement » de l’Etat pour contrer les dérives du capitalisme financier, dans une réponse à Nouvelle Solidarité qui lui demandait si pour « réarmer » l’Etat, elle comptait revenir sur l’indépendance de la Banque centrale européenne et les critères de Maastricht, elle répondit sans ambiguïté qu’il s’agissait uniquement de réorienter la politique de la Banque centrale européenne vers la croissance, ce qu’elle avait déjà commencé à faire !

Plus audacieuse est la motion C de Benoît Hamon qui, en affirmant qu’il « est temps de revenir sur l’indépendance de la BCE et sur ses statuts », en appelant « l’UE [à réviser] le pacte de stabilité » et en faisant appel à un protectionnisme européen, se risque en territoire dangereux. Sa motion ne tombe pas non plus dans le panneau de l’écologisme bête et ignorant et appelle à « une politique industrielle et d’innovation ambitieuse », soulignant que « les secteurs où la France et l’Europe ont connu leurs plus grands succès industriels et conservent une avance technologique, ont tous été développés par la puissance publique : aéronautique (Airbus), spatial (Arianespace), nucléaire (EDF), ferroviaires (SNCF – TGV), etc. » Fait nouveau et sans doute en rapport avec les campagnes répétées menées par Solidarité et Progrès sur cette question, cette défense d’un renouveau industriel et la reconnaissance de la supériorité des emplois industriels sur ceux des services, se retrouvent dans plusieurs motions. Sous la direction de soixante-huitards, le Parti socialiste avait été le champion des emplois de « col bleu » dans l’administration et les services.

Aucune des motions n’a osé cependant aborder les trois questions clés :

1) la mise en redressement financier du système, sans laquelle tenter de reconstruire est au mieux un vœu pieux, et

2) la nécessité de rétablir la capacité de l’Etat à émettre du crédit productif public, à bas taux d’intérêt, pour financer les grands projets d’infrastructures, qui fut la clé de la réussite des Trente Glorieuses. Les principales motions appellent à la constitution par l’Etat d’un grand fonds souverain capable de jouer le rôle qu’a joué le crédit productif public jusqu’aux années Pompidou. Or, comme Martine Aubry devrait le savoir, ce sont les intérêts prohibitifs du crédit levé auprès du marché qui ont bloqué la plupart des grands projets européens du Plan Delors. Enfin, impossible de réarmer l’Etat si on ne lui redonne pas le contrôle de la monnaie et une Banque nationale sous contrôle public.

Quel sera le Parti socialiste issu du vote du 20 novembre, personne n’est capable de le prédire actuellement. Mais c’est pour aider les Socialistes à relever les vrais défis que les militants de Solidarité et Progrès se sont déployés devant le Congrès et dans la ville de Reims, avec le tract de Jacques Cheminade pour sortir de la crise, qui a été distribué à 500000 exemplaires la semaine dernière dans toute la France.

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