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Copenhague : qui chauffe l’esprit de nos dirigeants ?

La rédaction
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par Christine Bierre

Le rôle de Jean Tirole

La fraude du réchauffement climatique va-t-elle faire « pschitt » au prochain sommet de Copenhague ? Nous avons bon espoir que l’échec annoncé de ce sommet contribuera à mettre fin à ce nouveau millénarisme qui a saisi la planète depuis 1990, quand Margaret Thatcher a lancé cette énième croisade britannique pour imposer au monde entier des politiques d’austérité malthusienne.

Censé mettre sur pied un nouveau traité international de lutte contre le réchauffement climatique à partir de 2012, date à laquelle le protocole de Kyoto, adopté en 1997, viendra à son terme, le sommet de Copenhague s’était fixé plusieurs buts : 1) établir de nouveaux objectifs quantifiables de réduction des émissions de CO2 pour l’après 2012 ; 2) définir un accord global de réductions d’émissions pour toute la planète et pas uniquement pour les pays industrialisés, comme ce fut le cas jusqu’ici ; 3) se doter, enfin, des instruments qui permettraient d’y arriver. A titre d’exemple, l’Union européenne qui est en pointe sur le sujet, voudrait convaincre les pays industrialisés de s’engager à réduire leurs émissions de 25 % à 40 % d’ici 2020 et de 80 % à 95 % pour 2050.

Gros problème pour les oligarques, ces stratégies visant à réduire et à remplacer la consommation d’énergies fossiles – pétrole, charbon et gaz – par des énergies renouvelables ou non productrices de CO2, exigent des investissements massifs. 10 415 milliards de dollars d’ici à 2030, selon l’Agence internationale de l’énergie, soit près de 1/5 du PIB mondial !

Où trouver cet argent en pleine crise systémique, surtout qu’il s’agit de technologies non rentables, fortement subventionnées par les Etats ? Qui sont les principaux pollueurs, sans lesquels aucun accord mondial n’est possible ? En tête du palmarès 2007, on trouve la Chine, les Etats-Unis et l’Europe avec respectivement 21 %, 20 % et 14 % des émissions de CO2, suivis de l’Inde, avec 4 %, et de la Russie, avec 6 %. Les Etats-Unis coulent actuellement sous la dépression la plus grande qu’ils aient jamais connue et l’Europe ne tardera pas à les rattraper. La Chine survit mieux pour l’instant grâce à son plan massif de relance de la consommation intérieure, lancé au début de la crise, et l’Inde est moins frappée car son économie est moins dépendante des exportations. Mais aucune des deux n’échappera à l’effondrement du système dollar, pas moins que la Russie, qui subit la crise de plein fouet.

Le sommet de Copenhague devait être celui où les pays avancés, y compris les Etats-Unis, allaient s’engager dans des objectifs beaucoup plus ambitieux. Mais la tentative du Président Obama de faire voter un projet de loi dit de « Cap and Trade » – c’est-à-dire de création de droits à polluer avec des bourses où ils peuvent être échangés tels des titres financiers ordinaires – a provoqué autant de remous que son projet de réforme sur la santé et pourrait ne jamais voir le jour. Obama serait donc bien incapable d’engager son pays dans un quelconque accord à Copenhague.

Aussi, les pays avancés devaient se mettre d’accord pour apporter une aide financière aux pays en voie de développement, incapables de financer eux-mêmes ce type de dépenses, sous la forme d’un pourcentage prélevé chaque année sur les budgets des pays avancés, ou éventuellement d’une taxe Tobin sur les produits spéculatifs. Au dernier sommet climat, l’Union européenne a fixé à 100 milliards d’euros par an d’ici 2020 l’aide dont les pays en voie de développement auraient besoin pour atteindre ces objectifs. Mais la crise étant passée par là, aucun des pays avancés n’est en mesure de mettre la main à la poche et l’Europe ne s’est pas engagée elle-même sur le montant de sa participation à cette somme.

Daniel Cohn-Bendit et Jean Tirole à la rescousse

Nos autorités auraient pu profiter de toutes ces difficultés pour revoir leur copie et éviter à la planète leurs folles politiques ! C’était sans compter avec Nicolas Sarkozy, qui a embringué le président brésilien Lula da Silva, le plus grand producteur de biocarburants au monde, dans un appel conjoint en faveur d’une « Alliance pour le changement », où ils demandent à toutes les nations de se soumettre aux objectifs définis par le Groupement intergouvernemental des experts en climat (GIEC), gendarme de cette croisade. C’était aussi sans compter avec Daniel Cohn-Bendit, qui abonde une fois de plus dans le sens du chef de l’Etat. Avec le malthusien Yves Cochet, il vient de lancer un effort d’arrière-garde pour rassembler une coalition arc-en ciel avec le Modem, les Verts et même l’UMP, afin de sauver Copenhague !

Mais un article de Jean Tirole, l’économiste comportementaliste qui dirige l’Institut Toulouse sciences économiques, paru dans Le Monde du 3 novembre dernier, a fait sortir du bois l’une des chevilles ouvrières les plus importantes de la fraude du réchauffement climatique en France.
Dans cet article intitulé « Négociations climatiques : Copenhague ou l’heure de vérité », Jean Tirole, très introduit et très écouté dans les allées du pouvoir, va beaucoup plus loin dans la folie que ses confrères. Le texte lui-même est tiré d’un rapport sur le sujet présenté le 22 septembre dernier au Conseil d’analyse économique du Premier ministre et au Conseil économique pour le développement durable, de Jean-Louis Borloo.

Que propose Tirole ? D’abord, une approche globale pour « résoudre » le problème. Fini le temps des approches sectorielles, tenant compte de situations particulières. Il propose ensuite 1) d’établir un objectif de réduction globale des émissions à l’objectif 2050 se conformant aux indications du GIEC ; 2) de créer un système mondial de droits à polluer négociables sur des bourses de carbone avec un prix unique pour les droits à polluer ; et 3) de faire du FMI le gendarme de ce système, avec pouvoir d’imposer des sanctions.

Le système des droits à polluer est un système absurde, ayant pour objectif de pénaliser les pollueurs et d’encourager les bons élèves. Chaque année, en fonction de ses émissions de carbone, chaque entreprise recevrait un nombre déterminé de droits à polluer, au prix actuel de 15 euros chacun. Ayant dépassé ses possibilités, l’entrepreneur pollueur devra acheter d’autres droits à polluer aux entreprises vertueuses qui auront réduit, grâce à des investissements, leurs émissions. Le premier est ainsi pénalisé et encouragé à faire mieux ; le second est au contraire rétribué. Entretemps, ces droits à polluer deviennent des titres négociables dans des « bourses de carbone », des marchés à terme de plein droit où l’on peut spéculer. Notons qu’en 2007, le trading dans le marché créé par l’Union européenne à cet effet, l’UE ETS, avait atteint la jolie somme de 59 milliards de dollars. Et Tirole propose que d’autres marchés de ce type soient constitués, notamment aux Etats-Unis et en Europe.

Rien d’étonnant, venant de ce personnage. Auditionné en plein krach par la commission des Finances de l’Assemblée nationale, ce proche d’Olivier Blanchard, l’économiste en chef du FMI, et de l’équipe très Wall Street des conseillers économiques d’Obama, Tirole avait conseillé aux députés d’« oublier » toute régulation des hedge funds, ajoutant qu’il « n’était absolument pas question » de mettre fin à la titrisation et aux produits dérivés. Il s’agit pourtant là de l’essentiel des produits spéculatifs qui ont provoqué cette crise ! On le voit bien, tous les chemins du réchauffement climatique et de la croissance verte mènent à la finance.

Face à ces nouveaux Nostradamus, à ces joueurs de flûte d’Hamelin, prêts à noyer les foules dans leurs superstitions pour quelques gains financiers, sauvons la planète des escrocs du réchauffement climatique !

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