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Crise énergétique : les bénéfices explosent... et l’administration Bush s’accroche au « marché libre »

La rédaction
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En dépit de la hausse des prix de l’essence et de l’électricité, ainsi que d’une nouvelle vague de coupures tournantes en Californie, l’administration Bush persiste à rejeter les appels en faveur d’une rerégulation des secteurs électriques et énergétiques. Il est vrai que cette crise est profitable pour certains. En effet, les grandes compagnies de pétrole et de gaz naturel ont engrangé des bénéfices records au cours du premier trimestre 2001.

La société Enron, qui siège à Houston (Texas), a vu son chiffre d’affaires augmenter de 281 % pour les quatre-vingt-dix premiers jours de cette année (50,1 milliards de dollars) par rapport au premier trimestre 2000. Les profits de sa filiale gazière et pétrolière EOG Resources ont grimpé de 448 % au cours de la même période. Enron, l’un des intermédiaires les plus offensifs dans la commercialisation de l’énergie, a été, rappelons-le, l’un des principaux bailleurs de fonds de la campagne présidentielle de George W. Bush.

La liste suivante montre l’augmentation des bénéfices nets (à l’exclusion de rubriques spéciales comme les coûts des fusions) au cours du premier trimestre 2001 par rapport à la même période de l’année 2000 :

Chevron 53 % ; Calpine 424 % ; British Petroleum 52 % ; Williams 172 % ; Duke Energy 51 % ; Apache 158 % ; El Paso 46 % ; Unocal 122 % ; Exxon Mobil 44 % ; Reliant Energy 104 % ; Texaco 39 % ; Occidental 93 % ; Southern 35 % ; Phillips 86 % ; Dominion 28 % ; Mirant 84 % ; Kerr McGee 81 % ; Shell 23 % ; Dynegy 73 % ; AES 19 % ; Conoco 58 %.

Plusieurs personnalités du gouvernement américain - le président Bush lui-même, le vice-président Cheney, le ministre du Commerce Evans, la directrice du NSC Condeleeza Rice, le secrétaire aux Armées E. White, pour ne citer qu’eux -sont très liées aux cartels de l’énergie. Le 9 mai, le magazine Time a demandé à Richard Cheney (qui fut directeur de la plus grande compagnie de services pétroliers du monde, Halliburton), s’il ne fallait pas voir dans la gestion de la crise énergétique par l’administration Bush une sorte de remerciement aux nombreuses personnes du secteur énergétique qui ont soutenu sa candidature ?

Au cours de la première semaine de mai, le prix du gallon d’essence a augmenté en moyenne de 8,5 % dans le pays, avec une hausse bien plus forte à Chicago et dans le sud de la Californie. Aujourd’hui, le prix de l’essence (1,95 dollar/gallon) est le plus élevé dans l’histoire américaine. Certains spécialistes s’attendent à ce qu’il atteigne bientôt les 3 dollars.

De même, la Californie subit aujourd’hui une nouvelle série de coupures tournantes due, cette fois-ci, à une vague de chaleur qui met à mal les capacités de production déjà bien insuffisantes. Près de la moitié des 6000 mégawatts de capacité dont disposent les deux premières entreprises californiennes, PG&E et Southern California Edison, ne sont même pas utilisés actuellement parce qu’elles ne peuvent pas, entre autres, payer le prix élevé de leur approvisionnement en gaz naturel. L’hiver dernier, le gouverneur Gray Davis avait promis que 5000 mégawatts supplémentaires seraient disponibles en septembre. Aujourd’hui, la Commission énergétique de Californie a reconnu que seulement 1700 mégawatts seraient mis en service à partir de juillet. On estime à quelque 5000 mégawatts le déficit entre l’offre et la demande d’électricité cet été, ce qui veut dire que des coupures sont inévitables.

Le 9 mai, South California Edison a porté plainte auprès de la Commission de régulation énergétique (FERC), accusant El Paso Corporation, du Texas, d’avoir manipulé à la hausse le prix du gaz naturel vendu à la Californie cet hiver, gonflant ainsi de 3,7 milliards de dollars les revenus qu’elle a encaissés. Sur cette somme, Edison a déboursé à lui seul 1 milliard de dollars. Selon la plainte d’Edison, alors que la consommation atteignait un pic, El Paso a « délibérément refusé de mettre sur le marché des quantités considérables de gaz naturel », n’utilisant le gazoduc reliant le Texas et le sud de la Californie qu’à la moitié de sa capacité. En conséquence, les clients californiens d’El Paso ont payé le gaz naturel six fois plus cher que les clients texans du même fournisseur, les coûts du transport par gazoduc ne constituant qu’une part minime du prix. Dans le cadre de la dérégulation, cette manipulation des marchés n’est pas juridiquement illégale.

Jusqu’à présent, l’administration Bush n’a rien fait pour intervenir sur les marchés dérégulés de l’énergie. Selon son idéologie, l’économie de marché « ne permet pas de faire grand-chose ». Le 8 mai, le ministre de l’Energie, Spencer Abraham, a précisé que le gouvernement ne chercherait pas à réimposer des contrôles de prix dans les domaines de l’électricité ou du gaz naturel, ni à réduire les taxes fédérales sur l’essence. Selon la logique de M. Spencer, « des prix plafonds se traduiraient par davantage de coupures ».

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