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Crise financière : la plus grande liquidation sur les marchés émergents depuis LTCM

La rédaction
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Alors que l’hyperinflation des matières premières et ses effets sur l’économie réelle poussent les banques centrales à hausser les taux d’intérêt, on assiste à une implosion des diverses bulles carry trade, qui se sont constituées grâce aux taux ultra-faibles aux Etats-Unis, en Europe et au Japon. Dans l’attente de nouvelles hausses des taux, nombre de banques et de hedge funds sont en passe de liquider leurs investissements dans les marchés à haut risque et à forte rémunération, suivant la logique selon laquelle il mieux vaut être le premier à vendre. Ce processus a débuté en mars avec le krach islandais, gagnant entre-temps tous les marchés émergents d’Amérique latine, d’Afrique, d’Europe de l’Est et d’Asie.

Pour la première fois depuis la cessation de paiements russe en août 1998, suivie peu après par l’énorme désastre de LTCM, les marchés boursiers émergents ont subi dix jours consécutifs de fort déclin. Rien qu’au cours de la dixième journée, le 22 mai, l’indice russe RTS a chuté de 7,8 %, l’ISE-National-100 turc de 8,3 %, le CASE-30 égyptien de 6,7 %, le Bovespa brésilien de 4,5 %, le BSE-Sensex indien de 4,2 %, le Jakarta Composite indonésien de 6 %. L’indice Morgan Stanley pour les actions latino-américaines a plongé de 6,5 %, la plus forte chute journalière depuis le 11 septembre 2001. Les actions indiennes ont perdu 10 % dans les premières heures de cotation le 22 mai, obligeant une suspension temporaire des cotations. En Russie également, les transactions ont été temporairement suspendues après une chute de plus de 10 % des actions.

Les marchés asiatiques ont été à nouveau ébranlés après que la Banque populaire de Chine ait annoncé le recours à une combinaison d’instruments monétaires pour ralentir l’augmentation des prêts. Si elle augmente le ratio de réserves obligatoires des banques, on y verra le signe que les autorités sont déterminées à ralentir le boom économique. L’indice Morgan Stanley Capital International Emerging Europe a plongé de 8 %, le plus fort recul depuis août 1998. En même temps, les prix des obligations et les devises des pays concernés ont été frappés ; ainsi, le real brésilien a subi le 22 mai sa plus forte chute quotidienne depuis trois ans.

Depuis le 8 mai, l’indice Morgan Stanley Capital International Emerging Markets, couvrant les actions de 26 pays en développement, a chuté de 14 % par rapport à son niveau de clôture ce jour-là. Sur les marchés boursiers américains, européens et japonais, la tendance est aussi à la baisse. A titre d’exemple, en mai, les Bourses européennes ont perdu en deux semaines l’équivalent de tous leurs gains de 2006. Le 23 mai, l’Independent de Londres rapportait une déclaration de l’insider financier londonien Stephen Lewis : « Les prix augmentent toujours le plus rapidement lorsque les gens commencent à sentir la douleur », avant d’ajouter : « Reste à savoir si la détresse va se transformer en risque systémique. Si j’étais superviseur de ces marchés, je serais en alerte rouge - et je pense que certains le sont. »

Après une journée de pause, le carnage a repris de plus belle le 24 mai sur les Bourses. En Inde, le Sensex 30 a chuté de 2,3 %, soit une dégringolade de 16 % par rapport à son sommet du 10 mai. Le bilan était tout aussi désastreux pour d’autres marchés émergents : Argentine, -17 % ; Brésil, -14 % ; Mexique, -14 % ; Indonésie, -14 % ; Thaïlande, -9 % ; Malaisie, -4 %. Les anciennes nations industrialisées s’en sortaient à peine mieux : le Dow, le S&P 500 et le Wilshire 5000 ont tous décliné de 5 %, à Londres le FT 100 de 9 % et le FT 250 de 10 % ; Allemagne, -9 % ; Canada, -7 % ; France, -8 % ; et le Japon, -6 %.

Les hedge funds dans la tourmente

L’implosion soudaine des « carry trades » sur les marchés émergents, accompagnée d’une extrême volatilité des prix des matières premières, a poussé de nombreux grands hedge funds au bord de la faillite. Pour limiter leurs risques sur les marchés émergents ou obtenir des liquidités afin de couvrir leurs pertes sur des opérations en produits dérivés, les hedge funds ont joué un rôle de premier plan dans les perturbations survenues en mai.

La situation dans ce secteur a été illustrée par Crispin Odey, fondateur et dirigeant du hedge fund Odey Asset Management, qui gère 4,5 milliards de dollars. Lors d’une table ronde sur les fonds de protection, le 23 mai à Londres, Odey estimait que ce secteur était peut-être déjà condamné. Ancien de la Barings, Odey a comparé le destin des hedge funds à ce qui s’est passé à la Lloyd’s de Londres dans les années 80. S’ils ont bien profité de l’argent bon marché lorsque les taux étaient ultra-faibles, « dans un monde inflationniste, les hedge funds se font tuer ».

Hormis les actions, les obligations, les matières premières et les produits dérivés respectifs, il existe un autre domaine où les hedge funds sont fortement impliqués : les produits dérivés de crédit. Selon un rapport de l’International Swaps and Derivatives Association (ISDA), les encours en « credits default swaps » s’élevaient à 17 100 milliards de dollars fin 2005, contre 8 400 milliards fin 2004 et 3 800 milliards fin 2003. Le marché des produits dérivés de crédit a pratiquement doublé chaque année depuis 2001. Dans l’ensemble, l’ISDA fait état de 213 000 milliards de dollars d’encours en swaps et en options sur les taux d’intérêt et les devises pour 2005, comparés à 18 400 milliards en 2004 et à 69 000 milliards en 2001.

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