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Crise géorgienne : coordination franco-russe pour la paix

La rédaction
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11 septembre 2008 (Nouvelle Solidarité) — Sous pression des milieux d’affaires et des forces institutionnelles françaises plus traditionnelles, le 9 septembre, Nicolas Sarkozy a pu décrocher de son homologue russe, Dmitri Medvedev, un accord raisonnable pour toutes les parties. Sommé par ses partenaires de l’Union européenne d’obtenir le retrait des forces russes derrière leurs positions d’avant le déclenchement des hostilités, clause qui faisait partie de l’accord Sarkozy/Medvedev du 12 août, Nicolas Sarkozy s’est rendu à Moscou, cornaqué par Javier Solana, le responsable de la politique étrangère et de défense de l’UE, et par Jose Luis Barroso, le président de l’UE.

Les Russes n’entendaient cependant pas laisser un tel rôle de médiateur à la bureaucratie de l’Union européenne qui, influencée notamment par la Grande-Bretagne et par les anciennes satrapies de Moscou de l’Est européen, mène à son égard une politique aussi hostile que celle de l’administration Bush. La presse italienne rapporte que les Russes refusèrent de hisser le drapeau de l’Europe dans la salle où avait lieu la négociation, exigeant que seuls les drapeaux français et russe soient présents. Ils signifiaient ainsi qu’ils souhaitaient traiter avec Nicolas Sarkozy, non en tant que président en exercice de l’UE, mais en tant que Président français, d’Etat-nation à Etat-nation. Ils refusèrent également la présence de Solana et de Barroso durant les entretiens. Ce n’est qu’à la fin des négociations que les deux eurocrates, ainsi que leur drapeau, furent admis dans la salle !

L’accord négocié est tout à fait westphalien pour toutes les parties. 1) Nicolas Sarkozy a obtenu que les Russes acceptent de retirer leurs troupes de toutes les parties de la Géorgie (5 points sur la ligne Poti-Senaki) dans un délai de 7 jours ; 2) ils ont accepté le retrait de toutes leurs forces de paix « hors des zones adjacentes à l’Ossétie du Sud et à l’Abkhazie sur leurs positions antérieures au déclenchement des hostilités. » Ce retrait aura lieu à compter du 1er octobre, date butoir pour l’arrivée des forces d’interposition internationales, y compris 200 observateurs de l’Union européenne. Il se déroulera sur 10 jours au maximum ; 3) d’ici le 1er octobre, les forces géorgiennes retourneront dans leurs lieux de cantonnement d’avant la crise.

Pour ce qui est des observateurs internationaux de l’OSCE ou de la MONUG (ONU), ils continueront à exercer leurs mandats sous les mêmes conditions qu’avant les hostilités. Enfin, les discussions internationales visant à garantir la sécurité de toute la région, qui font partie du point 6 de l’accord Sarkozy/Medvedev du 12 août, se dérouleront à Genève le 15 octobre.

En échange de tout ceci, et lorsque les Russes auront effectué le retrait de toutes leurs forces, l’Union européenne reprendra les négociations sur le partenariat UE/Russie, gelées depuis le début de la crise.

Avec cette diplomatie russe et celle qu’elle mène au Proche-Orient, la France de Sarkozy rejette de plus en plus les extrémismes néoconservateurs qui animent encore un Bernard Kouchner, au Quai d’Orsay, pour se recentrer sur les politiques traditionnelles françaises dans ces régions. De fins connaisseurs de la Russie rapportaient récemment à ce journal que c’est sous pression des milieux d’affaires, des milieux militaires, et sous la direction habile du conseiller diplomatique, Jean-David Levitte, que Nicolas Sarkozy a réussi ces exploits diplomatiques. La pression des militaires se fait fortement sentir depuis le fiasco afghan que le général Georgelin avait prédit avec sa célèbre mise en garde contre le « merdier » afghan, et suite au terrible « si c’était à refaire, on le referait », lancé par notre Président en Afghanistan, lors des cérémonies consacrées aux soldats français tués sur le front.

Les milieux d’affaires français qui ont de gros contrats en Russie, tel le PDG de Renault, Carlos Ghosn, et celui de TOTAL, de Marjorie, se seraient exprimés aussi dans des termes dépourvus de toute ambiguïté : dans le genre, « pas de jeux » Sarko.

Enfin, on attribue à Jean-David Levitte l’inspiration derrière l’accord Sarkozy/Medvedev du 12 août. En tout état de cause, selon Le Parisien, dans l’avion qui les transportait vers la Géorgie, le 9 septembre, Nicolas Sarkozy et son conseiller diplomatique exultaient. « On est content, aurait dit Sarkozy, ce n’était pas gagné d’avance », alors que Jean-David Levitte lâchait un modeste : « On est vraiment les meilleurs ! »

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