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Dans l’EIR, Scott Ritter dément les mensonges de Cheney

La rédaction
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Dans une interview à paraître dans l’Executive Intelligence Review du 6 février, l’ancien inspecteur en armements de l’ONU en Irak, Scott RItter, a dénoncé l’occupation américaine et exprimé la crainte que l’insurrection irakienne ne mène à une guerre civile, les troupes américaines se trouvant alors prises entre deux feux. Voici des extraits de cette interview :

EIR : Beaucoup ont dit qu’il était impossible pour un quelconque service de renseignement d’affirmer qu’il n’y avait aucune arme de destruction massive en Irak. Mais vous disiez déjà en 2000 que vous le saviez et que les inspections le confirmeraient. Sur quelles bases reposait votre évaluation ?

Ritter : Sur la base de sept années de travail en Irak, en liaison avec les agences de renseignement des principales parties concernées dans le monde, sachant ce qu’elles savaient aussi. Qui pourrait penser que la CIA ait ignoré que l’Irak ne disposait pas de stocks significatifs d’armes de destruction massive ? Je trouve cela risible. Bien sûr que la CIA était au courant ! C’était à la base de chaque évaluation de la CIA depuis 1996.

(...) En 2001, Colin Powell et Condoleezza Rice disaient, chaque fois qu’ils en avaient l’occasion, que l’Irak ne représentait pas une menace, qu’on pouvait l’endiguer, qu’il n’avait pas d’armée conséquente ni de capacités significatives en ADM. (...) Cela correspondait exactement aux évaluations de la CIA : à savoir que l’on ne pouvait être sûr de rien, mais que l’on s’inquiétait de la possibilité que l’Irak puisse reconstituer une capacité en termes d’ADM, depuis que les inspecteurs en armements étaient partis d’Irak. Mais il n’y avait aucun élément de preuve solide pour corroborer cette inquiétude. Tout le monde le savait ; ce n’est pas une surprise, le Congrès le savait. Chacun des sénateurs qui se présentent aujourd’hui aux élections, qui étaient présents au Congrès pendant le débat, savent qu’on n’a jamais fourni un seul fait substantiel pour étayer l’affirmation selon laquelle l’Irak reconstituerait, ou posséderait, des capacités en ADM.

Le Président a agi uniquement sur la base de spéculations, d’hypothèses ou de purs montages. L’administration Bush criait au feu et le Congrès envoyait les pompiers sans même se demander où étaient les flammes et la fumée.

EIR : Vous avez une grande expérience militaire, surtout par rapport aux faucons. J’ai entendu beaucoup d’anciens militaires éminents tracer un parallèle avec l’insurrection vietnamienne. Que pensez-vous de la résistance à l’occupation ? S’agit-il seulement d’un groupe de mécontents, comme le dirait Bush, ou est-ce une véritable insurrection ? L’Irak peut-il être uni ?

Ritter : C’est sans aucun doute une véritable insurrection. Au cours de ce seul mois [janvier], nous avons perdu 38 personnes. Comment sont-elles mortes ? Elles ont été tuées parce que leur hélicoptère a été abattu, ou par des engins explosifs improvisés, ou par des attaques au mortier, ou encore dans des embuscades à la grenade. Je le précise parce que nos troupes ne se font pas tuer en combattant dans des opérations destinées à détruire l’ennemi. Ce n’est pas nous qui attaquons l’ennemi. C’est l’ennemi qui nous attaque. Il nous élimine un par un et opère partout. S’il semble pour l’instant être concentré dans le triangle sunnite, c’est uniquement parce que les chiites recherchent un avantage politique. Pour l’instant, ils ne veulent pas s’aliéner l’Autorité provisoire de la Coalition.

Mais les chiites vont se révolter si on ne leur accorde pas le suffrage universel, si l’on magouille dans cette transition de pouvoir qui se met en place. Il s’agit d’une résistance populaire qui n’est pas liée à Saddam Hussein, mais à la présence américaine illégitime en Irak.

Ce que nous devons comprendre, c’est que nous ne pouvons pas gagner cette guerre. En fait, nous l’avons déjà perdue, car cette guerre est un prolongement de la politique et les raisons politiques pour partir en guerre contre l’Irak n’ont pas été justifiées et ne le seront jamais. Nous ne serons pas accueillis en libérateurs par les Irakiens, c’est trop tard. Aujourd’hui, nous sommes considérés par tout le monde comme des occupants et par la majorité comme des occupants illégitimes. Nous n’apporterons pas la démocratie à l’américaine que nous voulions. Si la démocratie s’installe en Irak, elle viendra sous forme d’une république islamique, à travers un processus démocratique. C’est une situation différente et bien plus dangereuse que tout ce que nous avons affronté sous la dictature de Saddam Hussein.

Nous n’aurons pas le dernier mot. Etant donné que nous ne laisserons pas une république islamique arriver au pouvoir, on se retrouvera probablement avec une guerre civile, les troupes américaines prises au milieu. La dernière fois que les Etats-Unis sont intervenus dans une guerre civile, c’était au Liban, dans les années 80, et nous savons ce qu’il en est advenu. Nos marines ont été massacrés dans leurs casernes - c’était un engagement perdant qui a débouché sur le retrait des troupes américaines. C’est ce qui risque de nous arriver si nous n’abandonnons pas les objectifs politiques erronés de George W. Bush. Il nous faut reconnaître que nous avons fait erreur, que la seule institution à même de résoudre les problèmes, ce sont les Nations unies et qu’il faut transférer le contrôle politique et militaire de l’Irak à une autorité onusienne qui cherchera alors à remettre rapidement le pouvoir au peuple irakien. (...)

Il n’est pas de notre intérêt national de rester en Irak. Nous sommes aujourd’hui dans une situation bien pire que nous ne l’avons jamais été sous le gouvernement de Saddam Hussein.

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