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De grands défis pour le nouveau gouvernement indien

La rédaction
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L’Alliance progressiste unie (UPA), dominée par le parti du Congrès, vient de former le nouveau gouvernement de l’Inde, dont le chef est le Dr Manmohan Singh. L’opposition avait infligé une défaite incontestable à la coalition de l’ancien Premier ministre Vajpayee, dirigée par le BJP. La politique économique de ce dernier, basée sur la « nouvelle économie », n’a pas permis d’améliorer les conditions de vie rudimentaires des paysans, des ouvriers et des habitants des bidonvilles urbains. La population indienne a une forte tradition démocratique, confirmée à nouveau dans les élections nationales de ce mois de mai.

D’importants analystes nationaux et internationaux reconnaissent le rôle essentiel de Sonia Gandhi dans la victoire du Congrès, dans la mesure où c’est elle qui amené la campagne électorale dans les villages indiens, opposant le slogan du BJP sur « le rayonnement de l’Inde » avec la réalité quotidienne de la vaste majorité de la population. Le Premier ministre Vajpayee était respecté pour ses succès, notamment en matière de politique étrangère, mais beaucoup craignaient qu’il ne cède la place à son numéro deux, L.K. Advani, proche des chauvins hindous radicaux et dont l’idéologie est rejetée par la majorité des Indiens. A noter que Manmohan Singh est un sikh, tandis que le président Abdul Kalam est un musulman.

Bien que Mme Gandhi ait été élue présidente du parti du Congrès, elle a refusé le poste de Premier ministre. Les politiciens suprémacistes hindous avaient pris prétexte de ses origines italiennes pour lancer des attaques ignobles contre elle et tout gouvernement qu’elle dirigerait. La décision de Mme Gandhi vise donc à éviter tout éclatement immédiat de conflits entre communautés ou groupes religieux.

Cependant, le nouveau gouvernement s’est heurté à une autre crise : une mine a explosé le 23 mai dans la partie indienne de Jammu et du Cachemire, tuant 28 soldats indiens et des membres de leurs familles. Il s’agit du pire attentat terroriste depuis le lancement du processus de paix entre l’Inde et le Pakistan.

Le 20 mai, le Premier ministre désigné, Manmohan Singh, a tenu sa première conférence de presse. Il s’est engagé à rétablir l’harmonie régionale et ethnique, à poursuivre le développement global et des réformes économiques « à visage humain », à combattre la pauvreté, améliorer la situation de l’emploi, augmenter la production agricole et assurer la santé pour tous. Il entend aussi maintenir sous contrôle de l’Etat les unités stratégiques du secteur public, comme les banques nationalisées, la commission du Pétrole et du Gaz naturel et la Gas Authority of India. Le Congrès et ses alliés, dit-il, doivent présenter d’ici quelques jours leur « programme commun minimum, qui mettra l’accent sur le secteur agricole, les opportunités d’emploi, le secteur industriel et l’infrastructure ». Sur le plan diplomatique, New Delhi va rechercher des « relations amicales » avec ses voisins, notamment le Pakistan. Vis-à-vis de ce dernier, il s’est dit optimiste : « Qui aurait cru que le mur de Berlin s’écroulerait ? Si l’impossible a pu se produire là, pourquoi pas pour nous ? »

Qui est le Dr Manmohan Singh ?

Economiste, le nouveau Premier ministre indien a été ministre des Finances dans le gouvernement de PV Narasimha Rao (1991-96), après avoir occupé le poste de gouverneur de la Banque centrale. Il est l’un des architectes de la coopération économique Sud-Sud et ancien vice-président de la Commission de planification Inde-Chine. Il a été nommé ministre des Finances à un moment particulièrement difficile, suite à l’assassinat de Rajiv Gandhi durant une campagne électorale. Frappée par la crise économique due à la première guerre du Golfe et par une crise du change, l’Inde risquait, pour la première fois de son histoire de pays indépendant, de se déclarer en cessation de paiements sur sa dette extérieure. En même temps, le FMI exerçait de fortes pressions sur elle pour qu’elle applique une « thérapie de choc » comme en Russie. Singh appliqua donc une discipline fiscale et économique maximale, tout en mettant en œuvre de vastes réformes, notamment en réduisant la bureaucratie de l’Etat, alors prépondérante. L’Inde disposait alors d’une base industrielle renforcée et de stocks de céréales excédentaires, ce qui lui permit de se tirer d’affaire.

Manmohan Singh ne défend cependant pas les politiques ultralibérales. Dans une première déclaration, le 20 mai, il a souligné la nécessité d’un secteur public et d’un secteur privé également forts et de mettre sur un pied d’égalité les entreprises publiques et privées. La sécurité des travailleurs, précisa-t-il, ne doit pas être sacrifiée à la « réforme ». « La poursuite du processus de privatisation n’est pas prioritaire », dit-il. Citant les atouts de l’Inde au niveau de la science et la technologie et de sa force de travail qualifiée, Singh a estimé que « le moment est venu pour l’Inde de devenir une puissance économique ».

Le grand défi vient du vaste secteur rural, où vivent entre 500 et 600 millions d’Indiens. Les réformes économiques de ces dernières années, tout comme celles qui ont eu lieu en Chine et dans d’autres pays en voie de développement, ont en effet négligé ce secteur. Pourtant, le sort du nouveau gouvernement dépendra de sa capacité à s’attaquer à ces problèmes, notamment le sous-emploi, une productivité extrêmement faible, l’absence d’infrastructures (eau, électricité, transports) et le manque de soins médicaux et d’éducation.

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