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Derrière l’assassinat de Hariri

La rédaction
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L’attentat contre l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri à Beyrouth, le 14 février, était destiné à provoquer une réaction en chaîne de changements de régime et de balkanisation en Asie du Sud-Ouest. Pour comprendre les tenants et aboutissants de cet assassinat - même sans en connaître les exécutants - il est utile d’examiner un document politique préparé en 1996 sous la supervision de l’actuel vice-président américain Dick Cheney par un groupe de travail composé de Richard Perle, Doug Feith, David et Meyrav Wurmser, etc., intitulé : « Rupture nette : une nouvelle stratégie pour sécuriser la région ». Ce document évoquait un scénario suivant lequel les accords d’Oslo de 1993 entre Israéliens et Palestiniens seraient rompus et l’Irak, suivi de la Syrie, du Liban et de l’Iran, deviendraient la cible d’attaques militaires ou d’opérations de déstabilisation.

Le document affirmait explicitement qu’Israël devait « détourner l’attention de la Syrie en utilisant des éléments de l’opposition libanaise pour déstabiliser le contrôle syrien sur le Liban, défier le Hezbollah, la Syrie et l’Iran qui sont les principaux agents d’agression au Liban », et si cela s’avérait insuffisant, « attaquer des cibles sur le territoire syrien ». Cette doctrine devait déboucher sur un nouveau Moyen-Orient, composé d’Etats balkanisés dirigés par des régimes fantoches, tandis qu’Israël deviendrait la puissance régionale hégémonique. La principale institution néo-conservatrice militant pour cette rupture nette est le « Comité américain pour un Liban libre » (USCFL), qui avait critiqué Hariri pendant des années, l’inscrivant sur sa liste des « grands agents syriens au Liban », publiée sur son site internet. Le site rapportait : « Avec l’Irak aujourd’hui fermement dans le camp anti-syrien, et sous tutelle américaine, il semble que le temps soit venu d’entreprendre la deuxième partie du grand dessein esquissé dans le fameux mémo "rupture nette" ». Parmi les sympathisants les plus proches de l’USCFL, on compte, entre autres, Elliot Abrams, Doug Feith, Frank Gaffney, Jeanne Kirpatrick, Michael Ledeen, Richard Perle, Daniel Pipes et David Wurmser.

Bien que certains responsables de l’administration Bush aient laissé entendre que l’Iran serait la première cible, c’est à présent la Syrie qui se trouve en ligne de mire, car l’Iran jouit d’un soutien international, notamment en Europe et en Russie. On estime aussi que pour mieux attaquer l’Iran, il faudrait d’abord neutraliser la Syrie et le Hezbollah.

Immédiatement après l’assassinat, les accusations contre la Syrie ont fusé, sans la moindre preuve à l’appui. Le terrain avait été préparé par la résolution 1559 des Nations unies présentée par la France et les Etats-Unis. Adoptée en septembre dernier, elle exige le retrait de la Syrie du Liban et le désarmement du Hezbollah. Michel Aoun, l’ancien Premier ministre libanais exilé en France, a déclaré : « Ils [les Syriens] sont responsables ». Le dirigeant druze, Walid Jumblatt, actuellement dans l’opposition, lui a fait écho, ainsi que le ministre israélien des Affaires étrangères, Silvan Shalom. L’opposition libanaise a transformé les obsèques en une grande manifestation anti-syrienne.

Le danger immédiat, c’est une nouvelle guerre civile au Liban qui puisse conduire à la balkanisation du pays en différentes entités ethniques ou religieuses. Le Mufti du Liban, Mohammad Khabani, a déclaré que les sunnites libanais se sentaient menacés après l’assassinat de Hariri, lui-même sunnite. De son côté, le journaliste Robert Fisk, présent lors de l’attentat, note dans l’Independent britannique : « Quiconque envisageait d’assassiner Hariri ne pouvait pas ignorer que cela ouvrirait à nouveau toutes les fissures laissées par la guerre civile qui eut lieu de 1975 à 1990 ».

L’administration Bush s’en prend à la Syrie

Suite à l’assassinat de Hariri, le département d’Etat a envoyé une note de protestation diplomatique au gouvernement syrien et la secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, a rappelé l’ambassadrice américaine à Damas, Margaret Scobey. « Le Liban en est la cause immédiate », affirma-t-elle devant la Commission des Affaires étrangères du Sénat, « mais malheureusement, nous avons une liste croissante de problèmes avec la Syrie ».

Lors d’une conférence de presse le 17 février, le président Bush est allé plus loin : « Nous avons dit clairement à la Syrie (...) de faire en sorte que leur territoire ne serve pas à d’anciens baasistes irakiens pour répandre le chaos et tuer des vies innocentes. Nous attendons d’eux qu’ils trouvent et arrêtent les partisans du régime de Saddam Hussein et les renvoient en Irak. » A la question de savoir si la Syrie était derrière le meurtre de Hariri, Bush déclara : « D’abord, nous devons soutenir l’enquête internationale. (...) Nous avons rappelé notre ambassadeur, ce qui indique que la relation ne va pas de l’avant. (...) C’est un pays [la Syrie] qui ne suit pas le mouvement démocratique. » Il rappela que la Syrie devait « observer la résolution 1559 (...) qui prévoit le retrait de ses troupes du Liban ».

Le 18 février, Doug Feith déclara au Conseil des relations extérieures : « La Syrie fait un certain nombre de choses qui posent de grands problèmes. (...) Les Syriens seraient dans une meilleure position à bien des égards s’ils changeaient leur politique et cessaient de représenter une menace à la paix et à la stabilité. Damas est l’un des principaux partisans du terrorisme dans le monde et soutient l’insurrection en Irak. Les Syriens continuent à nier les droits souverains et indépendants du Liban ».

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