Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 8 décembre - Référendum en Italie : une nouvelle claque pour l’UE Lire Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire
Accueil Actualité
Brèves

Derrière la démission de Stiglitz

La rédaction
visites
854
commentaire

Le 25 novembre, l’économiste en chef de la Banque mondiale, Joseph Stiglitz, a annoncé sa démission. Apparemment, de difficiles relations de travail avec son chef James Wolfensohn et avec le secrétaire américain au Trésor Larry Summers ont beaucoup contribué à cette décision. Il semble que, de l’avis de ce dernier, Stiglitz n’ait pas fait preuve de suffisamment de zèle idéologique en matière de dérégulation financière, de privatisation, de « désétatisation » de la politique économique, etc. En fait, il ne s’opposait pas à la globalisation, mais cherchait simplement à introduire dans les politiques de la Banque mondiale une certaine dose de prudence, de pragmatisme et de respect pour les traditions et la souveraineté.

En avril dernier, dans son discours prononcé à la conférence de la Banque mondiale sur la science économique du développement, Stiglitz a comparé le processus de réformes en Chine à celui adopté par la Russie, sur le conseil de consultants occidentaux, pour faire l’éloge du premier. En dix ans de transition, fit-il observer, l’économie chinoise a connu une croissance remarquable alors que l’économie russe s’est contractée. « Au cours de la décennie commencée en 1989, alors que le PNB de la Chine a presque doublé, celui de la Russie a diminué de près de la moitié, si bien qu’au début de cette période, le PNB russe était environ deux fois celui de la Chine et, à la fin, environ un tiers moindre. »

Selon Stiglitz, alors que l’économie russe stagnait, le nombre de pauvres est passé de deux millions à plus de 60 millions au milieu de la décennie. Et comme la Russie a privatisé une bonne partie de ses industries et de ses ressources naturelles, le niveau d’investissements fixes bruts a chuté. « La Russie s’est rapidement transformée en économie d’extraction, au lieu de devenir une économie industrielle moderne », fit remarquer Stiglitz. « A l’opposé de ces échecs, nous avons le grand succès de la Chine qui a suivi sa propre voie de transition (plutôt que d’utiliser un projet ou une « recette » provenant de conseillers occidentaux). Elle est parvenue non seulement à une croissance rapide, mais à la création d’un secteur dynamique d’entreprises n’appartenant pas à l’Etat.

« Alors que les investissements dans l’industrie russe stagnaient, ceux de la Chine progressaient à grands pas. Ceux qui critiquent ce genre de comparaison font valoir la différence nette des niveaux de départ - le revenu de la Chine était bien plus faible et il y avait donc plus d’opportunités de développement. Au contraire, j’avancerais que les défis posés à la Chine étaient plus grands, car elle devait faire simultanément face aux défis de la transition et du développement. La Chine s’en est mieux sortie que les pays ayant un revenu comparativement faible, alors que les pays de l’ancienne Union soviétique et d’Europe de l’Est ont globalement fait pire que les pays à revenu comparable. »

A la question « pourquoi ces échecs ? », Stiglitz observe que, pour les défenseurs de la thérapie de choc et de la privatisation rapide, « le problème n’avait pas pour origine trop de choc et trop peu de thérapie, mais pas assez de choc et insuffisamment d’agressivité dans la poursuite des réformes. Le remède était correct, mais c’est le patient qui n’a pas suivi les indications du médecin ! » Pour Stiglitz, l’une des causes du problème était qu’on s’est trop fié aux modèles économiques présentés dans les livres de classe, surtout « le modèle néoclassique ».

Environ deux semaines avant sa démission, Stiglitz a noté que les contrôles de capitaux appliqués en Malaisie avaient été « assez efficaces », permettant de « stabiliser une partie de la volatilité associée aux mouvements de capitaux à court terme ». De même pour la Chine, qui « pratiquait des contrôles de capitaux, les gens réinvestissaient dans leur économie et par conséquent, l’économie se portait bien et les contrôles de capitaux ont très bien marché. »

Contactez-nous !

Don rapide