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Deutsche Telekom et l’« impensable »

La rédaction
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Depuis l’éclatement de la bulle des télécoms en mars 2000, 3 800 milliards de dollars de capitalisation dans le secteur mondial des télécoms se sont volatilisés, 3000 000 emplois ont été supprimés chez les équipementiers et 200 000 autres dans des sociétés afférentes, tandis qu’on assistait à une vague de faillites d’entreprises et de défauts sur obligations, surtout aux Etats-Unis.

Si les géants européens des télécoms, anciens monopoles d’Etat, fonctionnent toujours, ils supportent un fardeau de la dette intenable, accumulé au cours de la période « de faste financier ». On en vient à se demander si l’« impensable » - la faillite d’une grande compagnie de télécoms, comme Deutsche Telekom - pourrait devenir réalité au cours des mois à venir, tout comme les débâcles d’Enron ou de Swissair étaient « impensables » au début de 2001.

Les problèmes financiers de Deutsche Telekom s’alourdissent de jour en jour. A la fin de 2001, la dette de la compagnie s’élevait à 65 milliards d’euros et, malgré la promesse faite par son PDG, Ron Sommer, de la réduire à 50 milliards à la fin de 2002, elle va sans doute continuer à augmenter. DaimlerChrysler, elle-même sous pression financière, a fait jouer une clause spéciale de son contrat de vente de Debis (logiciels) à Telekom, l’obligeant à racheter tout de suite les 49,9 % restants de la société, à hauteur de 4,6 milliards d’euros. DaimlerChrysler en profitera sans doute dans le court terme, mais au prix de graves problèmes de trésorerie pour Telekom.

En outre, le 11 janvier, Liberty Media Corp. a annoncé qu’elle pourrait revenir sur la vente pour 4,9 milliards de dollars d’infrastructure et de câbles de Deutsche Telekom, à cause de problèmes avec les régulateurs des télécoms allemands. Signe de l’inquiétude des autorités politiques et bancaires allemandes, suite à cette annonce, la Deutsche Bank et la banque centrale de Bavière (qui est contrôlée par le gouvernement régional) se sont déclarées prêtes à produire une offre pour l’infrastructure de câbles de Deutsche Telekom, en cas de résiliation de l’accord avec Liberty Media.

Autre indication de l’état de santé de l’entreprise, sa direction a décidé d’annuler la conférence de presse trimestrielle prévue pour le 29 janvier.

Aujourd’hui, les actions de Deutsche Telekom ne valent que le sixième du sommet atteint en mars 2000. Si elle voulait revendre les licences de troisième génération de téléphones portables (UMTS), achetées au gouvernement pour quelque 8 milliards d’euros à l’été 2000, elle n’en tirerait qu’une faible partie aujourd’hui.
A l’été 2000, certains observateurs notaient que le gouvernement allemand aurait peut-être bientôt besoin des 50 milliards d’euros encaissés grâce à l’adjudication de l’UMTS, pour renflouer les compagnies allemandes de télécoms les ayant achetés. Le problème aujourd’hui, c’est que cette somme a déjà été déboursée ou affectée à d’autres objectifs. L’éclatement de la bulle des télécoms a également dévasté le portefeuille boursier du ministère allemand des Finances. Les 1,8 milliard d’actions du gouvernement, ajoutés aux 500 autres millions placés dans la Banque de reconstruction, qui représentent 43 % du total des actions de Deutsche Telekom, ne valent plus aujourd’hui que 30 milliards d’euros, alors qu’elles en valaient 360 en mars 2000...

Si Deutsche Telekom fait partie des compagnies « trop grandes pour tomber », on peut tout de même se demander si le gouvernement allemand, qui a d’énormes problèmes budgétaires, n’est pas déjà « trop en faillite pour renflouer ».

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