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Deux ministres sur le gril

La rédaction
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La bataille politique qui s’est déroulée au Sénat autour des confirmations de la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et du ministre de la Justice Alberto Gonzales, témoigne d’une combativité retrouvée au sein du Parti démocrate et au-delà, parmi les adversaires de Bush dans le camp républicain. La nature du débat et le vote substantiel contre les deux ministres désignés par Bush, démontrent le caractère révolutionnaire du processus politique aux Etats-Unis.

Le débat sur la confirmation de Condoleezza Rice, qui a duré neuf heures, était dirigé par la sénatrice démocrate Barbara Boxer (la même qui avait contesté les résultats électoraux de l’Ohio le 6 janvier) et par John Kerry. Les questions portaient principalement sur les mensonges de Rice concernant les prétendues armes de destruction massive irakiennes, les liens de l’Irak avec le terrorisme, etc. Pour le sénateur Joseph Biden, Rice a soutenu, sans aucun remord, une politique basée sur des mensonges et doit en être tenue pour redevable. C’est toute la politique immorale et anticonstitutionnelle de « préemption » - adoptée par Bush et défendue bec et ongles par Rice - qui a été dénoncée lors des auditions.

En tant que « conscience du Sénat », le sénateur démocrate Robert Byrd déclara qu’il voterait contre la nomination de Mme Rice parce qu’elle-même, comme ceux qui l’avaient aidée à formuler cette politique de guerre préventive, n’avaient aucun respect pour la Constitution ni pour le Congrès. Byrd condamna le document de 2002 sur la stratégie de sécurité nationale, qui accorde au président le pouvoir de lancer une guerre préventive, comme étant « anticonstitutionnel », dans la mesure où il « sape le pouvoir constitutionnel du Congrès de déclarer la guerre ». Byrd a vigoureusement défendu le rôle du Sénat consistant à fournir « un avis et un consentement » dans le processus de nomination, insistant sur la garantie des « pouvoirs séparés mais égaux (avec une emphase sur "égaux") des trois branches du gouvernement ».

Le sénateur Ted Kennedy critiqua Mme Rice pour avoir refusé, lors des auditions, de reconnaître ses erreurs : « Le Dr Rice a catégoriquement défendu la décision du président d’envahir l’Irak, affirmant que la décision stratégique de renverser Saddam Hussein était la bonne. Elle a soutenu la décision du président d’ignorer l’avis du général Eric Shinseki » concernant le nombre de soldats nécessaires et « refusé de désavouer les actes honteux de torture qui ont entamé la crédibilité de l’Amérique en Irak et dans le monde ». Plusieurs sénateurs ont fait remarquer qu’il y avait eu près de 1400 morts et plus de 10 000 blessés parmi les forces armées américaines, victimes de la mauvaise politique promue par Mme Rice. En commission, douze sénateurs démocrates et un indépendant (l’ancien sénateur républicain Jim Jeffords) avaient voté contre sa confirmation. Depuis 1825, c’est la plus forte opposition rencontrée par un ministre pressenti à ce poste.

A l’issue des auditions de Gonzalez devant la commission judiciaire du Sénat, l’ensemble des huit membres démocrates ont rejeté sa candidature. On l’a surtout interrogé sur son soutien aux politiques de torture et à l’abrogation des Conventions de Genève sur le traitement de prisonniers de guerre. Gonzales fut attaqué pour sa loyauté aveugle envers une présidence impériale, ainsi que pour son refus de répondre aux questions.

Le démocrate Patrick Leahy déclara d’emblée : « Je ne peux, en bonne conscience, voter en faveur de sa nomination ». Et de citer le rôle du conseiller juridique dans la formulation de mesures qui ont « terni le leadership moral de notre pays dans le monde et qui exposent nos soldats et nos citoyens à un risque accru ». Outre ses réponses évasives sur la torture, ce qui trouble surtout le sénateur Leahy, c’est la théorie défendue par Gonzalez selon laquelle le Président des Etats-Unis a le pouvoir d’« outrepasser nos lois » et d’accorder l’immunité juridique à ceux qui commettent des actes illégaux. Concernant le scandale des détenus, Leahy déclara : « Au bas de la chaîne de commandement, nous avons vu quelques cours martiales. Au sommet, nous avons vu des cérémonies de décoration, félicitations et promotions. Entre ces deux images dissonantes, il y a un fossé grandissant de responsabilité, et la façon dont le gouvernement a traité cette audition, qui aurait pu rétrécir le fossé, l’a au contraire élargi . »

Le sénateur Richard Durbin a évoqué les abus commis à Abou Ghraib et à Guatanamo, notant que si certains avaient déclaré qu’il s’agissait de la conduite irresponsable de quelques renégats, il fallait regarder aussi les « allées du pouvoir à Washington ». Or Gonzales se trouve au cœur de ce processus, puisqu’il a « suggéré au président que les Conventions de Genève ne s’appliquaient pas à la guerre au terrorisme ».

Le sénateur Kennedy attaqua Gonzales pour son refus de fournir - ou même de rechercher - des documents ayant trait aux mémos sur la torture. « Il est difficile d’imaginer une insulte plus arrogante envers cette Commission et sa responsabilité de contrôle ». Il serait irresponsable, dit-il, de permettre un vote sans avoir obtenu de réponses à nos questions.

De nombreux sénateurs ont insisté sur l’importance d’avoir un ministre de la Justice qui soit indépendant, et non un simple exécutant de la politique du Président. Ce fut le facteur décisif pour deux sénateurs démocrates qui penchaient au départ en faveur de la confirmation : Russ Feingold du Wisconsin et Charles Schumer de New York. Le premier a souligné qu’on « ne peut avoir à la tête du ministère de la Justice quelqu’un qui croit que le Président est au-dessus de la loi ».

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