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Deux sommets, deux ambiances

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par Dmitri Kossyrev, RIA Novosti

Le dernier sommet Russie-UE a connu le même sort que plusieurs autres sommets qui l’avaient précédé, dont celui du G8 cet été à Saint-Pétersbourg : en dépit de tous les mauvais augures, cette rencontre n’a pas échoué.

Elle devait capoter d’abord parce que Moscou espérait lancer à Helsinki les négociations sur un nouvel accord de base entre la Russie et l’Union européenne en lieu et place de l’accord précédent qui expire le 1er décembre 2007. Mais la Pologne a opposé son veto à l’ouverture des discussions, sujet principal du sommet, en raison de l’embargo russe sur les produits agricoles provenant de Pologne.

Le refus de la Russie de ratifier la Charte européenne de l’énergie, qu’elle avait cependant signée, devait également contribuer à l’échec.

Pourtant, à Moscou comme à Bruxelles, on maîtrise bien l’art diplomatique et administratif. Des deux côtés, les diplomates n’ont pas eu de peine à trouver d’autres sujets de discussion. Au menu des débats figuraient, en l’occurrence, l’Iran, le Proche-Orient, la péninsule coréenne, le Kosovo ainsi que l’application des décisions des éditions précédentes du sommet Russie-UE, notamment liées aux engagements de l’UE de réduire au minimum les conséquences économiques de l’élargissement de l’UE, négatives pour les intérêts russes, sans oublier la situation des russophones dans les pays baltes, autre problème consacré dans les documents bilatéraux antérieurs.

Il est à noter, toutefois, que les préparatifs de chaque manifestation diplomatique mobilisant Russes et Européens sont traditionnellement accompagnés d’un bombardement médiatique, et la dernière fois n’a pas fait exception. Et, comme toujours, les attentes dramatiques ne se concrétisent pas.

Tout juste une semaine plus tôt, le président russe avait participé à un autre sommet, celui de Hanoi, où s’étaient réunis les leaders des 21 économies de la région d’Asie-Pacifique, des Etats-Unis au Vietnam. A comparer les résultats de ces deux rencontres, mais surtout leurs ambiances, le clivage apparaît dans toute son évidence.

Les deux rendez-vous ont, bien entendu, quelque chose de commun. Car tout sommet est une mise en scène formelle et solennelle bien préparée. Tout simplement, les rencontres au plus haut niveau est le moyen d’auto-organisation le plus efficace pour les bureaucrates chargés ainsi de préparer une multitude de documents. Mais les documents naissent là où les pays intéressés ont des échanges commerciaux et des contacts de tous genres. Les dirigeants peuvent aussi profiter des rencontres pour régler les problèmes entravant ces contacts, comme ils peuvent remettre leur règlement à plus tard.

Le sommet de Helsinki et celui de Hanoi s’inscrivaient dans cette logique, mais à Hanoi il faisait tout de même moins froid, et pas seulement à cause du climat.

Pourquoi ? Parce que l’Union européenne semble être l’unique région du monde vivant dans l’illusion que les membres et même les voisins et les partenaires de cette organisation régionale doivent se conformer aux principes élaborés unilatéralement par les Vingt-Cinq. Ce sont, en l’occurrence, les principes de coopération dans l’énergie (qui ne satisfont et ne satisferont pas la Russie), sans oublier une multitude d’autres aspects.

Il ne s’agit même pas de la position des gouvernements : au contraire, les fonctionnaires et, tout particulièrement, les diplomates agissent avec savoir-faire pour rapprocher les parties. Il s’agit d’un élément de la culture politique européenne. La Russie n’est pas le seul pays concerné par l’emprise de cette culture. Il suffit de regarder les débats qui enflamment le Vieux continent au sujet de la Turquie qui souhaite intégrer l’Union européenne, ou autour d’autres dossiers étrangers à la Russie.

A Hanoi, l’atmosphère était différente. Peut-on se souvenir d’une seule édition du sommet de l’APEC où un seul des pays aurait cherché à torpiller le forum en raison de griefs à l’égard de la Russie et de tout autre membre de l’organisation. Les griefs ne manquent pas, bien entendu, mais ils sont considérés comme la réalité quotidienne. Les sommets sont convoqués non pas pour imposer aux autres sa vision des choses, mais pour rechercher un vecteur commun du développement économique régional.

Il était curieux d’entendre au Forum économique de l’APEC (un des éléments du grand forum de l’APEC long d’une semaine) des critiques impitoyables vis-à-vis de l’Europe en tant qu’entité économique et pôle de culture politique. Ces critiques sont intervenues pendant un débat auquel, aux côtés des dirigeants de grands groupes industriels, assistait le premier ministre de Singapour, Lee Hsien Loong (quoiqu’il ne partage pas toutes ces évaluations). Pour être bref, l’Europe apparaît-elle aux yeux des habitants de la région d’Asie-Pacifique comme une entité qui s’adapte mal aux évolutions du monde, qui résiste aux réalités de la mondialisation et qui prend donc des décisions erronées dans sa politique commerciale. Résultat, elle a une croissance économique qui fait sourire dans les pays riverains du Pacifique.

Bien sûr, la thèse propagandiste selon laquelle la Russie, fatiguée par la complexité de ses rapports avec l’Europe, se réorienterait sur l’Asie, a toujours été fausse. Les réalités économiques (et géographiques) de Moscou sont telles qu’elle cherche à dialoguer aussi bien avec les premiers qu’avec les seconds. C’est l’atmosphère de ces débats qui n’est pas la même.

On pouvait lire dans la presse que Moscou avait fondé des espoirs particuliers sur le sommet de Helsinki et qu’il était attristé par ses résultats. Dans la réalité, à la veille du sommet Russie-UE, alors que l’idée de le torpiller n’avait pas encore été évoquée, les milieux officiels discutaient de savoir si son agenda valait vraiment le déplacement du président russe.

Et c’est une discussion tout à fait banale. Rappelons que, selon des sources gouvernementales non officielles, Moscou avait tout aussi bien examiné l’idée d’annuler le sommet Russie-ASEAN en décembre prochain à Cebu (Philippines), en raison d’un agenda "peu dense", plus précisément en raison de l’absence de documents résolument nouveaux à signer. Et ce alors que les relations entre la Russie et l’ASEAN connaissent un essor et que rien ne laisse présager un scandale. Tout simplement, on pourra organiser à l’avenir d’autres sommets, plus fructueux.

Dans le cas de Helsinki, l’idée de renoncer à la participation au sommet n’avait jamais été évoquée sérieusement. Car la haute administration européenne, en ébullition permanente face aux nouvelles réalités du monde contemporain, aurait accueilli cette nouvelle avec le moins de compréhension possible, contrairement aux dirigeants de l’ASEAN.

En effet, deux sommets qu’organisent la Russie et l’Union européenne tous les ans, n’est-ce pas un peu trop ?

(L’avis de l’auteur peut ne pas coïncider avec celui de la rédaction.)

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