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Dick Cheney dans le collimateur : l’ordre de torturer est venu d’en haut

La rédaction
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Article exceptionnellement tiré du journal Nouvelle Solidarité.

« Ce sont des gens méchants », avait déclaré le vice-président Dick Cheney, pour expliquer pourquoi les accords de Genève ne devaient pas s’appliquer aux prisonniers de Guantanamo. « Ils pourraient bien avoir des informations sur de futures attaques terroristes contre les Etats-Unis. Il nous faut ces informations, nous devons pouvoir les interroger et en tirer tous les renseignements qu’ils peuvent avoir . »

Dès janvier 2002, Dick Cheney avait fait savoir que les conventions de Genève ne s’appliqueraient pas à la guerre au terrorisme

Ces propos de Dick Cheney indiquent la piste que les enquêteurs devraient suivre pour comprendre comment on en est venu à pratiquer la torture dans la prison d’Abou Ghraib. La source du mal est très haut placée - au niveau du vice-président et de la cabale des néo-conservateurs du Pentagone et des fanatiques sionistes-chrétiens comme le général Jerry Boykin.

A l’époque où Cheney donnait ses « ordres de marche » concernant l’interrogatoire des prisonniers, le 27 janvier 2002, un débat faisait rage au sein du gouvernement Bush pour savoir si les conventions de Genève et le droit de guerre étaient applicables au conflit en Afghanistan et aux prisonniers qui y seraient capturés. Le département de la Justice, dirigé par John Ashcroft, et les deux avocats du Président et du vice-président, Alberto Gonzales et David Addington, estimaient que non. Gonzalez rédigea un mémorandum à cet effet le 25 janvier 2002, alléguant que les nouvelles conditions de la guerre au terrorisme rendaient « caduques » et « obsolètes » certaines clauses des conventions sur la protection des prisonniers signées à Genève.

Selon la revue américaine Newsweek du 24 mai, le secrétaire d’Etat Colin Powell aurait « bondi » à la lecture du mémorandum de Gonzales et aurait envoyé, le lendemain, un contre-mémorandum au président Bush, mettant en garde contre les dommages considérables qu’une telle position infligerait aux Etats-Unis - sur les plans politique, diplomatique, moral, militaire et juridique.

Le 27 janvier, Cheney se présenta à deux débats télévisés pour débiter sa ligne contre Powell et les conventions de Genève, et pour esquisser la politique ayant débouché sur les sévices et les tortures d’Abou Ghraib : « Interrogez-les et arrachez-en toute information qu’ils pourraient détenir . »

Le rôle du général Miller à Guantanamo

A Guantanamo même, il ne fut possible de mettre entièrement en œuvre la politique de Cheney qu’après que le commandant du camp, le général de brigade Rick Baccus, ait été remplacé par un fanatique gagné à cette cause. En octobre 2002, accusé de « dorloter » les prisonniers, le général Baccus fut donc relevé de ses fonctions par le ministre de la Défense Donald Rumsfeld et remplacé par le général Geoffrey Miller.

Avant d’introduire à Abou Ghraib les méthodes de Guantanamo, ce dernier avait monté un coup contre le capitaine James Yee, un diplômé de West Point qui officiait comme aumônier musulman auprès des détenus de la base américaine à Cuba. Selon de nombreuses sources, c’est Miller, un anti-musulman paranoïaque, qui était à l’origine de l’arrestation du capitaine Yee et de son « traitement à la Gitmo » (abréviation pour Guantanamo). La tête encapuchonnée pour l’empêcher de voir et d’entendre, les mains menottées, Yee fut transféré à Charleston (Caroline du Sud) et détenu au secret pendant 76 jours sur ordre de Miller. On laissa filtrer à la presse la rumeur selon laquelle Yee serait accusé de multiples faits d’espionnage, passibles de la peine de mort.

En mars 2003, Yee fut innocenté de toutes les accusations par le Commandement américain du Sud. A elle seule, cette erreur aurait dû suffire à briser la carrière de Miller. Mais au contraire, en avril, on lui confia le commandement de la prison d’Abou Ghraib, en Irak.

Boykin, le croisé de Cambone

Au cours de l’été 2003 en Irak, la résistance se renforçait et Donald Rumsfeld et sa clique néo-conservatrice n’avaient aucune idée de comment y faire face. En effet, quelques mois auparavant, contre l’avis de tous les experts compétents, le secrétaire américain à la Défense et son numéro deux, Paul Wolfowitz, proclamaient avec aplomb que les envahisseurs américains seraient accueillis en libérateurs et que la mission serait achevée en quelques mois.

Par la suite, opérant à l’aveuglette, ils eurent besoin de renseignements sur la résistance, mais ne disposaient d’aucun réseau fiable en Irak. Ils eurent donc l’idée de les obtenir coûte que coûte des Irakiens capturés. Sur recommandation de Stephen Cambone, sous-secrétaire à la Défense chargé du Renseignement, le général Miller fut envoyé à Abou Ghraib pour évaluer les procédures d’interrogatoire en vue de les restructurer autour de la nécessité d’obtenir, le plus rapidement possible, des « renseignements opérationnels ».

C’est là que le lieutenant général William Boykin entra en scène. Adjoint militaire de Stephen Cambone, il avait été envoyé à Guantanamo pour mettre Miller au courant et lui donner ses ordres de mission. Et c’est encore Boykin qui a informé Cambone des résultats de la mission de Miller.

Fait passé pratiquement inaperçu, en juin 2003, Rumsfeld remit à Boykin, qui avait servi pendant treize ans dans la Delta Force, sa troisième étoile, le chargeant de la traque d’Oussama ben Laden et d’autres cibles de « grande valeur ». Les projecteurs publics furent braqués sur Boykin en octobre dernier, lorsqu’il déclara publiquement que la guerre au terrorisme s’apparentait au conflit entre le christianisme et Satan.

Il effectuait alors une tournée « évangéliste » des Etats-Unis, assortis de photos de ben Laden et de Saddam Hussein. « Pourquoi nous haïssent-ils, demandait-il. La réponse, c’est que nous sommes une nation chrétienne. » Ils ne pourront être battus, proclamait-il, que « si nous allons contre eux au nom de Jésus ». Boykin aime raconter comment il s’était vanté devant un seigneur de guerre à Mogadiscio, en 1993, que « mon Dieu est plus grand que le sien », et que « je savais que mon Dieu était le vrai Dieu, et le sien une idole ».

Tout le monde sait que Boykin est un fondamentaliste fanatique. Ce qu’on sait moins, c’est qu’il est membre du « Fellowship », une secte pseudo-chrétienne archi-secrète, dénoncée dans une brochure de campagne de LaRouche et qui compte nombre de militaires et de responsables politiques, surtout des parlementaires.

Selon une source bien informée, Boykin et Miller « se ressemblent comme deux gouttes d’eau ». Le général Miller est connu pour sa participation assidue aux « petits-déjeuners de prière », ce qui le rapproche de la philosophie fanatique de Boykin, l’adepte du Fellowship qui dirige le réseau du National Prayer Breakfast.

Voilà donc un beau duo de saints guerriers, mis en place pour superviser la politique de sévices et d’humiliations infligés aux détenus musulmans, sur ordre de Dick Cheney.

Edward Spannaus

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