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Dick Cheney mis en cause dans le nouveau livre de Seymour Hersh

La rédaction
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Le dernier livre du journaliste d’investigation Seymour Hersh contient des révélations explosives sur le scandale des tortures dans les prisons militaires américaines et sur les tentatives du vice-président Dick Cheney d’étouffer l’affaire. La parution de ce livre, Chain of Command, est tout à fait opportune, suivant de peu l’appel d’un groupe d’officiers supérieurs à la retraite en faveur de la création d’une commission indépendante pour enquêter sur les sévices. Un porte-parole de ce groupe a précisé que la profusion d’enquêtes individuelles en cours tendait à faire perdre de vue les questions fondamentales, d’où la nécessité d’une autre investigation exhaustive et indépendante.

Le 9 septembre, les commissions des Services armées de la Chambre et du Sénat ont tenu des auditions sur deux rapports concernant les sévices commis dans les prisons. La révélation la plus spectaculaire de ces auditions fut l’aveu par le général Paul Kern qu’il y aurait « des dizaines et peut-être jusqu’à cent » détenus fantômes à Abou Ghraib ; il s’agit de prisonniers amenés par la CIA, qui n’ont jamais été formellement enregistrés afin de cacher leur existence à la Croix Rouge internationale, en violation des règlements de l’Armée et de divers traités internationaux signés par les Etats-Unis. Le général George Fay lui-même a reconnu qu’il y avait beaucoup de « questions sans réponse » à propos des détenus fantômes.

En fait, ce point n’est que le sommet de l’iceberg. Les dérives dans les prisons - et aucune enquête n’a, jusqu’à présent, abordé ce sujet - ont pour origine la création d’un programme ultra secret ordonné par le président Bush, Dick Cheney et le secrétaire à la Défense Rumsfeld peu après les attaques du 11 septembre. En effet, dans son livre, Seymour Hersh reprend et complète les révélations qu’il avait publiées pour la première fois dans le magazine The New Yorker le 24 mai dernier, à propos de l’existence de ce programme prévoyant la capture, l’interrogatoire secret et, le cas échéant, l’assassinat de terroristes présumés. Fin 2001-début 2002, ce « Special Access Program » (SAP) fut formellement autorisé par le président Bush et différents centres d’interrogatoires secrets furent mis en place dans des pays alliés en Asie.

Le ministre Rumsfeld confia la charge de ce SAP à Stephen Cambone, à l’époque premier adjoint du sous-secrétaire à la Défense Doug Feith, ainsi qu’à son adjoint militaire, le général Jerry Boykin. Après avoir été appliqué en Afghanistan et à Guantanamo, ce programme fut importé à la prison d’Abou Ghraib à l’été 2003 et là, la dérive fut si forte que la CIA décida de retirer ses agents du programme, ayant en mémoire la sinistre opération Phoenix d’assassinats ciblés au Vietnam.

Chain of Command expose aussi les tentatives de Cheney et de son avocat David Addington pour bloquer toute enquête qui aurait permis de découvrir les responsabilités à plus haut niveau derrière le scandale des sévices. Hersh révèle d’abord comment, à l’été 2002, un analyste de la CIA, de retour de Guantanamo, avait alerté les responsables du Conseil national de sécurité (NSC) sur les crimes de guerres perpétrés dans ce centre de détention. Alors qu’un certain général Gordon, du NSC, réclamait une enquête, Addington intervint personnellement auprès de lui (un général à quatre étoiles) pour faire prévaloir que tous les détenus étaient des « combattants illégaux » qui n’avaient donc pas le droit d’être protégés par les conventions de Genève ou d’autres traités internationaux.

Ensuite, lors d’une réunion du NSC enfin convoquée par Mme Rice, un jeune fonctionnaire du Pentagone affirma même qu’en plus des sévices, il y avait aussi, à Guantanamo, des détenus qui n’avaient rien à voir avec des « combattants ». Il semble qu’Addington ait bien failli « lui couper la tête », selon un ancien haut fonctionnaire cité.

Ensuite, après la publication des fameuses photos d’Abou Ghraib, en avril 2004, c’est Cheney qui se chargea d’étouffer l’affaire, selon Hersh. Il ne voulait surtout pas que Rumsfeld démissionne et lui aurait dit : « Pas de démission. Nous allons faire le gros dos et résister. » Hersh fait remarquer que la Maison-Blanche et le Pentagone devaient aussi collaborer pour empêcher le Congrès et la presse de « tomber sur un secret incendiaire - [à savoir] que des membres clandestins d’une unité de renseignement qui opéraient en secret au nom du peuple américain [dans le cadre du SAP] s’étaient rendus à Abou Ghraib . »

Hersh commente que cette tentative d’étouffement de la part de Cheney n’est pas surprenante dans la mesure où, même si Rumsfeld était en première ligne, le président et le vice-président travaillaient main dans la main avec lui, depuis le début. Les trois « formaient une équipe », d’après le journaliste.

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