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Discours historique de Kofi Annan l’ONU

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Dans son discours d’ouverture à la session annuelle de l’Assemblée générale des Nations unies, le 23 septembre à New York, le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, au lieu de focaliser exclusivement sur l’Irak, a abordé l’enjeu réel et plus profond du problème : le danger que représente la décision américaine d’adopter et d’appliquer une doctrine de guerre préemptive qui remet radicalement en cause l’ordre des relations internationales établi au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale.

« Il y a trois ans, dit Annan, lorsque vous étiez réunis ici pour le Sommet du Millénaire, il semblait que nous avions une vision commune de la solidarité mondiale et de la sécurité collective, exprimée dans la Déclaration du Millénaire. Toutefois, suite aux événements récents, ce consensus est aujourd’hui mis en question. » Passant en revue les « nouvelles formes de terrorisme et la prolifération des armes de destruction massives », ainsi que d’autres menaces, le secrétaire général a rappelé le consensus général selon lequel ces menaces représentent un danger pour chaque nation. « Le désaccord, semble-t-il, concerne la manière dont nous réagissons à ces menaces.

« Depuis la fondation de notre Organisation, les états ont généralement essayé de faire face aux menaces contre la paix en ayant recours à l’endiguement et à la dissuasion, grâce à un système fondé sur la sécurité collective et la Charte des Nations unies. L’Article 51 de la Charte stipule que tous les états, s’ils sont l’objet d’une agression armée, peuvent exercer leur droit naturel de légitime défense. Mais jusqu’à présent, il a été entendu que lorsque les états vont au-delà de l’exercice de ce droit et décident d’employer la force pour contrer des menaces plus larges contre la paix et la sécurité internationales, ils ont besoin de la légitimité que seule l’Organisation des Nations unies peut octroyer. à l’heure actuelle, certains prétendent que cette interprétation n’est plus valable, étant donné qu’une "agression armée" au moyen d’armes de destruction massive pourrait être lancée à tout moment, sans avertissement, y compris par un groupe clandestin. Plutôt que d’attendre que cela se produise, affirment-ils, les états ont le droit et l’obligation d’employer la force d’une manière préemptive, même sur le territoire d’autres états, et même lorsque les armements qui pourraient être utilisés pour les attaquer sont encore au stade de la mise au point. (...) Cette logique constitue un défi fondamental aux principes sur lesquels, même si cela ne l’était que d’une manière imparfaite, la paix et la stabilité mondiales ont été fondées depuis 58 ans.

« Ce qui m’inquiète c’est que, si cette logique était adoptée, elle pourrait créer des précédents conduisant à la multiplication de l’usage unilatéral de la force, avec ou sans justification crédible. (...)

« Excellences, nous sommes à la croisée des chemins. Nous vivons peut-être un moment tout aussi crucial qu’en 1945, lorsque l’Organisation des Nations unies a été fondée. à l’époque, un groupe de dirigeants clairvoyants, menés et inspirés par le Président Franklin D. Roosevelt, étaient résolus à faire en sorte que la seconde moitié du XXème siècle soit différente de la première. Conscients que l’espèce humaine ne disposait que d’un seul monde pour vivre, ils avaient compris qu’à moins de gérer plus sagement ses affaires, l’humanité risquait de disparaître. Ils ont donc élaboré des règles régissant le comportement international et ont mis en place un réseau d’institutions, dont l’Organisation des Nations unies était le centre, dans le cadre duquel les peuples du monde entier puissent œuvrer de concert dans l’intérêt commun.

« Le moment est venu de décider s’il est possible de poursuivre sur la base convenue alors ou si des changements radicaux s’imposent. Et nous ne devons pas craindre de nous interroger sur la pertinence et l’efficacité des règles et instruments dont nous disposons. Parmi ces instruments, le plus important est le Conseil de sécurité lui-même. (...) »

Le fiasco de Bush à l’ONU

Le discours du président George W. Bush à l’ONU, le 23 septembre, a été pire que ce que l’on craignait. Focalisant sur « la guerre au terrorisme », la prolifération des armes de destruction massive et « l’initiative de sécurité contre la prolifération », le Président américain a répété les mêmes litanies.

Sur l’Irak, on a pu voir Bush se décerner de nombreux satisfecit. Il a parlé de « victoire », affirmant que ses effets à travers la région seraient positifs. « Le succès de l’Irak libre sera observé et pris en compte dans toute la région. Des millions de gens constateront que la liberté, l’égalité et le progrès matériel sont possibles au cœur du Proche-Orient. (...) Et un Proche-Orient transformé bénéficiera au monde entier en sapant les idéologies qui exportent la violence vers d’autres pays. En tant que dictature, l’Irak était à même de déstabiliser le Proche-Orient. En tant que démocratie, l’Irak sera à même de servir d’inspiration au Proche-Orient . »

Voilà pour la rhétorique. Pour ce qui est des faits, ce discours n’a amené aucun autre pays à offrir sa coopération concrète - militaire ou financière - en Irak. Aucune puissance majeure, que ce soit la Russie, l’Inde, la Chine, la France ou l’Allemagne, n’accepte d’envoyer des troupes ; de même, le Pakistan, la Turquie et la Corée du Sud ont clairement signalé leur refus d’en fournir.

Sur le terrain, où l’envergure et la sophistication des attaques s’intensifient, avec le QG américain à l’hôtel Rashid pris pour cible, on remet en cause la stratégie adoptée. Dans l’International Herald Tribune du 24 septembre, William Pfaff pense que les Américains envisagent de se retirer de Bagdad : « A Bagdad, l’Armée réfléchit à présent sur la façon de sortir du chaos actuel. (...) On y discute d’une retraite militaire vers différentes bases bien défendues, loin de la capitale et d’autres villes irakiennes. Celles-ci sont certainement, en majeure partie, celles où Washington voulait, avant la guerre, créer des installations américaines permanentes. (...) L’idée est de confier la sécurité de l’Irak à une police irakienne et à des milices nouvellement recrutées, ainsi qu’à une force multinationale qui serait réunie par les Américains. » « Si cela devait marcher », ajoute Pfaff, cela signifierait livrer le pays à un « Etat arabe autoritaire comme dans l’ancien temps, dirigé par des généraux, des dirigeants tribaux et des policiers », ce qui est loin du nouveau Proche-Orient démocratique et rayonnant promis par Bush. On dit même que la récente reddition du sultan Hashim Ahmad, le dernier ministre de la Défense de Saddam Hussein, s’est faite dans le cadre d’un accord tacite selon lequel Ahmad aiderait à rebâtir l’armée irakienne sous contrôle américain.

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