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Discours stratégique du ministre français des Affaires étrangères

La rédaction
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Le 3 novembre, le ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine a fait un discours qui indique qu’une réévaluation de la situation stratégique globale est en cours dans certaines institutions de politique étrangère d’Europe de l’Ouest continentale. Essentiellement, ces factions considèrent que la configuration économico-financière et politico-stratégique qui a prévalu au cours des dix dernières années est devenue insoutenable, même si elles n’ont encore qu’une vague idée de ce que l’on peut y changer. Toutefois, une impulsion institutionnelle dans le sens de la primauté de l’Etat-nation apparaît clairement, comme l’a noté Lyndon LaRouche.

Le ministre s’exprimait à l’occasion du XXème anniversaire de l’Institut français des relations internationales (IFRI) : « Quelles leçons tirons-nous de ces huit années (...) ? (...) Personnellement, je n’ai jamais pensé que nous avions atteint alors la "fin de l’histoire" - même sous la forme plus nuancée introduite depuis par Francis Fukuyama - tout simplement parce que je n’assimile pas automatiquement "économie de marché" à "démocratie" et ces deux termes à "fin des conflits". »

Commentant le rôle des Etats-Unis, il a déclaré : « J’estime que depuis 1992, le terme de "superpuissance" ne suffit plus (...) j’emploie le terme d’"hyperpuissance" que les médias américains jugent agressif (...). Il peut arriver à Henry Kissinger, Zbigniew Brzezinski ou Samuel Huntington de s’interroger sur la meilleure manière de préserver ce leadership et de prévenir les réactions contre une hégémonie trop pesante. »

Sur les relations entre l’Ouest et le reste du monde, « d’abord la Russie (...), la Chine (...) et des dizaines d’autres pays », Védrine a critiqué la « vision linéaire » selon laquelle l’Occident serait le « vainqueur de l’URSS après l’avoir été du nazisme et du fascisme ». Accusant l’Occident de « cynisme éternel », il précise qu’il rejette le relativisme culturel et revendique des valeurs humanistes universelles. Mais en même temps, dit-il, « force est de constater que nous ne connaissons pas les formules magiques qui transformeraient en un instant la Chine en une grande démocratie, les ruines de l’URSS en une économie prospère et normale (...). Alors, il nous faut bien raisonner en termes de processus historique, de consolidation progressive et d’étapes ». Pour lui, trop de gens pensent en termes de conversions miraculeuses, comme si « les recettes de la dérégulation ultralibérale avaient été adaptées à la situation de la Russie de 1992, en plus mauvaise situation pourtant que l’Europe occidentale après la guerre, qui a commencé à se reconstruire par des décennies de planification, de réglementation et de décisions publiques. »

« Certains y voient même un conflit de civilisations (...), ce qui n’est pas mon avis ». Il donne plusieurs illustrations du problème : « Au-delà du chapitre VII de la Charte, l’Occident se reconnaît un "droit d’ingérence", (...) en contournant le Conseil de sécurité s’il le faut, et proclame caduque ou relative dans ce cas la souveraineté des Etats. » Selon Védrine, les nations du Sud peuvent se demander qui a ce droit. « L’Occident exige des autres la démocratie instantanée » et l’ouverture des marchés mais les pays du Sud disent qu’ils ont aussi besoin de développement. « L’Ouest interdit aux autres les armes les plus redoutables dont il dispose lui-même et veut limiter et ralentir la diffusion des technologies duales, dont la liste est extensible ». Les nations du Sud répondent qu’elles ont aussi droit à la sécurité et que « l’Occident (...) ne peut à tout propos invoquer sa sécurité pour les empêcher de se développer ».

Védrine conclut : « Nous ne pouvons accepter ni un monde politiquement unipolaire, ni un monde culturellement uniforme, ni l’unilatéralisme de la seule hyperpuissance. (...) Nous pensons que le rôle des Etats-Unis, que garantit leur inépuisable et fantastique vitalité créatrice, serait d’autant mieux admis s’ils acceptaient cet objectif ». Mais l’unilatéralisme s’oppose au « multilatéralisme, respectueux de tous les membres de la communauté internationale ». L’Union européenne devrait être l’un des pôles de ce monde, les pôles devraient coopérer et non pas s’affronter les uns aux autres ; « au-delà des rapports euro-américains, on mesure l’ampleur du défi pour les relations Russie/Chine/Japon/Inde ». Il ne faut pas priver le Conseil de sécurité de son rôle essentiel. Quant à la poursuite des valeurs universelles, nous devrions faire preuve de « moins d’arrogance et de plus de dialogue (...) moins de dogmatisme libéral et plus d’attention au développement économique (...). »

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