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Elections en Inde : l’économie a été le facteur décisif

La rédaction
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A la surprise générale, les élections indiennes ont infligé une défaite cinglante au gouvernement de l’« Alliance démocratique nationale », dirigée par le Parti Bharatiya Janata (BJP) du Premier ministre A.B. Vajpayee. La victoire du Parti du Congrès et de ses alliés est due avant tout à la situation économique du pays.

Le BJP avait organisé les élections générales six mois plus tôt que prévu, confiant en une victoire assurée par le succès de sa politique étrangère avec le Pakistan et la Chine et de sa politique de « nouvelle économie » basée sur la technologie de l’information (TI). Le slogan électoral du BJP, « Rayonnement de l’Inde », a fait l’effet d’un boomerang car il ne tenait pas du compte de la pauvreté des 600 millions d’Indiens vivant dans les villages et les bidonvilles urbains.

Environ 56% des 675 millions d’électeurs inscrits ont participé au scrutin, qui s’est déroulé sur trois semaines, à partir du 20 avril. Progressivement, les sondages à la sortie des urnes indiquaient un soutien de plus en plus marqué pour le Parti du Congrès. Puis vint le séisme politique du 12 mai : dans l’Etat du Andrah Pradesh, qui compte plus de 75 millions d’habitants, le Parti Telugu Desam, un important allié du BJP, était battu par le Congrès. Le Premier ministre de l’Etat, Chandrababu NAIBU, qui avait tout misé sur la nouvelle économie et les technologies de l’information, a dû démissionner.

Le 13 mai, le président du BJP, Venkaiah Naidu, déclarait : « Nous n’avons pas obtenu le mandat du peuple » et Vajpayee annonçait sa démission, devenant maintenant le chef de l’opposition. Au moins six ministres nationaux ont perdu leur siège de député, de même que les président et vice-président du Lok Sabha, la chambre basse du parlement, ainsi que des ministres de différents Etats.

Sonia Gandhi, belle-fille d’Indira Gandhi et veuve de Rajiv Gandhi - tous deux anciens Premiers ministres - a été élue présidente du groupe du Congrès au Lok Sabha et devrait vraisemblablement devenir Premier ministre. Certains partis de gauche, dont le Parti communiste, ne rejoindront pas la coalition gouvernementale, mais ils se sont engagés à la soutenir de l’extérieur. Au total, le Congrès remporte 320 sièges sur 543, grâce en grande partie au fait que Mme Gandhi a fait campagne dans les zones rurales, attaquant le slogan sur le « rayonnement de l’Inde ». La participation électorale a été bien plus forte dans les villages, de 60 et parfois jusqu’à 70%, plus que dans les villes, où elle était aux alentours de 45 et 50%.

A présent, le Parti du Congrès se trouve face au défi formidable de subvenir aux besoins économiques de la majorité des Indiens. L’Inde a urgemment besoin de moderniser ses moyens de transports et son système de gestion de l’eau ainsi que d’augmenter l’approvisionnement énergétique, notamment avec l’énergie nucléaire. Elle dispose de beaucoup de ressources, spécialement ses chercheurs et ses techniciens hautement qualifiés, mais manque d’un programme national d’investissements. Le Congrès s’est engagé à mettre fin à la privatisation précipitée des industries du secteur public et à investir davantage dans le secteur rural. De leur côté, les partis de gauche se sont engagés à ne pas laisser l’Inde se faire « dicter » sa politique par le FMI et la Banque mondiale. Le 17 mai, la Bourse indienne a subi un important krach suite à des déclarations de dirigeants du Congrès s’engageant à mettre fin à la politique de « désinvestissement » (privatisations) du gouvernement. Ils se sont par la suite rétractés, et les marchés sont quelque peu repartis à la hausse. Certains ont cependant fait savoir qu’ils ne toléreraient pas de telles manipulations du marché.

La politique étrangère est un autre flanc décisif. Vajpayee avait personnellement réussi deux percées diplomatiques : les relations avec la Chine depuis juin 2003 et la création d’une base réelle de paix avec le Pakistan, au cours de ce printemps. Pékin a affirmé vouloir poursuivre le rapprochement, depuis que Rajiv Gandhi avait, le premier, tenté de sortir de l’impasse avec la Chine. Quant au Pakistan, le rôle personnel de Vajpayee était déterminant et le Congrès devra relever le défi de poursuivre ses initiatives.

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