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En visite en Turquie : LaRouche, c’est l’espoir pour le Moyen-Orient

La rédaction
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Article tiré du journal Nouvelle Solidarité, le 28 juin 2003

Les menaces proférées contre la Turquie par le parti de la guerre américain ont provoqué une immense colère mais aussi des inquiétudes. L’accueil réservé à LaRouche et à ses offres de coopération économique n’en a été que plus enthousiaste.

Sur la liste des victimes de la guerre d’Irak, la Turquie figure en bonne place. Outre les effets désastreux sur l’économie nationale, l’alliance vieille de cinquante ans avec les Etats-Unis a été sérieusement ébranlée, sinon détruite. Avant la guerre, deux des principaux faucons du Pentagone, Paul Wolfowitz et Richard Perle, ont exercé d’énormes pressions sur ce partenaire méditerranéen de l’OTAN, afin qu’il autorise la présence de 62 000 soldats américains sur le son sol en vue d’une invasion de l’Irak par le nord.

Bien que le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan ait cédé aux pressions, le Parlement, y compris le Parti de la justice et du développement (le parti au pouvoir), a rejeté la demande. Sur ce, les faucons de Washington ont riposté en condamnant cette décision prise démocratiquement par le Parlement et en coupant certaines aides financières à la Turquie. Wolfowitz a fustigé les militaires turcs pour n’avoir pas obligé le Parlement à jouer le jeu. Après l’arrêt officiel des hostilités, il a sommé la Turquie de « s’excuser » pour son insubordination vis-à-vis de Washington, tout en la menaçant de « désintégration » si elle refusait de soutenir une éventuelle attaque américaine contre l’Iran.

Cette attitude impériale a touché un nerf sensible en Turquie, car même si ce pays est allié aux Etats-Unis depuis un demi-siècle, il est fier de son indépendance et de sa souveraineté nationale, sauvegardées avant tout par la communauté militaire. Dans les mondes politique, militaire et des médias, nombre de dirigeants ont accueilli l’arrogance de Wolfowitz et de sa clique avec un mélange d’indignation et de crainte, tout en cherchant comment riposter.

Le moyen le plus efficace était d’inviter Lyndon LaRouche, candidat à l’investiture présidentielle du Parti démocrate américain, à se rendre en Turquie pour en discuter au cours de diverses rencontres avec les élites du pays. Cette visite, organisée du 13 au 18 juin, fit renaître l’espoir de rétablir les relations turco-américaines sur de nouvelles bases, axées non pas sur une capitulation d’Ankara au diktat impérial, mais sur un changement fondamental aux Etats-Unis mêmes, symbolisé par la campagne de LaRouche.

Accompagné de sa femme Helga Zepp-LaRouche, ce dernier était invité par Yarin (Demain), un mensuel indépendant diffusé principalement parmi les décideurs politiques et les intellectuels. Fervent partisan du développement eurasiatique, ce journal a réservé ses colonnes aux écrits de LaRouche à plusieurs reprises au cours des 18 derniers mois. Deux de ses journalistes, Burhan Metin et A. Altay Unaltay, ont organisé une grande conférence à Istanbul le 14 juin, co-parrainée par le département des Affaires culturelles de la municipalité, sur le thème : « l’Eurasie : nouvelle clé pour le développement global et la paix », et une autre le 16 juin sur le même thème, parrainée par la Chambre de Commerce d’Ankara.

Par ailleurs, LaRouche a tenu plusieurs conférences de presse et accordé des interviews, qui ont reçu un large écho dans les médias durant son séjour et après. Au cours de ses entretiens privés, LaRouche a rencontré, entre autres, l’ancien Premier ministre, Ecmettin Erbakan (1996-97), l’ancien président Suleyman Demirel (1993-2000), des parlementaires du parti au gouvernement et des dirigeants du Parti des travailleurs.

Une visite historique

Dès sa descente d’avion, LaRouche fut accueilli par des journalistes pour une brève conférence de presse. A cette occasion, comme plus tard, dans une interview avec CNN-Turquie, le candidat présidentiel a souligné que la politique actuelle du gouvernement américain avait été élaborée par Dick Cheney au début des années 90 et que les événements du 11 septembre 2001 avaient fourni le prétexte pour sa mise en oeuvre. Mentionnant entre autres le ministre de la Défense Rumsfeld, le numéro 2 du Pentagone Wolfowitz, ainsi que Richard Perle et Lewis Libby, LaRouche a noté qu’il s’agit là d’un petit groupe de fascistes qui prône une politique impériale, basée sur le menace d’un recours à l’arme nucléaire. La tâche de LaRouche consiste à préparer la destitution de Cheney, le dirigeant de la « junte », et à écarter ses acolytes du pouvoir. Certes, il existe une opposition internationale à la guerre d’Irak et à la politique impériale, mais « il est nécessaire que nous, à l’intérieur des Etats-Unis, tirions les ficelles » pour renverser cette politique. Nous voyons déjà le début de ce processus avec les déclarations de personnalités comme Brent Scowcroft, John Dean, Lawrence Eagleburger et certains membres du Congrès.

Dans une discussion avec la presse au siège du Parti des travailleurs, LaRouche a expliqué la nature du système politique américain, notamment les prérogatives du Congrès face à une présidence éventuellement tentée par l’abus de pouvoir. Or, si l’on a menti au Congrès pour obtenir l’autorisation de faire la guerre, c’est un crime de la plus haute gravité, passible de destitution. Une fois cette junte chassée de Washington, dit-il, le Président, en dépit de sa faiblesse intellectuelle, peut être orienté dans une autre direction. Cela veut dire, pour le Moyen-Orient, effacer les conséquences de la guerre d’Irak en promouvant la mise en œuvre de la feuille de route, « même si cela signifie la mise à l’écart du gouvernement Sharon, ce que les Etats-Unis peuvent faire, si nécessaire ».

A une question de la Chaîne 7 concernant les perspectives de rétablissement du partenariat stratégique entre la Turquie et les Etats-Unis, LaRouche répondit que s’il était Président, cela ne poserait aucun problème. L’essentiel, c’est de « rassembler une communauté de nations autour de principes communs, et non sur la base d’une puissance impériale ». Géographiquement, la Turquie est une « nation clé », c’est un pont entre les Balkans et l’Europe d’une part, et la Chine et l’Inde de l’autre. « Des voies ferrées devraient relier la Turquie à l’Iran et, de là, vers la Malaisie via la "route sud’’ du Pont terrestre eurasiatique. » En outre, la Turquie est essentielle pour résoudre le problème de l’eau qui frappe l’ensemble de la région et dont la solution est un préalable pour la paix au Moyen-Orient.

Histoire et avenir

Le 16 juin, à la Chambre de commerce d’Ankara, LaRouche centra son discours sur le développement eurasiatique, insistant sur les aspects positifs de l’expansion des exportations ouest-européennes vers les marchés asiatiques en plein essor, qui sont les plus importants au monde. De gros progrès ont été réalisés sur plusieurs grands projets en Chine, sur les liaisons ferroviaires dans la péninsule coréenne ainsi que dans la coopération entre la Chine et l’Inde (qu’il a récemment visitée). Pour ce qui est de l’Asie centrale et du nord, il est de la plus haute importance d’y exploiter enfin les ressources minérales et d’organiser la gestion de l’eau et des projets de transport sur 25 à 50 ans.

En gros, c’est un changement fondamental des relations économiques internationales qui est requis. Les nations ne doivent plus se borner à échanger des produits finis ou des matières premières, mais viser un niveau de parité qui leur permette d’échanger des technologies, améliorant en même temps la productivité du travail grâce au progrès technologique.

Dans cette perspective, le rôle de la Turquie était, bien entendu, au centre des débats. Du point de vue historique, la Turquie s’est forgée une identité nationale à travers la conjugaison de son héritage ottoman, caractérisé par la coexistence de différentes nationalités, religions et groupes ethniques, et du rôle de Moustapha Kemal Pasha (Ataturk), fondateur de la Turquie moderne au sortir de la Première Guerre mondiale. Historiquement, la Turquie a connu l’influence de diverses cultures, hittite, perse, seljuk, arabe, etc. Lorsque l’Empire ottoman s’effondra et que l’Empire britannique voulut le démanteler, Ataturk lança la lutte pour l’indépendance, battant les forces françaises et britanniques qui voulaient imposer les accords de Sykes-Picot, et créa une nation moderne indépendante. LaRouche exprima son admiration pour les qualités de dirigeant politique, de chef militaire et de diplomate dont fit preuve Ataturk en cette période de crise sans précédent dans tous les pays alentour - y compris la Russie tsariste, entraînée dans la révolution soviétique.

Un impact profond

La visite de LaRouche a eu un impact immédiat et profond. Le 14 juin, il était l’invité de l’émission « Ceviz Kabagu » sur la chaîne A-TV. Cette émission, diffusée internationalement par satellite, a de nombreux téléspectateurs en Europe et aux Etats-Unis. Au cours de la discussion en direct qui dura trois heures, LaRouche a eu la possibilité de s’expliquer sur sa campagne contre Cheney, le rôle de Leo Strauss chez les néoconservateurs américains, ainsi que la déstabilisation de l’Iran, encouragée par le renseignement américain, la situation instable en Afghanistan et le danger d’une entité kurde en Irak.

Par téléphone, les téléspectateurs ont pu lui poser des questions sur différents thèmes, comme le rôle de ben Laden, les rapports entre certains cercles américains et Saddam Hussein, l’Iran-Contra, l’alliance franco-allemande contre la guerre unilatérale américaine ou encore le rôle du Council on Foreign Relations, qui s’est récemment réuni secrètement en Turquie.

La présence de LaRouche à cette émission a suscité parmi la communauté turque en Europe et aux Etats-Unis un immense enthousiasme, comme en témoigne l’avalanche d’appels téléphoniques et d’e-mails reçus à son QG de campagne. En même temps, la presse turque commençait à rendre compte, au niveau national et international, de ce voyage. C’est ainsi que le 16 juin, à la Chambre de commerce d’Ankara, LaRouche avait d’abord fait quelques commentaires sur la réponse internationale à sa visite, assurant les participants que tout ce qu’il avait dit depuis son arrivée en Turquie était attentivement suivi par le gouvernement américain et que « certains à Washington sont furieux, d’autres sont ravis « . A la fin de son discours, quelqu’un lui demanda ce qu’il pensait du fait que Wolfowitz ait demandé à la Turquie de s’excuser pour ne s’être pas jointe à la guerre d’Irak. LaRouche répondit : « Je ne pense pas que la Turquie doive dire quoi que ce soit [en guise d’excuse]. (...) Ce qu’a fait Wolfowitz est honteux, c’est un souci pour les Etats-Unis. » Cette réponse fut accueillie par un tonnerre d’applaudissements.

Perspectives présidentielles

Une des raisons de l’extraordinaire intérêt des médias turcs est certainement la campagne électorale de LaRouche et son assise populaire. Au cours des différentes réunions publiques et privées, de nombreuses questions ont été posées sur ses chances de l’emporter, sur le fait que son âge soit ou non un handicap, sur le manque de soutien du « lobby sioniste », etc. Il expliqua que, malgré son âge, il jouissait d’une « solide santé » et que « malgré mes limites, il n’y a aucune alternative crédible ». Concernant le lobby sioniste, LaRouche l’écarta comme étant « un mythe », le décrivant « non comme un pouvoir qui contrôle les Etats-Unis, mais comme un instrument de pression aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne ».

De toutes façons, l’essentiel n’est pas ce qu’il espère faire à partir de 2005, mais ce qu’il fait déjà aujourd’hui en vue de modifier la politique mondiale, comme il l’a confié à Istanbul TV. C’est cet aspect du personnage qui a le plus impressionné ses interlocuteurs, leur redonnant l’optimisme. Comme il l’a noté à la conférence d’Istanbul, la plupart des gouvernements sont terrifiés par la puissance nucléaire américaine , que personne n’ose défier. Les gouvernements cherchent donc à prendre des décisions souveraines « qui soient permises ». Il n’y a donc pas de souveraineté, mais seulement une tendance impériale. Dans ce contexte, LaRouche veut créer de nouveaux rapports entre Etats, où ils puissent se rencontrer et s’accorder sur une coopération économique concrète. Ma responsabilité, dit-il, est de faire en sorte que les Etats-Unis, puissance politique dirigeante, disent au reste du monde de ne plus se comporter comme des esclaves. S’ils se joignent à moi, en tant que républiques souveraines autour du principe du bien commun, alors nous réussirons.

Le chaudron régional

Le sort de la Turquie dépend en effet, en grande partie, de la direction politique prise par les Etats-Unis, comme l’ont confirmé ses interlocuteurs. Le contexte régional est explosif. La situation en Irak restera tendue et risque de devenir un « Vietnam dans le désert ». Si j’étais président, dit LaRouche, je retournerais aux Nations unies. Comme les Etats-Unis sont la puissance occupante, ils ont la responsabilité, vis-à-vis de la population irakienne, de créer les conditions où elle puisse choisir son propre gouvernement et cela doit se faire par l’intermédiaire de l’ONU, non par des Etats-Unis. Une autre recommandation du candidat présidentiel est de « bouter hors d’Irak » Paul Bremer, le proconsul américain actuellement en poste dans ce pays. Pour ce qui est du Proche-Orient, LaRouche a insisté sur l’importance de la mise en œuvre de la feuille de route pour neutraliser Ariel Sharon.

Alors que la situation en Irak se détériore, ceux qui ont provoqué cette guerre exercent des pressions sur la Turquie pour qu’elle soutienne une attaque contre l’Iran. Comme moyen de chantage, les faucons pourraient tenter d’exploiter le problème azéri. A la faveur d’une provocation, un conflit pourrait être déclenché dans la partie azérie de l’Iran, poussant Ankara à intervenir pour protéger ses « frères turcs ». Certains, à Washington, font même miroiter à la Turquie l’octroi d’une part de territoire azéri en cas de désintégration de l’Iran.

Cependant, de l’avis de LaRouche, aucun pays de la région n’est vraiment prêt à défier la politique américaine, sauf peut-être la Russie, dans un cas extrême. Là aussi, la solution ultime consiste à changer l’équation politique à Washington.

Muriel Mirak-Weissbach

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