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Essoufflement sur les marchés de « carry trade »

La rédaction
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Le « krach islandais » survenu fin février signalait la première étape de l’effondrement des opérations en « carry trade », transactions dans lesquelles un acteur (banque ou hedge fund) emprunte des fonds dans une devise à faible taux de loyer, comme le yen et l’euro, puis les investit dans des avoirs à fort rendement et à haut risque, comme les obligations de « marchés émergents », des junk bonds d’entreprises ou des titres hypothécaires.

Début mars, au Japon, le taux des obligations gouvernementales à court terme a atteint le niveau le plus élevé depuis cinq ans, notamment après que la Banque du Japon ait annoncé que l’inflation des prix de base à la consommation avait crevé le plafond des huit dernières années. En Europe, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a annoncé le 2 mars que le taux d’intérêt passerait de 2 à 2,5 % , tout en laissant entendre que les pressions inflationnistes se traduiraient sans doute par de nouvelles hausses. Par conséquent, les taux de rémunération des obligations émises par les gouvernements européens se sont envolés. En Allemagne, par exemple, celui sur les obligations à deux ans du gouvernement est passé de 2,88 % à 3,10 % en deux semaines.

La hausse des taux au Japon et dans l’UE risque désormais de tarir la source des liquidités disponibles pour le « carry trade », comme le reconnaît la presse financière. C’est ainsi que le Wall Street Journal du 1er mars avertissait dans un article de première page que le changement de la politique monétaire japonaise risquait d’« agiter » les marchés financiers globaux ; l’abandon de la politique d’argent bon marché, qui a constitué une « caractéristique majeure de l’économie pendant près d’une décennie », pourrait provoquer le retrait de milliards de yens hors du système bancaire japonais. Les hedge funds, notait le quotidien de Wall Street, ont emprunté des yens à faibles taux d’intérêt pour acheter des avoirs à plus fort rendement dans le monde (c’est ce qu’on appelle le « carry trade » en yens). Toute hausse de ce taux entraînerait une augmentation des taux sur tous les titres aux Etats-Unis, ainsi qu’un recul des marchés boursiers, la hausse du yen et une chute des prix des obligations.

Déjà le 22 février, William Pesek, du Bloomberg News, commentait dans un article paru dans l’International Herald Tribune : « Au cours de la dernière décennie, le carry trade en yens est devenu une constante. Une forme populaire de stratégie exploite le fossé entre les rémunérations américaines et japonaises. Tous ceux qui empruntaient pour presque rien en yens et plaçaient les fonds dans des bons du Trésor américains en profitaient à deux égards : une différence de rémunération, de trois points ou plus, et une hausse du dollar contre le yen. Cette dernière tendance fait augmenter les profits au moment où les fonds sont reconvertis en yens. »

Or la hausse des taux japonais se traduira par une montée du yen par rapport aux autres monnaies. « Les spéculateurs pourraient soudainement abandonner les positions qui deviennent plus chères, liquidant les bons du Trésor, l’or, l’immobilier à Shanghai, les actions chez Google, ou tout autre pari qu’ils ont contracté avec les yens empruntés. (...) Si tout ceci semble encore loin, que l’on repense à fin 1998, qui offre un exemple des dégâts que peut provoquer une panique parmi les carry-traders ». Pesek se réfère ici à la cessation de paiements russe et à l’implosion du Long Term Capital Management qui, dit-il, « ont choqué les marchés globaux ».

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