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Etats-Unis : la Chambre se penche sur les cas de corruption en Irak

La rédaction
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Lors de l’audition de la commission de Réforme du gouvernement, son président Henry Waxman a interrogé sous serment l’ancien directeur de l’Autorité provisoire de la Coalition, Paul Bremer, au sujet de la gestion scandaleuse des fonds irakiens. Le député Dennis Kucinich a déclaré que ces auditions devraient se dérouler devant l’ensemble de la Chambre, en raison de la possibilité que de « graves crimes et délits » (passibles de destitution, selon la Constitution) aient été commis par le gouvernement.

Le principal scandale concerne la disparition de 8,8 milliards de dollars en 2003 et début 2004, lorsque Bremer dirigeait l’APC ; destinés aux ministères irakiens, on n’en a gardé aucune trace. En outre, en 2003, étaient stockés à la Réserve fédérale de New York 20 milliards de dollars de fonds irakiens, dont 12 milliards en liquide, provenant essentiellement du programme « Pétrole contre nourriture » et de son successeur, le Fonds de développement pour l’Irak. Il s’agit donc de fonds appartenant au peuple irakien. Les députés ont ainsi pu voir des images de 107 millions de billets de 100 dollars, qui ont été ensuite répartis en « paquets » de 400 000 dollars, emballés dans du film plastique, mis en caisses et embarqués sur des avions à destination de l’Irak. Le tout pesait 363 tonnes, soit le plus grand transfert de fonds de l’histoire de la Réserve fédérale. Arrivés sur place, les paquets ont été embarqués sur des pick-up et les billets littéralement distribués aux fournisseurs. Selon les documents de la Réserve fédérale, plus de la moitié des fonds irakiens ont été transférés dans les six semaines précédant le 28 juin 2004, date à laquelle l’APC a remis au gouvernement intérimaire irakien le contrôle de cet argent, dont 4 milliards dans la dernière semaine uniquement. Comme l’a fait remarquer Waxman, « quelle personne sensée pourrait envoyer 363 tonnes de cash au beau milieu d’une zone de guerre ? ».

Quelqu’un qui aurait pu attester des malversations de Bremer n’était pas disponible : Tim Carney, un diplomate de longue date affecté à l’APC en 2003, qui en dénonça très vite les abus avant de démissionner deux mois plus tard en signe de protestation. Il n’a pu témoigner car il venait d’être envoyé pour une mission de six mois - en Irak ! - où il est désormais chargé de la reconstruction du pays. De toute évidence, le gouvernement Bush-Cheney a tout tenté pour éviter sa comparution, donnant toujours à Waxman de nouvelles excuses pour justifier son absence. Le député a riposté en installant une « chaise vide » symbolique à la table des témoins.

Le deuxième jour d’auditions était consacré aux contrats accordés à des sociétés privées, qui ont fini par coûter, d’après certaines estimations, dix fois plus que ce qu’on aurait dépensé si on avait confié ce travail aux militaires. Aucun des témoins ne connaissait le nombre de fournisseurs et de sous-traitants en Irak, ni le coût induit pour les contribuables américains. Les députés ont d’abord entendu les familles de quatre employés de Blackwater, qui avaient été capturés puis décapités près de Falloujah. D’après leur contrat de travail, ces anciens membres des Forces spéciales devaient recevoir de quoi garantir leur sécurité, mais ils n’ont jamais rien reçu. Un deuxième groupe de témoins était composé d’un superviseur de l’Armée chargé des contrats et de représentants des grands fournisseurs de services, dont Kellogg, Brown & Root, Blackwater, ESS, etc.

On a pu constaté que les contrats étaient plutôt flous et douteux. Alors qu’un employé de Blackwater gagne entre 600 et 1500 dollars par jour, un sergent de l’Armée effectuant le même travail ne touche que 156 dollars environ. Aucun des témoins ne pouvait évaluer le nombre total de fournisseurs et de sous-traitants en Irak, le nombre de personnes travaillant pour le département de la Défense, ni les coûts. Des membres de la Commission ont donné au superviseur militaire une semaine pour produire les chiffres en question. Le seul contrat exhibé par Blackwater montre que l’entreprise en a tiré un bénéfice de 23 %.

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