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Etats-Unis : un réseau électrique digne du tiers-monde

La rédaction
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La panne d’électricité du 14 août dernier, qui a frappé 50 millions de personnes dans le nord-est des Etats-Unis et le Canada, n’était due ni à un attentat terroriste, ni à une cause naturelle, ni même à une erreur humaine imputable à quelques techniciens. Le problème technique à l’origine de cette gigantesque panne aurait dû être facilement isolé et endigué. Or, si une déstabilisation locale a pu provoquer une cascade de défaillances, c’est à cause de deux décennies de sous-investissements dans le réseau électrique. La véritable cause en est la dérégulation du secteur de l’électricité et de l’infrastructure en général, dans le cadre de ce que l’on pourrait appeler la « mentalité Enron ».

Le système américain de production et de distribution de l’électricité, autrefois envié dans le monde entier, s’est transformé en jeu de hasard, faisant la fortune de certains conglomérats depuis le démantèlement du système de réglementation mis en place dans les années 1930 par Franklin Roosevelt. En effet, on a découplé la production du courant électrique de sa distribution, les entreprises construisant des centrales là où cela leur convenait, sans tenir compte des contraintes de transmission. Le manque d’investissements dans les lignes à haute tension et la congestion due aux « transferts économiques », par lesquels les sociétés font venir, parfois de fort loin, de grosses quantités de courant pour des raisons de rentabilité financière à court terme, ont fragilisé l’ensemble du réseau. Cela fait des années que le NERC (North American Electricity Reliability Council) met en garde contre ces pratiques. Aujourd’hui, l’Institut de recherches sur l’électricité (EPRI) de Palo Alto (Californie) estime qu’il faudra investir entre 50 et 100 milliards de dollars au cours des prochaines années pour améliorer le système de transmission.

Rappelons qu’en 1965, la panne d’une ligne à haute tension au Canada provoqua une coupure de courant sur toute la côte Est, frappant 30 millions de personnes. Suite à cela, le NERC fut créé en 1968, les électriciens s’engageant à garantir la fiabilité du réseau, notamment en assurant une marge suffisante de courant excédentaire et une capacité de transmission suffisante. Mais ce système fut torpillé par la dérégulation, qui obligea les électriciens à réduire les coûts pour devenir plus « compétitifs ». C’est alors qu’en 1996, la plus importante panne jamais subie à ce jour plongea dans l’obscurité des millions de familles de la côte Ouest. La fragilité du système était devenue évidente. Des membres du gouvernement Clinton se sont dits « horrifiés » par l’état précaire de l’approvisionnement électrique. Cependant, pour toute « solution », ils n’ont fait qu’accélérer la dérégulation.

Cette fois-ci, le président Bush a annoncé l’ouverture d’une enquête pour déterminer « pourquoi la réaction en chaîne a été aussi importante ». Qualifiant la panne d’« énorme problème national », il a dit que le gouvernement offrirait toute l’aide nécessaire, tout en notant que ce serait une bonne idée de « moderniser » le réseau électrique. Toutefois, aucune mesure concrète n’a été prise, les adeptes de la dérégulation à la Commission fédérale de régulation de l’énergie (FERC) ayant assuré au Congrès que « le marché » saurait résoudre le problème.

Lors d’une conférence de presse, le15 août, le directeur du NERC, Michael Gent, a déclaré que le problème avait commencé dans la boucle de transmission autour du lac Erie et du lac Ontario, qui relie le nord-ouest de l’Etat de New York à l’Ohio, à Détroit et au Canada avant de repartir en direction de l’est pour couvrir New York. La région des Grands Lacs présente un problème bien connu depuis des années, selon Gent. On n’a jamais construit les lignes nécessaires passant sous le lac Erie, destinées à décongestionner le réseau. Comme l’a constaté le responsable du NERC : « Lorsque l’industrie a dérégulé, on a séparé les propriétaires de la transmission de ceux de la production. Maintenant, la transmission ne suit plus la production. »

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