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Euro : Il y a une limite à la tyrannie !

La rédaction
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La crise de l’euro vu de l’Allemagne
Par Helga Zepp-LaRouche

par Helga Zepp-LaRouche
Présidente du Büso, notre parti frère en Allemagne

La grève de masse qui s’étend aux Etats-Unis contre la politique d’un gouvernement Obama au service de Londres et de Wall Street, qu’a-t-elle de commun avec la colère des contribuables allemands contre le diktat de l’UE et le plan de sauvetage prévu de 750 milliards d’euros, et avec l’âpre débat qui se répand en Europe sur l’échec de l’euro ? Le dénominateur commun est une prise de conscience grandissante, la population reconnaissant que la coupe est pleine, que les politiques obéissent aux ordres d’intérêts financiers qui ont dépassé toutes les bornes et que les citoyens peuvent et doivent défendre leurs propres intérêts.

Cette grève de masse qui a éclaté l’été dernier, face à la réforme de la santé imposée par Obama et au renflouement de Wall Street, est entrée dans une nouvelle phase. (...) Aux élections de novembre prochain, les membres sortants du Congrès ont peu de chance de se faire réélire, quel que soit leur parti. L’administration Obama a perdu la confiance des citoyens et le déversement du pétrole dans le golfe du Mexique, jour après jour, fait monter d’autant la colère.

En Europe, comme prévu, la crise frappe désormais l’Espagne et, en raison de l’inceste bancaire avec la Grande-Bretagne, nous assistons à un processus similaire contre les mesures d’austérité, considérées à juste titre par la population comme profondément injustes car touchant avant tout les moins fortunés, tandis que les Ackermann [directeur de la Deutsche Bank] engrangent 25% de bénéfices, et même davantage. En Grèce, Espagne, Italie, Irlande et au Portugal, les syndicats appellent à des actions de grève et les syndicats grecs ont raison de dire que ces mesures d’austérité représentent les plus graves atteintes aux droits de l’homme depuis la dictature des colonels.

Qu’en est-il des partis représentés au Bundestag ? Bien que le Financial Times, dès le 29 avril, le Bild-Zeitung le 30, puis toute une flopée de médias début mai aient fait savoir que l’un des plus gros bénéficiaires du méga-plan de sauvetage serait le milliardaire grec Spiro Latsis, dont la banque EFG détient environ 60 milliards d’euros d’obligations grecques, à la fois d’Etat et privées, le Bundestag et le Bundesrat [deuxième chambre] ont allègrement accepté de charger le fardeau de 150 milliards d’euros sur le dos des contribuables allemands. Pourtant, peu avant la fin de l’année dernière, l’EFG-Eurobank avait transféré son siège de Genève à Luxembourg, allégeant du coup la Suisse de 60 milliards d’euros de dettes bancaires grecques et facilitant l’accès de l’Eurobank aux fonds de renflouement de l’UE, le Luxembourg, paradis fiscal de Juncker, faisant partie de l’Union européenne.

Rappelons les ennuis que le président de la Commission, José Manuel Barroso, a eus en 2005 en raison d’un éventuel conflit d’intérêt pour avoir passé à plusieurs reprises ses vacances sur le yacht de Spiro Latsis. Ce même Barroso a exercé de fortes pressions sur la chancelière lors du dernier sommet de l’UE, pour qu’elle abandonne sa résistance au renflouement. Autre invité présent sur le yacht, le prince Charles d’Angleterre, dont le père, le prince Philip, est cousin du roi Constantin de Grèce, qui vit à Londres depuis la proclamation de la république et qui est le parrain du prince William.

En échange de quelques menus services, Constantin a bénéficié du soutien financier de Latsis, sans doute pas un gros fardeau pour un homme qui, d’après le magazine Forbes, peut se vanter de plus de onze milliards de dollars de fortune personnelle et figure en soixantième position de la liste des hommes les plus riches au monde. Latsis a ses entrées dans le cercle intime d’aristocrates, d’oligarques financiers et de profiteurs ayant ruiné des milliards de gens.

Le Traité de Lisbonne déjà violé

Le scandale vient de ce que tous ces faits avaient été exposés par les médias avant le vote sur la « Loi de l’union monétaire et de la stabilité financière », c’est-à-dire le mécanisme de transfert des responsabilités. Les députés pouvaient donc savoir qu’en fin de compte, ils finançaient avec l’argent public le système bancaire contrôlé depuis Londres.

A peine six mois après son entrée en vigueur, le Traité de Lisbonne ne vaut même plus le papier sur lequel il a été – avec bien du retard – imprimé. La transformation de l’UE en union du transfert de richesses et de l’inflation a tout simplement été adoptée à la va-vite. Et déjà, l’économiste de Citigroup, Willem Buiter, estime que ces 750 milliards sont trop peu, qu’il en faudrait plutôt 2000 milliards. Bienvenue, donc, dans la république de Weimar de 1923 !

Côté français, au contraire, on frôle le délire en se cramponnant à une zone euro en voie d’implosion rapide. Le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, s’est même réjoui dans une interview au Financial Times qu’avec l’adoption du plan de sauvetage, les dirigeants européens aient violé la clause de « non renflouement » du Traité de Lisbonne. Ce plan constitue, selon lui, une « transposition » à la zone euro du principe de l’article 5 de l’OTAN sur la défense collective. Quand un membre est attaqué, les autres sont obligés de le défendre.« De facto, dit Lellouche, nous avons modifié le traité de Lisbonne. »

Les juges de la Cour constitutionnelle allemande ne manqueront pas d’apprécier son évaluation. C’est quand même incroyable ! Comme l’écrivait Die Presse de Vienne, un coup d’Etat s’est produit et le Bundestag s’est contenté de le faire passer. Si le Parti de gauche l’a rejeté, ce n’est pas pour des raisons fondamentales, mais uniquement parce que le plan impose trop de sacrifices à la population grecque.

Lorsque le gouvernement allemand a pris une mesure d’auto-défense minimale, en interdisant les ventes à découvert d’obligations d’Etat et de CDS (swaps de défaillance contre crédit), la City of London s’est indignée, y voyant un danger pour sa seule « industrie », les hedge funds. Quant au président Obama, il a expédié en Europe son ministre des Finances Tim Geithner (qui a par ailleurs des démêlées avec la justice américaine), dans le seul but de convaincre le gouvernement allemand de ne pas mettre l’interdiction des ventes à découvert à nu et d’autres mesures de régulation à l’ordre du jour du prochain sommet du G20.

Le retour au mark se prépare

Entre-temps, un vif débat a éclaté dans les médias allemands sur le retour au mark allemand, qui ne poserait pas autant de problèmes que ça. Ainsi, le plus important hebdomadaire d’affaires, le Wirtschaftswoche, écrivait dans son dernier numéro : « Ce qui semblait, il y a quelques semaines encore, une fantaisie téméraire, passe, du moins à long terme, dans le domaine du possible. Plus l’UEM se mute en union des dettes, des transferts de richesse et d’inflation, plus les Allemands remplissent les caisses de ce club, plus la pression interne sur le gouvernement de Berlin devrait augmenter dans le sens d’une sortie de l’euro-club. Ceci provoquerait de gros bouleversements politiques dans l’UE, mais du point de vue technique, une sortie est tout à fait faisable. »

Le Wirschaftswoche lâche alors le secret de polichinelle : en attendant l’impression des nouvelles coupures de marks, on pourrait simplement utiliser les billets d’euros imprimés en Allemagne, qui comportent un X devant le numéro de série. Autrement dit, ce que le Mouvement des droits civiques Solidarité propose depuis longtemps !

La grève de masse aux Etats-Unis, dans plusieurs pays européens et ailleurs dans le monde incarne la principale dynamique de la situation stratégique actuelle. Il ne s’agit pas d’un mot d’ordre lancé dans la nature, mais du processus décrit par Rosa Luxembourg, qui se développe lorsque la population perd confiance en ses représentants, élus ou désignés.

Tous ne comprennent sans doute pas tous les aspects de la crise systémique à laquelle nous sommes confrontés, mais il se passe quelque chose de plus décisif encore, ce que le poète Percy Bysshe Shelley évoquait dans le dernier paragraphe de sa Défense de la poésie : en période de profond bouleversement, les gens développent la capacité de « communiquer et de recevoir les idées intenses et passionnées sur l’homme et la nature ».

Même ceux qui, en temps « normal », se laissent berner par les hommes politiques et les médias, se rendent soudainement compte qu’un seul critère vaut, à savoir si l’ordre existant leur permet de vivre une vie accomplie, dans la dignité humaine. Le sentiment formulé par Friedrich Schiller dans le « serment de Rütli » de Guillaume Tell, se répand alors :

« Non, il y a une limite à la tyrannie. Lorsque l’opprimé ne peut plus trouver justice nulle part, lorsque le fardeau devient insupportable, il élève, le cœur confiant, ses mains vers le ciel et il en fait descendre ses droits éternels qui sont suspendus là-haut, inaliénables et indestructibles comme les étoiles elles-mêmes. »



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