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Euro-obligations : Dernière ruse de la City de Londres pour piller l’Europe

La rédaction
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Par Christine Bierre

A la veille du récent sommet de l’Union européenne à Bruxelles, on a vu monter sur scène les acteurs les plus divers à l’échelle européenne pour exiger frénétiquement que la Banque centrale européenne émette des euro-obligations pour « sauver la zone euro » et pour accuser l’Allemagne de tout, y compris de retour au nazisme pour se dresser contre cette nouvelle phase d’intégration européenne.

Rien d’étonnant de trouver parmi eux les représentants des pays plus faibles de l’Union européenne, tels le Portugal, la Grèce, la Belgique, l’Espagne ou l’Italie, ceux qui, en raison de leur endettement massif et des craintes concernant leur solvabilité, doivent emprunter aujourd’hui à des taux bien plus élevés que les pays plus forts. A titre d’exemple, l’Irlande emprunte aujourd’hui sur 10 ans à 8%, alors que l’Allemagne ne paie que 3%. Ces pays, nous dit-on, seraient donc les premiers bénéficiaires des euro-obligations européennes dont le taux d’intérêt serait unique et bien plus bas que celui qu’ils paient à l’heure actuelle.

Cependant, là où il y a fraude monumentale, c’est lorsque Jean-Claude Juncker, chef de l’Eurogroupe et principal défenseur de cette mesure, prétend, la larme à l’œil, qu’il s’agit d’une mesure de solidarité envers les pays les plus faibles. Car, outre leurs propres banques, ce sont surtout les grandes banques britanniques, allemandes et françaises, très exposées dans ces pays, et non les populations, qui seront les premiers bénéficiaires de ces émissions. Ces mesures visent à permettre à la Grèce et à l’Irlande, et aux autres pays qui devront être bientôt « aidés » par l’Union européenne, de continuer à emprunter à des taux plus bas sur les marchés, afin de rembourser leurs dettes aux banques, dans un contexte où les cures d’austérité qu’on leur inflige feront plonger leurs économies, renchérissant encore leurs émissions obligataires.

Les faux nez de la City

En réalité, derrière les cris d’orfraie proférés à travers toute l’Europe par les représentants des pays « faibles », se profile la finance de la City de Londres, qui mène dans le court terme une énième tentative pour assurer sa survie, en obligeant la BCE à faire tourner la planche à billets pour renflouer le système bancaire en faillite, comme ont récemment décidé de le faire la Réserve fédérale, la Banque d’Angleterre et celle du Japon. A plus long terme, les stratèges de la City veulent profiter de la crise pour enterrer ce qui reste de l’ordre de Bretton Woods de 1945, fait de nations souveraines, pour rétablir pleinement l’ordre monétaire de l’Empire britannique du XIXe siècle constitué par différentes zones monétaires, ayant comme centre la City.

Outre les représentants officiels d’une Europe à la traîne de la place financière la plus puissante du monde et de ses filiales à Wall Street, tels Jean-Claude Juncker, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI, ou encore l’OCDE, qui a apporté son appui à cette mesure via son économiste en chef, Pierre Carlo Padoan, on trouve aussi tous ceux qui ont été à l’origine de cette construction monétaire supranationale européenne.

En France, c’est, sans surprise, Jacques Attali, éminence grise de François Mitterrand au moment où, avec Margaret Thatcher, ils ont obligé l’Allemagne à abandonner le deutsche mark pour adopter l’euro, qui s’excite et plaide dans Le Monde et dans l’Express « pour un nouvel approfondissement de la construction européenne », c’est-à-dire l’intégration budgétaire, et en faveur de « la création de véritables bons du Trésor européens ».

Jacques Delors, autre cheville ouvrière de l’Union économique et monétaire européenne, adoptée lorsqu’il était président de la Commission en 1989, et l’homme qui a fait abroger la loi Glass-Steagall en France dès 1983, a appelé lui aussi, dans un entretien au Monde du 7 décembre, l’UE à aller plus loin dans l’intégration supranationale : « On pourrait imaginer la création d’obligations publiques européennes, au sein des Seize, non pour combler les déficits mais pour financer des dépenses d’avenir. »

En Allemagne, ce sont pratiquement tous les anciens ministres des Finances ayant directement participé à la création de l’Union économique et monétaire, depuis Théo Waigel (1989-1999), Hans Eichel (1999-2005), jusqu’à Peter Steinbruck (2005-2009), qui se sont levés comme un seul homme pour réclamer plus d’intégration et le lancement des euro-obligations.

Mais là où l’on repère, dans toute cette frénésie, la patte de l’Empire britannique, c’est lorsque volent à l’encontre de l’Allemagne, dont l’opposition aux projets de la City n’a été, somme toute, que minime pour le moment, les accusations de nazisme, comme à l’époque où Thatcher, brandissant contre elle l’accusation de « IVe Reich », avait imposé à Helmut Kohl l’adoption de l’euro. Et c’est l’ancien Premier ministre Helmut Schmidt qui s’est chargé de ce chantage, en déclarant au cours d’une interview que deux guerres mondiales menées par l’Allemagne valaient bien un surplus d’intégration ! Autrement dit, ne pas aller plus loin dans l’intégration serait l’équivalent d’un retour au nazisme !

Même son de cloche pour Attali qui, dans son dernier billet de l’Express, déclare : « Pour la quatrième fois depuis 1870, la politique intérieure de l’Allemagne se trouve au cœur d’une grave crise menaçant la stabilité de l’Europe ». « Cette fois, souligne-t-il, le risque est purement économique : si l’Allemagne continue à s’opposer à une intégration budgétaire des pays de la zone euro, l’UE ira au désastre. » Il faut, conclut-il, faire prendre conscience à l’Allemagne qu’il serait suicidaire pour elle de ne pas abonder dans ce sens car elle est totalement dépendante de l’UE. Il faut lui parler, dit-il, « sans tabou. En lui rappelant son passé. Parce qu’il est aussi le nôtre » !

La gauche de la gauche elle aussi à la traîne de la City

Plus étonnant, cependant, est de voir « la gauche de la gauche », ATTAC et le Parti communiste français, se faire les défenseurs de l’euro, de la BCE et des euro-obligations. Alors que la zone euro vole en éclats à cause des politiques de dérégulation financière et de l’hétérogénéité des politiques économiques des Etats membres, voilà que ces deux mouvements se cramponnent à l’Europe supranationale en rêvant debout, comme Alice aux pays des merveilles, de pouvoir transformer du tout au tout des institutions créées par la haute finance pour le pillage financier.

Le 16 décembre, les ATTAC Europe se fendaient d’une déclaration commune qui, bien que demandant des réformes importantes, telles que la séparation entre activités bancaires d’épargne et d’investissement et la remise en cause de la légitimité de la dette des Etats, due aux renflouements et autres politiques du même genre, ne remet pas en cause la supranationalité d’une BCE qu’elle veut « sous contrôle démocratique » et appelle à « émettre des euro-obligations communes ».

Idem pour le PCF, qui, après avoir historiquement été du côté de l’indépendance nationale, vient de prendre sa carte dans l’européisme. Pierre Laurent, le nouveau président du parti, qui préside aussi le Parti de la gauche européenne, vient de lancer une campagne en faveur d’émissions monétaires ex nihilo par la BCE pour le rachat « d’une part importante de dette des Etats » à très bas taux. De l’assouplissement quantitatif en somme, qu’il veut différent de celui de la Fed car, par miracle, « l’argent libéré ainsi irait, via [un fonds du développement social] au financement de l’emploi, la formation, la recherche, les services publics, la défense de l’environnement ».

Notons que toutes ces forces se placent, sans aucune ambiguïté, dans le contexte d’une politique d’une pluralité de zones monétaires dans le monde, inspirée de Keynes, qui avait le cheval de bataille de l’ancienne Commission trilatérale de David Rockefeller. A la plupart, cette politique a été vendue comme pouvant défendre l’Europe, par sa propre monnaie, contre l’hégémonie du dollar. Notre monnaie contre la leur ! Or le problème de fond, celui que nous combattons, est justement le monétarisme. La monnaie en tant que telle n’est rien, comme le dit souvent LaRouche. Deux choses peuvent lui donner de la valeur : la force militaire d’un Empire, dont on connaît les conséquences néfastes, ou la vitalité d’une économique physique et d’une population en pleine croissance grâce au progrès scientifique et technologique. Le combat, aujourd’hui, est de remplacer les monétarismes actuels par un système de crédit productif public, qui oriente les capitaux vers la recherche et les grands projets d’infrastructure créateurs d’emploi et de richesse réelle. Et là, c’est un combat à mort contre l’oligarchie de la City de Londres, de Wall Street et leurs appendices.


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