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Europe/Afrique : les dirigeants africains en révolte contre l’Europe

La rédaction
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12 décembre 2007 (Nouvelle Solidarité) - Ce sont des dirigeants africains remontés qui ont refusé, au sommet de l’Union européenne et de l’Afrique qui eut lieu à Lisbonne le 9 décembre dernier, de parapher les Accords de partenariat économique (APE) destinés aux pays de l’Afrique, Caraïbes, et Pacifique (ACP) sur lesquels l’UE planche depuis cinq ans.

Pas moins de 80 chefs d’état et de gouvernement et de hauts représentants des pays de l’Union européenne ont participé à ce sommet dont le but était de se doter d’une stratégie commune et d’un plan d’action UE-Afrique comprenant des partenariats pour la paix et la sécurité, la gouvernance démocratique et les droits de l’Homme, le commerce et l’intégration régionale, les objectifs du Millénaire pour le développement, l’énergie, les changements climatiques, les migrations, la mobilité et l’emploi, les sciences, la société de l’information et l’espace.

Bien que depuis longtemps ces pays aient bénéficié d’un régime douanier préférentiel pour exporter leurs produits vers l’Union européenne, l’Organisation mondiale du commerce - pour qui ce régime constitue une atteinte au sacro-saint principe de la concurrence non faussée - exige de les remplacer par les APE qui, en échange du libre accès de leurs produits au marché européen, exigent une ouverture progressive d’au moins 80 % de leurs marchés aux produits européens. Seuls 15 membres de l’ACP sur 78 (dont 13 Africains) ont conclu jusqu’ici de tels accords qui signeraient l’arrêt de mort de leurs économies.

C’est au tour de cette question qu’une opposition virulente a éclaté entre quelques poids lourds de l’Afrique - Abdoulaye Wade, le président sénégalais, Thabo Mbeki, le président sud-africain et Alpha Oumar Konaré, président de la commission de l’Union africaine - et l’Union européenne, opposition qui s’est aussi cristallisée autour de la présence au sommet de Robert Mugabe, le président du Zimbabwe. Clairement cette opposition, affichée sans ambiguïté doit beaucoup au rôle que la Chine joue en Afrique depuis quelques temps. Présente massivement à travers le continent pour assurer son approvisionnement en matières premières, la Chine est devenue l’un des premiers investisseurs dans le continent. Si les pratiques commerciales chinoises prêtent à caution - utilisation uniquement de main d’œuvre chinoise, non intégration dans le pays, etc. - la présence de la Chine donne à ces pays une marge de manœuvre par rapport aux anciennes puissances coloniales qui n’existait pas auparavant.

Robert Mugabe : « les Britanniques sont les maîtres de l’Allemagne »

Robert Mugabe, le président du Zimbabwe s’en est pris vivement à l’Allemagne après que celle-ci ait déclaré que les dirigeants européens étaient « unis » dans leurs critiques de Mugabe. Selon un article de The Times, Mugabe s’en est pris aux accusations frauduleuses du « gang des quatre » de Gordon Brown (Allemagne, Suède, Danemark et Norvège). Brown n’est pas présent, a-t-il dit, mais « ses mégaphones, qui ne parlent pas avec leur cœur mais disent ce que le 10 Downing Street veut entendre, le sont ». « Les Britanniques sont les véritables maîtres de l’Allemagne » -a-t-il dit. Tout aussi virulent, le ministre zimbabwéen de l’information Sikhanyiso Ndlovu a invité Merkel dans les pages du Zimbabwe Herald, à relire l’histoire de l’Allemagne et à chercher une inspiration plutôt du côté du grand chancelier Bismarck dont la politique avait été fortement inspirée par celle de Abraham Lincoln aux Etats-Unis.

Particulièrement virulent aussi, le président sénégalais, Abdoulaye Wade a déclaré que la plupart des dirigeants africains rejetaient ces propositions car elles ne sont pas « dans l’intérêt de l’Afrique ». Thabo Mbeki a noté également pour sa part que ces accords ‘ne contribuent pas au développement des pays de l’ACP, ni a lutter contre la misère ». Alpha Oumar Konare, le président de la Commission de l’union africaine a déclaré que l’UE devait abandonner « son approche coloniale » soulignant que les richesses de l’Afrique doivent être payées « à un juste prix ».

Les dirigeants africains qui se sont exprimés publiquement ont également rappelé aux Européens que, désormais, ils n’étaient plus les seuls à s’intéresser au continent. « L’Afrique ne saurait être ni une chasse gardée ni un nouveau territoire à conquérir », a souligné Konaré, en dressant la longue liste des sommets que le continent a tenus depuis un an avec la Chine, l’Amérique du Sud, l’Inde, le Japon, la Turquie ou l’Organisation des Etats américains. « L’Europe a perdu la bataille de la compétition en Afrique », a même estimé le président Wade, faisant valoir que les produits européens étaient trop chers et leur administration trop lourde.

Un soutien inattendu aux Africains est venu de l’ancien président Jacques Chirac, en visite au Sénégal pour promouvoir sa nouvelle fondation pour le développement durable et le dialogue de cultures. "Je crois que les APE proposés par Bruxelles (l’Union européenne) négligent une partie des réalités économiques africaines", a déclaré Jacques Chirac dans un entretien au quotidien pro-gouvernemental Le Soleil publié mardi.

"On ne peut pas laisser menacer les rares industries nationales et réduire les recettes fiscales des Etats. On ne peut pas assister à un déferlement des produits européens en Afrique sans réelle contrepartie, si ce n’est pour quelques filières réduites comme l’exportation de fleurs vers l’Europe", a estimé l’ancien président français. L’ex-président français a par ailleurs qualifié de "chose positive" la présence "de plus en plus importante" de la Chine en Afrique. "C’est bon pour l’Afrique, qui bénéficie d’investissements nouveaux. C’est bon pour la Chine. C’est bon pour l’Europe que la concurrence stimule", a dit Jacques Chirac, qui a dirigé la France pendant 12 ans, de 1995 à 2007.

Au cours d’une conférence organisée à Paris par l’Union internationale des journalistes africains et le mouvement pour une nouvelle Union Africaine, les participants, parmi lesquels Lanciné Camara et Jacques Cheminade, ont salué la résistance intellectuelle, politique et visionnaire d’Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l’Union africaine, et des présidents Thabo Mbeki et Abdoulaye Wade pour avoir refusé de céder à la pression de certains Européens à la conférence de Lisbonne.

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