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Europe : et si on enterrait notre fascination masochiste pour les Britanniques ?

La rédaction
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19 janvier 2011 (Nouvelle Solidarité) — Sur son blog Coulisses de Bruxelles, le 14 janvier, le correspondant de Libération Jean Quatremer, un partisan quasi-hystérique de l’Union européenne (UE), lance un pavé dans la mare : Au secours ! Les Britanniques — reconnaît-il enfin — ont mis le grappin sur la vaste usine à gaz qu’est devenu l’UE.

Alors que Jacques Cheminade, parfois accusé de souffrir d’anglophobie maladive, avait déjà pointé du doigt il y a plusieurs années la razzia des Britanniques sur Bruxelles et avertissait vertement que le retour de la France au commandement intégré de l’OTAN signifiait la fin de notre souveraineté nationale, Jean Quatremer, dont la réflexion est visiblement nourrie par quelques hauts fonctionnaires français en poste auprès de l’UE, est obligé de reconnaître qu’« un an après l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, c’est "jeu, set et match pour la Grande-Bretagne", pour reprendre l’expression de l’ancien premier ministre de sa gracieuse majesté, John Major. »

Cette conversion de Quatremer sur le chemin de Damas résulte d’abord des dernières décisions de la baronne Catherine Ashton qui vient de fixer l’organigramme du Service européen d’action extérieur (SEAE), le bras séculier de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC). Pour Quatremer, le SEAE a été « colonisé par les Britanniques » où les Français, mais aussi les Allemands, sont « réduits à la portion congrue... » Ainsi, il titre son article The European Foreign Office où il affiche : « la baronne Ashton a délocalisé le Foreign Office » !

Ensuite, l’auteur passe en revue toutes les manœuvres diaboliques que les Britanniques ont déployé pour « avoir la peau de l’embryon de défense européenne afin de ne pas faire d’ombre à l’OTAN, comme le veut Londres. Catherine Ashton, manifestement bien conseillée par son pays d’origine, a effectué un magnifique travail de sape du SEAE afin de lui limer les dents et les ongles et veiller à ce qu’il ne fasse pas d’ombre aux intérêts britanniques. »

Il cite en particulier la nomination, comme « conseiller spécial », du Britannique Robert Cooper, grand amateur d’un empire post-westphalien outrepassant le respect des souverainetés nationales dont nous avons déjà parlé ici.

Deuxièmement, alors que, formellement, quelques français figurent dans des positions influentes dans les cinq grandes directions régionales, « dans le détail, les Britanniques effectuent une véritable razzia. Ainsi, la Grande-Bretagne obtient pour l’un de ses diplomates Nicholas Wescott, la direction Afrique. Son adjoint, chargé de la corne de l’Afrique et de l’Afrique de l’est et du sud, est aussi Anglais tout comme son directeur chargé de la corne de l’Afrique : autrement dit, la zone traditionnelle d’influence de la Grande-Bretagne reste sous contrôle. Et le Maghreb échappe à la France qui obtient tout juste le poste de directeur chargé de l’Afrique centrale. Pour l’Asie, c’est un peu plus subtil : le directeur général est certes Roumain, mais son adjoint est britannique, tout comme le directeur chargé de l’Australie, du Japon, de la Corée et de la Nouvelle-Zélande ou celui chargé du Pakistan, de l’Afghanistan, du Bengladesh. (…) Au final, dans les postes de direction, le rapport de force entre les deux principales diplomaties européennes, la Britannique et la Française, le rapport de force est d’un à cinq très précisément… Pour les Allemands, c’est encore pire. »

Enfin, c’est au niveau militaire que les Britanniques, en étant dans l’Europe, réussissent à bloquer encore mieux toute la machine. Exemple, « le centre de renseignements de l’Union, le Sitcen, échappe, comme on pouvait le craindre, au Français Patrice Bergamini à qui les Britanniques n’ont jamais pardonné son engagement contre la guerre en Irak : sa direction échoit à un Finlandais, ce qui revient à le stériliser, les services diplomatiques français, britannique ou allemand n’ayant guère de lien de confiance avec la Finlande dont la diplomatie est tout entière tournée vers la Russie. Or, le SEAE ne pourra fonctionner efficacement que si les grandes puissances européennes acceptent de partager leurs renseignements… »

Quatremer continue son article en citant un diplomate qui soupire que « ces nominations montrent clairement qu’Ashton veut transformer la politique de défense européenne en gestion de catastrophe humanitaire. D’ailleurs, les Britanniques qui commandent l’opération Atalante, qui vise à lutter par des moyens militaires contre la piraterie dans la corne de l’Afrique, veulent qu’elle soit rattachée à l’OTAN… ».

Comme nous l’avons documenté sur ce site, faute d’avoir une vision et encore mieux une vraie politique économique et étrangère, la France finit toujours, en espérant quelques maigres avantages, par se comporter en junior partner de l’Empire qu’elle perçoit comme le plus fort du moment.

Quatremer soulève ce problème en se posant la question essentielle : « comment expliquer une telle razzia britannique et une telle Bérézina française ? Par la fascination de la diplomatie hexagonale, certains parlent de "fascination masochiste", pour la Grande-Bretagne. Nicolas Sarkozy, le chef de l’État français, confiait ainsi en 2009, qu’il fallait que le poste de ministre des Affaires étrangères de l’Union revienne à un Britannique afin de les convaincre de l’utilité de cette politique commune. Une nouvelle fois, on peut constater que ce n’est pas le cas, bien au contraire. Ce n’est pas la première fois que la France se laisse ainsi séduire par les sirènes britanniques, comme l’a montré l’accord de Saint-Malo de 1998 »

Pour Quatremer, d’habitude un euro-optimiste indéboulonnable, pas de doute, « les quatre prochaines années seront perdues pour la diplomatie européenne qui risque de n’être guère plus qu’une succursale de l’Alliance Atlantique ».

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