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Explosion des rachats par effet de levier

La rédaction
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Après l’effondrement de la « nouvelle économie » et l’implosion du marché de l’immobilier aux États-Unis, les capitaux privés semblent être le dernier recours sur le Titanic financier. Les fonds de pension, sociétés d’assurances et autres investisseurs sont en train d’investir de gigantesques sommes d’argent dans les fonds « criquets » qui rachètent les sociétés par le biais du « leveraged buy-outs » (LBO, ou reprise avec effet de levier). Ces LBO sont financés par des crédits bancaires à court terme, qui sont ensuite attachés à l’entreprise nouvellement acquise sous forme de dette. Une fois « restructurée », l’entreprise est revendue au plus tôt à un autre fonds de capitaux privés ou à un hedge fund, ou encore cédée de force au domaine public.

Les opérations récemment conclues par KKR, Blackstone ou d’autres groupes de capitaux privés sont les plus grosses jamais réalisées, atteignant des sommes de 15 milliards de dollars, voire plus. En lançant des actions concertées et en utilisant un effet de levier de 3 pour 1 (c’est-à-dire 3 dollars empruntés pour chaque dollar de capital disponible), ces groupes de capitaux privés sont aujourd’hui en position de prendre le contrôle de toutes les sociétés du monde, même les plus grosses. Il y a quelques semaines le pionnier des LBO des années 80, KKR, rejoint par d’autres groupes, a racheté la chaîne hospitalière américaine HCA pour 33 milliards de dollars, la plus grande transaction par LBO jamais réalisée, dépassant le spectaculaire rachat de Nabisco par KKR en 1989 pour 31 milliards de dollars.

Chaque jour ou presque, on annonce une autre de ces méga-transactions. Le 17 août, on apprenait que KKR, Carlyle et CVC Asia Pacific préparaient une offre conjointe de 12 milliards de dollars pour Coles Myer, le deuxième plus grand détaillant d’Australie. La veille, on révélait une offre conjointe de KKR, Blackstone et Cinven de 14,8 milliard d’euro pour la société britannique NTV, ce qui représenterait la plus importante transaction de capitaux privés jamais réalisée en Europe.

Même le Financial Times de Londres a tiré la sonnette d’alarme au sujet du volume insoutenable de dettes nouvelles générées par ces LBO. Dans un éditorial du 18 août intitulé « la mode des recapitalisations à effet de levier rappelle la folie des .com », l’éditorialiste du FT, Gillian Tett, écrit : « Lors de la folie de la bulle internet à la fin des années 90, un groupe de Cassandre (...) se plaignait régulièrement que les marchés étaient devenus fous (...). Un écho de cela émerge à nouveau dans le monde des capitaux privés. »

Tett s’attaque à la « recapitalisation par effet de levier », pratique par laquelle un groupe de capitaux privés rachète une entreprise par voie d’endettement et se paye ensuite grassement sur le dos de l’entreprise acquise. Comme des hordes de criquets qui s’abattent sur leur cible, les firmes de capitaux privés en ressortent avec d’énormes profits et les entreprises victimes avec des dettes impayables. Un exemple caractéristique est celui de Burger King, qui fut conjointement racheté par trois firmes - Texas Pacific Group, une filiale de Goldman Sachs et Bain Capital - à la fin de 2002. Après trois ans de restructuration, les trois firmes ont annoncé, en février 2006, leur intention de vendre certaines de leurs participations dans Burger King. Trois mois auparavant, elles s’étaient allouées 367 millions de dollars de dividendes sur le dos de Burger King.

Selon Tett, « cette pratique était exceptionnelle il y a encore peu de temps. (...) Mais cette année les recapitalisations par effet de levier se sont répandues comme une traînée de poudre. Lundi, un rapport de l’agence de notation Standard & Poor’s indiquait que 63 recapitalisations par effet de levier avaient eu lieu aux États-Unis et en Europe cette année, financées par une dette de 25 milliards de dollars, pour la plupart des prêts bancaires. Pas besoin d’une agence de notation pour comprendre que cela peut mener à une vague de faillites. »

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