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France : comment financer le patriotisme économique

La rédaction
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Dominique de Villepin avait provoqué l’émoi cet été en défendant l’idée de « patriotisme économique » et en annonçant que le gouvernement préparait un projet de loi qui permettrait à l’Etat de défendre les entreprises stratégiques françaises contre des tentatives de prise de contrôle venant de l’étranger. Le colloque sur les « Investissements étrangers et la sécurité nationale », organisé le 10 octobre à l’Assemblée nationale sous le haut patronage de Jean-Louis Debré et de la présidence de l’Assemblée, et sous la présidence du député de Tarn, Bernard Carayon, avait visiblement pour but de mettre fin aux polémiques et de définir clairement la position de l’Etat en ce domaine. Bernard Carayon, qui avait déjà élaboré un rapport sur ce sujet pour Jean-Pierre Raffarin, il y a deux ans, vient d’ailleurs d’être chargé d’une mission sur l’intelligence économique par Dominique de Villepin. Parmi les orateurs à ce colloque, on trouvait les PDG d’entreprises éventuellement à protéger, telles que Thalès et EADS, mais aussi plusieurs responsables américains qui avaient été appelés pour témoigner du fait que même au cœur du libéralisme extrême, on exerce un protectionnisme assez draconien sur ses entreprises stratégiques. Parmi les invités américains, Gay Sills, à la tête du Comité sur les investissements étrangers aux USA (CFIUS), qui a expliqué comment lorsqu’une tentative de contrôle sur une compagnie stratégique américaine se manifeste, une procédure d’enquête s’enclenche qui ne sera tranchée que par le Président américain lui-même.

Le ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, qui a ouvert le colloque, a tenu un discours très volontariste, soulignant le besoin de tout pays de se protéger contre des incursions étrangères, tout en se défendant de vouloir établir une « ligne Maginot » économique. Mme Alliot-Marie a déclaré qu’il était « exclu » que la France se soumette au bon vouloir de fournisseurs étrangers pour sa défense ou qu’elle se trouve dans l’incapacité d’obtenir les composantes ou les armes nécessaires à sa sécurité nationale. Le ministre de la Défense a souligné le caractère particulier des industries liées à la sécurité nationale, conçues longtemps à l’avance et qui exigent « de pouvoir se projeter dans le futur », « dans le long terme ». Elle a souligné que bien qu’on ne puisse être autonome dans tous les domaines, la clé de la sécurité nationale est « une politique industrielle volontariste ». Elle a annoncé toute une série d’orientations dont le ministère de la Défense compte « accompagner » les investissements dans ce type d’industrie, notamment au cœur de la nouvelle Agence pour l’investissement industriel de Jean-Louis Beffa qui doit soutenir, en amont, les dépenses de recherche et de développement dans les secteurs de rupture technologique qui intéressent la défense. Elle a souligné aussi le rôle qu’elle entend faire jouer à la CDC et à la Financière de Brienne dans le financement de choix technologiques établis par la Délégation générale de l’armement (DGA).

Mais comment financer ces projets coûteux dans le contexte d’endettement de l’Etat et de déficit budgétaire qui est le nôtre et sur lequel veillent les contrôleurs de la BCE ? Il y avait quelque chose de pathétique dans les appels répétés du ministre en faveur de la constitution de fonds de pension à la française qui pourraient apporter du capital à ces projets. Pourquoi ce type de fonds qui, même français, ne s’investiraient que dans les profits extrêmement élevés à court terme, iraient-ils s’investir dans les projets de la Défense ? M. de Villepin et ses collaborateurs devront tôt ou tard faire face au fait que les grands programmes de défense du passé, sur lesquels nous vivons encore, ne peuvent être réalisés sans réintroduire dans la vie politique ce traître mot qui fâche tant les marchés financiers : le crédit public.

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