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François Hollande adopte le nouveau Bretton Woods !

La rédaction
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1er septembre 2008 (Nouvelle Solidarité) — A la surprise générale, le secrétaire général du Parti socialiste, que la presse française, contrôlée en grande partie par les milieux financiers ou ceux de l’armement, avait déjà enterré, s’est montré particulièrement vivace dans son discours de clôture de l’Université d’été du Parti socialiste à La Rochelle.

Un an après le début de la crise des « subprimes », François Hollande devient le premier chef d’un grand parti à oser non seulement une analyse de la crise financière qui secoue le monde depuis l’été dernier, mais à avancer des solutions hardies, notamment l’organisation d’une nouvelle conférence de « Bretton Woods », pour créer les bases d’un ordre financier et monétaire stable et orienté vers l’investissement productif, en faveur des populations. Nicolas Sarkozy s’est beaucoup agité à propos de cette crise, mais au final, il n’a appelé concrètement qu’à un plus grand contrôle des agences de notation, sans lesquelles les produits « structurés » qui sont à l’origine de la crise n’auraient jamais pu prospérer.

C’est avec grand plaisir que les militants de Solidarité et Progrès, qui, depuis des années, font passer très précisément ce message à l’Université d’été de La Rochelle et dans d’autres enceintes où l’on trouve les responsables et les militants socialistes, ont écouté le discours de François Hollande, ainsi que ceux d’autres responsables socialistes qui, a l’instar de Solidarité et Progrès, s’attaquent désormais au capitalisme financier, prônent contre une économie de finances et de services, la production, et osent même songer à ce pays « où fleurit l’oranger » que furent les 30 glorieuses de la reconstruction après la guerre !

« Il faut prendre la dimension de la gravité de cette crise, ne pas la sous-estimer comme la droite l’a fait depuis un an », a assené François Hollande, après avoir décrit les multiples facettes de cette crise globale. « Nous vivons une crise multiple, générale, globale. » (…) « Elle est d’abord financière, elle est née il y a un an avec les subprimes, qui ont fini par contaminer l’ensemble du système bancaire, par provoquer des pertes comptables qui finalement se sont traduites par une injection des liquidités des banques centrales et la crise est devenue monétaire avec des mouvements de parité qui affectent l’euro et le dollar et bougent les taux d’intérêts. De monétaire, elle est devenue économique, avec le ralentissement de la croissance dans les pays émergents et l’entrée en récession d’une partie de l’Europe. Elle est devenue aussi énergétique, avec la multiplication par cinq des prix de l’énergie ; (…) alimentaire, avec la progression des cours des matières premières ; immobilière dans les pays les plus développés, avec la baisse des prix des actifs. » « La crise est donc générale, elle touche tous les domaines, tous les continents. » (…) « Elle est globale parce que c’est le capitalisme mondialisé qui est frappé dans toutes ses dimensions, parce que tous les marchés en sont affectés. » (…) « Les dérèglements que nous vivons », a continué Hollande, « sont la conséquence de choix politiques : dérégulation des marchés, financiarisation de l’économie, désengagement des autorités publiques, privatisations, mises en concurrence des services publics. »

Et le dirigeant socialiste de prononcer les mots qui fâchent : « Et si le temps des régulations était venu, le temps du droit, le temps du partage de la redistribution… » Même s’il n’en est pas encore au protectionnisme, François Hollande a quand même revendiqué le droit à « justifier l’intervention de l’Etat, la coordination, la régulation, bref, ce qui fait une politique économique de gauche et de progrès ».

Pour sortir l’économie mondiale des dérèglements dans lesquels elle a sombrée, François Hollande a proposé un programme en cinq points, dont la convocation d’une « conférence financière et monétaire, un nouveau Bretton Woods, permettant une stabilité des parités, la coordination des politiques monétaire et la régulation du système financier » ; « le renforcement des institutions financières multilatérales », pour leur permettre, « avec les banques centrales, de contrôler davantage le système bancaire et de le punir, sinon la spéculation trouvera toujours sa récompense » ; le soutien « de la production agricole des pays en développement », par une reforme de la PAC et la négociation à l’OMC d’une politique digne de ce que doit être le monde. Francois Hollande a aussi évoqué la nécessité de « réorienter la construction européenne, autour de la coordination des politiques économiques et le lancement d’un grand emprunt pour financer aujourd’hui (…) les PME, le logement et les investissements en matière de recherche et de technologie ».

Au niveau national, François Hollande a aussi proposé une série de mesures visant à améliorer la compétitivité de l’économie française, insistant sur le fait qu’un simple plan de relance ne permettra pas d’améliorer le problème de fond, qui est celui de la production. Il a proposé une série de mesures visant à financer les PMI/PME innovantes et un plan négocié entre l’Etat et les gouvernements régionaux, pour lancer de grands projets d’infrastructure.

Il ne nous reste qu’à espérer que cette crise gravissime permette aux Socialistes de transcender les querelles de personnes et d’être à la hauteur d’un moment de l’histoire qui définira si la France et une Europe réformée – car celle que nous avons est devenue l’instrument de ce néo libéralisme débridé par lequel Saturne mange ses propres enfants – pourront jouer un rôle positif dans la construction d’un XXIème siècle digne de ce nom. De toutes façons, Jacques Cheminade et les jeunes de Solidarité et Progrès poursuivront ce combat, à coup de « canons » musicaux et en mettant leurs pieds dans les assiettes du politiquement correct.

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