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Fuite en avant néo-impériale à la réunion de la Wehrkunde

La rédaction
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Depuis des décennies, les rédacteurs de l’EIR suivent de près la Conférence internationale de Munich sur la politique de sécurité, plus connue sous le nom de réunion de la Wehrkunde. Cette année, le ton était, sans nul doute, différent : au lieu des traditionnels débats et discussions transatlantiques, la délégation américaine, conduite par le numéro deux du ministère de la Défense, Paul Wolfowitz, le directeur du Defense Policy Board du Pentagone, Richard Perle, ainsi que les sénateurs John McCain et Joseph Lieberman, a affiché une attitude néo-impériale, ouverte et agressive.

Les représentants américains ont fait comprendre que, quoi qu’en pensent leurs alliés, les Etats-Unis allaient mener comme ils l’entendaient la « guerre contre le terrorisme » et contre les « Etats voyous ». Inutile de discuter, « nous sommes en guerre », disaient-ils en somme, considérant que les Etats-Unis n’ont jamais été plus forts ni plus unis pour faire ce qui leur semble approprié, et qu’ ils n’ont pas vraiment besoin de l’OTAN, que ce soit sur le plan politique, technique ou militaire. Wolfowitz n’a pas hésité à proposer que la structure de commandement de l’OTAN soit « allégée », « rationalisée » et « assouplie ». Sous sa forme actuelle, celle-ci est politiquement et militairement trop encombrante et rigide, elle réagit avec trop d’inertie et d’hésitation aux demandes de Washington. Aujourd’hui déjà, dit Wolfowitz, citant le ministre de la Défense Donald Rumsfeld, les Etats-Unis ne sont plus orientés vers « une coalition unique » avec des partenaires d’alliance établis, « mais plutôt vers différentes coalitions pour différentes missions, des coalitions souples ».

Le sénateur démocrate Joseph Lieberman a parlé d’un « nouveau rideau de fer », s’étendant « des camps terroristes dans les collines et les vallées d’Asie centrale jusqu’aux sables de Somalie, du Soudan et d’Arabie séoudite, en passant par des cellules à Singapour, en Indonésie, aux Philippines et dans bien d’autres endroits dont l’Europe et l’Amérique ». La guerre en Afghanistan a, selon lui, démontré que les forces américaines possèdent la clé pour gagner toutes les guerres : du renseignement en temps réel, des bombardements de « précision » et des auxiliaires locaux. Dans les guerres futures, a précisé Wolfowitz, « rien ne sera exclu ».

Tous les membres de la délégation américaine sans exception ont prôné une action militaire « préventive » contre les « Etats voyous », notamment l’Irak et l’Iran - moins pour des raisons de « terrorisme » que parce que ces deux pays mettent au point des technologies de missiles et d’armes de destruction massive. Concernant la « prochaine phase » de la guerre, le sénateur républicain McCain a fait remarquer que la Turquie « représente un Etat de la ligne de front dans la guerre au terrorisme, tout comme l’était l’Allemagne pendant la Guerre froide ». Pour ce qui est du conflit israélo-palestinien, Wolfowitz a simplement noté, en allusion à Yasser Arafat, que « malheureusement, notre principal interlocuteur de l’autre côté est fortement impliqué dans le terrorisme ».

L’attitude américaine a quand même provoqué des protestations au cours des discussions officielles, et surtout au cours de rencontres informelles. Le ministre russe de la Défense, Sergueï Ivanov, le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, et Braheesh Mishra, conseiller à la sécurité nationale du Premier ministre indien Vajpayee, ont mis en garde contre le concept d’« axe du mal » évoqué par George Bush. L’humeur des dirigeants européens fut résumée par Karl Lamers, porte-parole des démocrates-chrétiens allemands en matière de politique étrangère : « Il ne faut pas que ce soit : vous décidez, et nous suivons . »

On pourrait ajouter que, jamais jusqu’à présent, les Etats-Unis n’ont été plus isolés de leurs alliés et que jamais leurs ressources n’ont été aussi tendues sur tous les plans,conomique, financier, industriel, technique et militaire.

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