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Gerhard Schröder entre le marteau et l’enclume

La rédaction
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Les « marches du lundi » en Allemagne sont devenues une grande source d’inquiétude pour l’oligarchie financière internationale. Au cours des trois premières semaines d’août, les médias financiers internationaux ont, pour la plupart, passé sous silence ces manifestations en dépit de leur succès grandissant. Mais lorsqu’il est devenu évident que ce mouvement de protestation anti-austérité, et implicitement anti-mondialisation, n’allait pas disparaître, le Wall Street Journal a répondu par une attaque ouverte, assorti d’une sévère mise en garde à l’adresse du chancelier Schröder afin qu’il ne cède pas aux manifestants.

L’article du quotidien de Wall Street sur « la révolte est-allemande » spécifie : « La restructuration de la troisième économie mondiale s’est heurtée à un obstacle imprévu : l’Est déprimé de l’Allemagne est en révolte contre les réductions des aides sociales et les partis politiques dominants. (...) Depuis un mois, des groupes de citoyens organisent des protestations de masse à travers l’Allemagne orientale les lundis soirs. Celles-ci rappellent les manifestations du lundi soir d’il y a 15 ans, lorsque les Allemands de l’Est sont descendus dans la rue pour s’opposer au communisme. Cette fois-ci cependant, les manifestants appellent à mettre fin aux réductions des aides sociales - élément clé des efforts de dérégulation - qui frappent de manière particulièrement dure à l’Est. (...) Ces protestations de rue - celles de cette semaine ont attiré près de 80 000 personnes à l’échelle nationale - arrivent trop tard pour faire dérailler la transformation économique allemande. Mais alors que l’Est (où une prépondérance d’électeurs indécis amplifie son influence) s’élève contre d’autres changements, les dirigeants politiques sont mis sous pression afin qu’ils parlent moins d’économie de marché et davantage de justice sociale. Résultat probable : un coup d’arrêt aux autres restructurations économiques jusqu’aux élections nationales, prévues dans deux ans. (...) Ce serait de bien mauvaises nouvelles pour l’économie mondiale » - c’est-à-dire l’oligarchie financière.

Cet article confirme, à sa manière, la déclaration de Lyndon LaRouche du 18 août, sur la désintégration du système monétaire international aujourd’hui en Allemagne.

En vérité, le chancelier Gerhard Schröder se trouve entre le marteau et l’enclume. Fidèle à la realpolitik, il tente de sortir du dilemme : le 29 août, il a clairement indiqué qu’il s’en tiendrait à la mise en œuvre de la politique d’austérité Hartz IV, mais que toutes les autres « réformes » d’austérité planifiées, notamment dans le domaine de la santé, seraient gelées jusqu’aux élection législatives de 2006. Mais ceci ne mettra pas fin aux manifestations du lundi et Schröder ferait mieux d’adopter le programme du BüSo visant à créer 8 millions d’emplois productifs.

Le coût du chômage estimé à 230 milliards d’euros

Selon le rapport sur le marché de l’emploi publié par le gouvernement allemand, en juillet 2004 le chômage « officiel » en Allemagne touchait 4,36 millions de personnes ; 2,76 millions (10,5%) à l’Ouest et 1,6 millions à l’Est (18,5%). Sur ce total, un tiers sont des « chômeurs de longue durée » : 998 000 (36%) à l’Ouest, 707 000 (44%) à l’Est. Là, la situation est plus grave que ne l’indiquent les chiffres, car plus de 400 000 Allemands de l’Est - appelés « migrants » - travaillent à l’Ouest. Parmi ceux âgés de moins de 25 ans, 547 000 étaient officiellement au chômage (Ouest : 345 000, Est : 202 000).

Fin juillet, pour tous ceux qui cherchaient un emploi en Allemagne, il n’y avait que 297 000 offres d’emploi (Ouest : 247 000, Est : 50 000). Cela signifie qu’en Allemagne occidentale, il y avait 11 chômeurs pour chaque emploi offert, alors que ce chiffre était de 32 contre 1 dans la partie orientale. Depuis le début 2002, les offres d’emploi ont diminué de 40% à l’Ouest et de 36% à l’Est, alors que le nombre de demandeurs d’emplois ne cesse d’augmenter.

En plus des gens inscrits au chômage, 1378 millions (Ouest : 819 000, Est : 559 000) participent à des programmes financés par l’Etat, stages ou petits boulots publics, ou occupent des « emplois de courte durée ». En fait, le but de ces programmes est d’écarter des statistiques officielles les gens qui veulent un emploi mais ne peuvent en obtenir. On peut donc dire que fin juillet, il y avait 5,738 millions de demandeurs d’emplois en Allemagne (Ouest : 3,579 millions, Est : 2,159 millions).

Mais ce n’est pas tout. Découragés, des millions d’Allemands en âge de travailler ont temporairement abandonné toute recherche active d’un emploi, mais aimeraient, dans des conditions économiques meilleures, rejoindre la population active. L’Institut de recherche sur le marché du travail (IAB) estime à 1,8 million de personnes cette « réserve silencieuse » d’employés, ce qui porterait le total d’emplois manquants en Allemagne à plus de 7,5 millions.

Dans un récent rapport, l’IAB a calculé que les cuûts publics du chômage en Allemagne s’élèvent à 82,7 milliards d’euros. Ce chiffre comprend le versement des allocations, le coût de la sécurité sociale et le manque à gagner en termes d’impôts sur le revenu. Si l’on y ajoute le déficit de production économique dû au chômage, le coût économique total du chômage en Allemagne peut être chiffré à 230 milliards d’euros. L’IAB l’évalue à 165 milliards d’euros par an à l’Ouest, et à 65 à l’Est.

Helga Zepp-LaRouche : comment créer 8 millions d’emplois

Le Mouvement des droits civiques-solidarité (BüSo), dirigé par Helga Zepp-LaRouche, intervient dans les manifestations du lundi avec un programme appelant à la création de 8 millions d’emplois pour atteindre le plein emploi en Allemagne. Ce programme est centré sur de grands projets infrastructurels et technologiques, financés à hauteur de quelque 100 milliards d’euros par an grâce à une émission de crédits publics, relayée par de nouvelles institutions de crédit public et par le Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW).

Selon les estimations officielles, les retards d’investissements au niveau de l’infrastructure municipale se montent à 630 milliards d’euros. Si l’on y ajoute les retards au niveau des Länder et de l’Etat, on arrive au chiffre de 1000 milliards d’euros. Or on estime que chaque milliard d’euros investi dans ce domaine permet de créer de 25 000 emplois, dont la moitié dans le secteur du bâtiment. Etant donné que ces investissements permettraient de réduire de 500 millions d’euros le coût du chômage, cela veut dire qu’ils seraient, du point de vue gouvernemental, auto-financés à 50%.

Dans le secteur privé, le volume actuel de capital physique - bâtiments, machines, autres équipements - est largement insuffisant pour permettre la création de plusieurs millions d’emplois nouveaux. Or dans le secteur industriel, qui fonctionne aux alentours de 85% de ses capacités, moins d’un million de personnes pourraient être embauchées dans le cadre des capacités de production existantes.

Par conséquent, une énorme formation de capital est nécessaire, surtout dans le secteur industriel, pour arriver au plein emploi en Allemagne. Le rapport entre le capital et les emplois (intensité capitalistique) diffère beaucoup d’un secteur à l’autre. Dans les services, l’équipement par emploi est souvent très faible. L’intensité capitalistique est très faible (30 000 à 50 000 euros par emploi) dans le bâtiment et le commerce. Par contre, elle est particulièrement élevée (plus de 250 000 euros par emploi) dans l’agriculture, l’exploitation minière, le transport et surtout dans la fourniture d’eau et d’énergie (1,3 million d’euros par emploi).

Le secteur industriel devrait être au cœur de ce programme de création d’emplois. Au moins 5 emplois nouveaux sur 8 devraient concerner l’industrie. Partant d’une intensité capitalistique moyenne de 120 000 euros par emploi dans le secteur industriel, il faudrait augmenter le capital physique de toutes les branches industrielles d’au moins 600 milliards d’euros (400 milliards dans les équipements, 200 milliards dans les bâtiments). Pour l’ensemble du secteur privé, il faudrait investir près de 1000 milliards d’euros dans les capacités de production pour obtenir les 8 millions d’emplois nouveaux. Si l’on inclut l’infrastructure publique, l’économie allemande a besoin de 2000 milliards d’euros d’investissements pour réaliser le plein emploi. Avec 200 milliards d’euros d’investissements par an, cet objectif pourrait être atteint en une décennie.

Comme la plupart des nouveaux emplois seraient productifs et à temps plein, l’augmentation de la production de l’économie allemande, engendrée par les 200 milliards d’euros annuels, dépasserait de loin les 230 milliards d’euros estimés par l’IAB, pour se situer plutôt autour de 500 milliards d’euros.

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