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Giuliano Amato sur le Kosovo : l’indépendance sans souveraineté

La rédaction
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Le 25 février 2008 (Nouvelle Solidarité) - Le ministre de l’intérieur et ancien président du conseil italien Giuliano Amato, n’a pas seulement présidé le groupe des seize eurocrates responsables de la réécriture de la Constitution européenne, mais il a aussi déployé ses talents comme président de la « Commission internationale sur les Balkans ». Cette commission, dite « Commission Amato », bien qu’agissant au nom de l’Union européenne, fonctionna essentiellement grâce aux apports de quatre fondations privées : La Fondation Bosch, la Fondation du Roi Baudoin, la German Marshall Fund of the United States et la Charles Mott Foundation.

Dans son rapport publié en 2005, « Les Balkans dans le futur de l’Europe », on peut lire que « le cauchemar de la communauté internationale selon lequel l’indépendance du Kosovo provoquera automatiquement la désintégration de la Bosnie n’est pas fondé en réalité. Cela n’implique pas que l’indépendance du Kosovo résultera d’un processus simple et sans contestations. En effet, s’il est mal géré, le processus pourrait avoir un effet domino sur la région. Mais l’indépendance en tant que tel n’est pas un sujet – la question c’est comment y arriver ».

Le rapport propose ensuite une transition graduelle partant d’une phase « d’entière indépendance sans souveraineté » vers « l’indépendance entière », qui se réalisera seulement… en tant que nouveau membre de l’Union européenne, dont l’indépendance sera garantie par les Etats-Unis ! Selon un observateur turc il s’agit de construire « un membre de l’UE » et non pas la construction d’un état nation, et « le Kosovo n’obtiendra jamais l’indépendance nationale comme on la définissait au 19eme siècle en Europe. »

Si on s’interroge souvent sur les difficultés à pouvoir gouverner l’Europe avec tant d’états membres, certains Britanniques ont fait de l’élargissement un moyen d’asseoir leur pouvoir. Richard Cooper, auteur du Breaking of Nations disait déjà en 2003 que « La réponse européenne, postmoderne, aux menaces, s’est d’étendre de plus en plus un système d’empire co-opératif ». « Je n’ai pas d’autre moyen pour défendre mes frontières que de les étendre », disait Catherine la Grande – et l’UE semble parfois dire la même chose. »

Pour sa part, Valery Giscard d’Estaing suggère, dans sa chronique de l’Express du 21 février, qu’il « faut encore laisser entrer trois ou quatre Etats des Balkans, puis s’arrêter là. Au moins pour une génération. » Diverses sources indiquent clairement que si l’UE prévoyait initialement « d’avaler les Balkans », y compris la Serbie, vers l’automne 2005, mais que le vote du 29 mai renvoya ce projet à une date ultérieure.

L’intégration quasi-illimité de l’OTAN et de l’UE comme une seule opération impériale sous domination britannique est prouvée par le fait qu’un des conseillers de la Commission Amato est l’américain Bruce P. Jackson, le fondateur du Project for Transitional Democracies, qui, selon sa propre charte vise « l’intégration des nouvelles démocraties de l’est dans les institutions euro-atlantiques ». Après avoir travaillé pour le Ministère de la Défense américain, Jackson a rejoint, en 1990, Lehman Brothers, la banque d’affaires new-yorkaise que Felix Rohatyn a rejoint en 2006.

Entre 1993 et 2002, Jackson fut le vice-président pour la stratégie et la planification de la Lockheed Martin Corporation. De 1995 à 2003, il a été le président du comité étasunien sur l’OTAN, une organisation sans but lucratif fondée en 1996 afin de promouvoir l’extension de l’OTAN et le renforcement des liens entre l’Europe et les Etats-Unis. En 2003, il présidait aussi le très néo-conservateur Comité pour la libération de l’Irak. Il reste aujourd’hui membre du conseil d’administration du Projet pour un nouveau siècle américain, véritable pépinière du néo-conservatisme outre-atlantique.

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