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Gorbatchev, le missile des Britanniques contre la Russie

La rédaction
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26 décembre 2011 (Nouvelle Solidarité) – Quoi que l’on puisse personnellement en penser, le gouvernement Poutine-Medvedev est le seul à même d’assurer la stabilité de la Russie dans un monde où l’alliance anglo-américaine des réseaux de la City et de Wall Street nous pousse vers un conflit nucléaire. C’est dans le chaos précédant la chute de son système financier que cette alliance tente de déstabiliser ce pays eurasiatique en exploitant le sentiment légitime de liberté auquel aspire une partie du peuple russe. Un des principaux agents dans cette opération est l’ancien leader soviétique Mikhaïl Gorbatchev, très en vue de par chez nous mais honni dans son pays pour avoir présidé à la chute de l’URSS et en avoir remis les clés aux prédateurs financiers anglo-américains.


Gorbatchev, le missile des Britanniques contre la Russie

Par Rachel Douglas, de la rédaction Russie du magazine américain EIR

Pour l’oligarchie transatlantique en quête d’une guerre afin de maintenir sa suprématie dans le monde, la contestation en Russie portant sur les résultats des élections à la Douma, a été du pain béni. Selon The Economist de Londres qui y consacra de nombreux articles, ces événements ne sont peut-être pas « le début d’une révolution, mais ils sont certainement la fin de l’ère de prétendue stabilité de Poutine ». Et le journal qui rêve de refaire les années Gorbatchev/Eltsine d’exiger désormais plus d’ouverture aux investisseurs étrangers…

Outre les nombreuses personnalités associées aux milieux ultralibéraux de l’ère Eltsine, tel son ancien Premier ministre adjoint Boris Nemtsov, entre autres, ainsi que certains éléments de la mouvance nationale-bolchevique comme Limonov ou le blogueur Alexei Navalny, formé lui aussi par des proches de Soros à l’université de Yale, aux Etats-Unis, c’est Mikhaïl Gorbatchev, l’ancien président de l’URSS, qui était en première ligne pour dénoncer dans la presse russe et internationale les « fraudes » commises et appeler à la révolte. Dès le 7 décembre, dans une interview à Interfax , Gorbatchev appelait Medvedev et Poutine à annuler les élections et à en organiser de nouvelles.

Selon des sources à Washington, Gorbatchev était également en contact téléphonique avec le président Obama, l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Susan Rice, et l’ancienne secrétaire d’Etat de l’époque de la guerre froide, Madeleine Albright, aujourd’hui présidente du National Democracy Institute (NDI), une branche du National Endowment for Democracy, organisation qui finance et coordonne, avec George Soros, les révolutions de couleurs dans les pays de l’est européen et ailleurs. C’est d’ailleurs ce groupe qui a exigé d’Hillary Clinton, pourtant l’une des seules voix favorables au dialogue pacifique entre la Russie et les Etats-Unis, qu’elle dénonce fortement la « fraude ».

Avant l’élection, de l’argent de l’étranger était venu arroser copieusement l’opposition extraparlementaire. Les fonds ont transité par le NDI d’Albright et l’Agence des Etats-Unis pour le développement international, dont le chef de programme, Sean Carroll, avait collaboré avec Gorbatchev au sein du Club de Madrid, une organisation d’anciens chefs d’Etat dont Gorbatchev est l’une des stars. Voici donc la source des « centaines de millions de dollars » dénoncée par Vladimir Poutine, dans son discours du 8 décembre devant les membres du Front national des peuples.

Gorbatchev, l’homme de Londres

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Gorbatchev à Londres en décembre 1984, trois mois avant de devenir chef de l’URSS. Derrière lui, la Baron Howe, chef du Foreign Office et artisan de la politique ultra-libérale de Thatcher.
Crédit : Fox Photos / Getty Images

Mais pour quiconque connaît l’histoire de la chute de l’URSS, l’activisme déployé par Mikhaïl Gorbatchev en faveur de cette contestation signe cette déstabilisation du label « made in London ». En effet, on sait que Mikhaïl Gorbatchev fut choisi par la dame de fer britannique, Margaret Thatcher, comme le meilleur candidat au poste du Secrétaire général du Parti communiste d’URSS en 1985. C’est au cours d’une série de séminaires organisés en Angleterre dès 1982 avec de jeunes dirigeants soviétiques, portant sur la meilleure transition possible pour un système soviétique au bord de l’effondrement, que Thatcher rencontra Gorbatchev et le choisit comme meilleur dirigeant de l’URSS pour ce moment de crise. La rencontre eut lieu en 1984, alors que Gorbatchev avait été envoyé à Londres à la tête d’une mission parlementaire pour tenter d’ouvrir des négociations sur une sortie de crise. C’est là qu’il trouva les recettes économiques néolibérales de la Perestroïka, qui précipitèrent dans le marasme le plus total une Russie déjà en faillite à cause d’une épuisante course aux armements et de mauvaises conceptions économiques. Le soutien de Thatcher à Gorbatchev n’a jamais faibli par la suite.

Comme LaRouche l’a toujours dénoncé, Gorbatchev était « la chose » de l’oligarchie britannique. Il succéda à Youri Andropov, lui-même issu de ces milieux les plus anglophiles au sein de la nomenklatura soviétique, qui rejetèrent rageusement la proposition de LaRouche en faveur de l’Initiative de défense stratégique (IDS) de 1983, ainsi que la coopération économique et le dialogue pacifique qui s’offraient aux deux blocs autour de ce projet. C’est au nom des intérêts britanniques que Gorbatchev s’opposa en 1983 à LaRouche et à ses propositions.

Après la chute de l’URSS, Gorbatchev fut coopté par les milieux les plus hauts placés de l’establishment transatlantique, défendant son agenda pour la mondialisation financière et rejoignant aussi sa croisade écologiste au sein de l’organisation qu’il avait créée : la Croix verte internationale.

Retour en Russie

Haï par le commun des mortels en Russie où, comme son ancien collaborateur Andreï Gratchev l’a confirmé dernièrement au cours d’une conférence de presse à Paris, sa réputation indélébile est celle du « fossoyeur de l’URSS » , Gorbatchev a tout de même tenté un retour en Russie en 2007. Ses tentatives de s’installer dans une Russie stabilisée par les efforts de Poutine furent un échec, de même que son parti social-démocrate, créé en 2000. Récemment, il a fondé une ONG, l’Union des sociaux démocrates. Fin 2008, au plus fort de la crise, il lançait le groupe Rygoletto, dont l’un des codirigeants était le propriétaire de Novaya Gazetta , l’homme d’affaires Alexandre Lebedev, un proche de la City de Londres où il fréquente Nat Rothschild, fils de l’affairiste Sir James Rothschild. En 2009, Rygoletto a présenté un plan anti-crise prévoyant notamment que d’importantes compagnies privées russes, endettées auprès des créanciers de la City de Londres, soient prêtes à céder leur capital à ces créanciers en paiement de leurs dettes ! Pour Gorbatchev, c’était le préalable pour que les capitaux étrangers continuent à assurer les besoins de l’économie russe.

Depuis septembre 2010, Gorbatchev a fondé, avec Lebedev et Boris Nemtsov, le Dialogue civil. Plusieurs de ses dirigeants ont joué un rôle clé dans le déclenchement des protestations récentes en Russie. En février de cette année, il accusa Russie unie d’être une « mauvaise imitation » de l’ancien Parti communiste soviétique et lança cette mise en garde : « Si les choses continuent comme elles vont, la probabilité d’un scénario à l’égyptienne va s’accroître. Mais il pourrait finir bien plus mal. »

La meilleure réponse à ces ingérences fut celle du Professeur Igor Panarin, de l’Académie diplomatique du ministère russe des affaires étrangères. En juin 2010, il accusa Gorbatchev, et Nikita Khrouchtchev avant lui, d’avoir été portés au pouvoir par les renseignements britanniques. Gorbatchev doit être jugé « par un tribunal public » , chargé de déterminer comment ce personnage a pu mener une politique aussi hostile au pays où il est né et où il a grandi.

Dans un entretien à Der Spiegel , Dmitri Rogozin, ambassadeur russe à l’OTAN, a commenté l’intervention de Gorbatchev dans les événements récents : « Il avait bien compris la situation de ses partenaires occidentaux, mais tellement mal celle de son propre pays, que l’Union soviétique a disparu de la carte. En Occident, il est clairement applaudi pour ces raisons, mais en Russie, Gorbatchev ne peut pas sortir dans la rue sans gardes du corps, car il risquerait de se faire taper dessus par des ingénieurs ou des ménagères. Ni le Président Medvedev, ni Vladimir Poutine ne répéteront les prétendus exploits de Gorbatchev. Nous, les Russes, sommes allergiques à ce genre d’homme politique. »


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