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Grande-Bretagne : la légalité de la guerre d’Irak remise en question

La rédaction
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Malgré tous les efforts du Premier ministre Tony Blair pour l’escamoter, la question irakienne se retrouva à nouveau projetée sur le devant de la scène dans la semaine du 23 février. L’événement décisif fut la décision du procureur général Lord Goldsmith d’abandonner toutes poursuites contre Katharine Gun, une employée des SR travaillant au centre de surveillance de Cheltenham. Mme Gun était accusée d’avoir violé la loi sur le secret d’Etat en informant le quotidien The Observer, quelques semaines avant la guerre d’Irak, d’opérations américaines et britanniques d’espionnage à l’encontre des délégations du Conseil de sécurité aux Nations unies. Deux jours après la décision du parquet, cette information a été confirmée par l’ancienne ministre de Blair, Clare Short.

Pour sa défense, Mme Gun déclara qu’elle pensait agir par « nécessité » afin d’arrêter une guerre illégale. Ses avocats entendent profiter de ce procès pour exiger du procureur général qu’il s’explique sur les raisons, très controversées, qui l’ont amené, en mars 2003, à déclarer légale la participation britannique à la guerre contre l’Irak, en s’appuyant sur des résolutions antérieures du Conseil de sécurité. Les attendus de cette décision de Goldsmith - qui représentait chez lui une volte-face - n’ont jamais été publiés et, selon Clare Short, toute discussion sur le sujet avait été bloquée par le gouvernement. Lorsque les avocats de Mme Gun ont fait connaître leur intention, le dossier fut immédiatement refermé, pour étouffer l’affaire, selon eux.

Tam Dalyell, le doyen des députés à la Chambre des Communes, nous disait le 19 février : « L’essentiel est de savoir ce qui s’est passé, et pourquoi, entre la décision de porter plainte contre Gun et celle d’abandonner les poursuites. (...) Les avocats étaient prêts à faire témoigner Elisabeth Wilmhurst, vice-conseillère juridique du Foreign Office, qui avait démissionné à la veille de la guerre pour des raisons de principe. (...) Dans le fond, il s’agit d’une guerre préemptive illégale . »

En effet, on apprend maintenant qu’avant le lancement de la guerre, nombre de conseillers juridiques des grandes institutions britanniques - Foreign Office, ministère de la Défense et Armée - avaient exprimé des doutes sur la légalité de la guerre. Leur réticence était motivée par trois facteurs : 1) l’Irak ne représentait pas une menace claire et immédiate pour la Grande-Bretagne ; 2) il n’y avait pas de mandat des Nations unies pour partir en guerre ; 3) lancer une Guerre préemptive établirait un dangereux précédent dans les relations internationales.

Selon l’Observer et l’Independent on Sunday du 29 février, dans les jours qui ont précédé le début de la guerre, le chef d’état-major, Lord Boyce, refusa d’engager ses forces basées au Koweit dans cette guerre contre l’Irak, de peur qu’elle soit illégale et que ses troupes puissent être déclarées coupables de crimes de guerre si elles entraient dans le conflit. C’est alors que Lord Goldsmith donna son aval à la guerre. Selon ces deux journaux, il avait maintenu jusque-là qu’il fallait un mandat explicite de l’ONU, codifié par une nouvelle résolution du Conseil de sécurité. On soupçonne fortement le gouvernement Blair d’avoir fait pression sur Goldsmith pour qu’il modifie son opinion, ce qui, si cela était avéré, serait considéré comme un délit passible de destitution.

Clare Short y a fait allusion, rappelant que Goldsmith est un proche collaborateur de Blair et que c’était lui qui l’avait été nommé à ce poste et lui avait octroyé la dignité de pair à vie. L’ancien Premier ministre John Major et d’autres demandent que la décision de Goldsmith soit rendue publique. Quant à la position de Blair, un spécialiste britannique nous disait que sa crédibilité se fissurait de jour en jour et que l’Irak le ferait tomber.

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