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Greenspan : pas de « transparence » pour les marchés des produits dérivés

La rédaction
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Le président de la Réserve fédérale Alan Greenspan et les grandes institutions financières de Wall Street qui n’ont cessé d’exiger plus de « transparence » de la part des petits pays, ont freiné toute initiative visant à rendre plus transparentes les transactions des banques occidentales, notamment en ce qui concerne les produits dérivés.

Il y a deux motifs à cela.

Premièrement, éliminer tout obstacle pouvant entraver l’utilisation accrue de ces produits qui représentent 30% des profits des grandes banques internationales ;

deuxièmement, éviter que la population se rende compte de l’ampleur de la bulle des produits dérivés et du danger énorme qu’elle représente pour l’économie réelle et leur niveau de vie.

Même le Wall Street Journal a dû admettre que les échanges de gré à gré (OTC) de produits dérivés sont « une source majeure de l’effet de levier presque illimité qui avait mis le système financier international au bord du désastre en automne dernier ». Les OTC n’apparaissent jamais sur les bilans de sociétés et sont échangés en dehors des structures où il existe un minimum de surveillance. Le 20 mai, Martin Mayer écrivait dans le WSJ que « les besoins en liquidités des opérateurs sur produits dérivés excèdent de loin ce que les marchés peuvent fournir dans des jours difficiles, et peuvent dépasser la capacité des banques centrales à maintenir en ordre les marchés ». Mais Greenspan défend non seulement les « avantages vérifiables » des produits dérivés mais les disculpe de tout rôle néfaste dans le quasi effondrement du système financier international en automne dernier.

De même, Greenspan et Wall Street s’en prennent fortement à la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) qui, sous la direction de Brooksley Born, juge qu’il faut davantage de régulation, et non pas moins, sur les marchés des produits dérivés. C’est à cause de cette position que Mme Born devra quitter son poste et que le Congrès est prié de revoir à la baisse l’autorité de la Commission en ce qui concerne les opérations sur dérivés des banques. En effet, la « Coalition ad hoc des banques commerciales et d’investissement » a envoyé le 19 mai une lettre à la Commission agricole de la Chambre qui contrôle la CFTC. Le lobby bancaire lui demande de modifier la loi sur l’échange des biens à terme (CEA), de façon à exclure les produits dérivés OTC de sa compétence. La lettre recommande aussi que le Congrès dispense les produits dérivés de régulation.

De son côté, le Financial Accounting Standards Board (FASB), qui détermine les critères de comptabilité des entreprises, a annoncé le 19 mai qu’il allait retarder d’une année ses nouvelles règles sur la déclaration de produits dérivés et d’opérations de couverture, qui ne figureront donc dans les rapports qu’à partir du 15 juin 2000, ce en raison de « problèmes imprévus rencontrés dans le passage des systèmes informatiques à l’an 2000 ». Les interventions visant à protéger le marché des produits dérivés sont en fait destinées à préserver la plus grosse bulle spéculative de tous les temps. Selon la BRI, le volume quotidien moyen des opérations de change et en produits dérivés se montait à 4100 milliards de dollars en 1998. Si on multiplie ce chiffre par 252 (le nombre de jours de transactions à la Bourse de New York en 1998), on obtient plus d’un million de milliards de dollars. La même année, le volume du commerce mondial se montait à 11 000 milliards de dollars.

Selon la BRI, « Londres a une fois de plus renforcé sa position comme premier centre mondial », enregistrant plus d’opérations de change et en produits dérivés (1200 milliards de dollars par jour) que les numéros deux et trois confondus (Etats-Unis : 645 milliards de dollars par jour, et Japon : 272 milliards de dollars). Mais une part significative des opérations londoniennes vient de banques américaines.

On utilise couramment les produits dérivés pour créer de faux profits qui apparaissent immédiatement sur les livres comptables, tout en générant des pertes qui peuvent être enterrées pendant des années, tant que les régulateurs n’y regardent pas de trop près. Au Japon, l’Agence de supervision financière (FSA) a ouvert une enquête sur l’utilisation par des sociétés financières et non financières de produits dérivés pour cacher leurs pertes. Si cette enquête est rigoureusement menée, les opérateurs internationaux en produits dérivés risquent d’être très gênés. La FSA a déjà menacé de sanctions le Crédit Suisse/First Boston pour avoir fait obstruction à cette enquête en dissimulant et détruisant des documents ayant trait à des transactions visant à aider des sociétés japonaises à cacher leurs pertes. Elle a aussi ouvert une enquête sur les activités de Lehman Brothers. C’est précisément ce genre d’enquête que Greenspan et Wall Street tentent d’éviter.

Dans ce contexte, il est intéressant d’observer les efforts menés au Congrès pour abroger la Loi Glass-Steagall de 1933, qui interdit aux banques commerciales de vendre des titres et de se livrer à des opérations d’investissement, ainsi que la Loi sur les holdings de 1956, qui interdit aux banques de s’engager dans des activités non bancaires comme l’assurance. Il est vrai que les banques violent allègrement ces deux lois depuis des années. Une proposition visant à les abroger a déjà été votée par le Sénat et un texte similaire est en préparation à la Chambre.

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