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Guerre d’Irak : comment Tony Blair a trompé son gouvernement

La rédaction
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John Chilcot, auteur du rapport de la commission de l’enquête officielle sur la guerre d’Irak, est auditionné par le parlement sur les agissements de Tony Blair avec son « gouvernement sofa ».
Crédit : PA

Sir John Chilcot, l’ancien haut fonctionnaire ayant dirigé la commission d’enquête officielle sur la guerre d’Irak et dont le rapport final épingle Tony Blair pour avoir engagé la Grande-Bretagne dans cette guerre au printemps 2003, a été auditionné le 2 novembre devant le parlement pour la première fois depuis la publication de son rapport en juillet dernier. Devant la Commission de Liaison des Communes, il a accusé Blair d’avoir « dénaturé les faits » en plaidant pour une guerre qui n’était nullement nécessaire.

Le cabinet, selon Sir John, constituait un « gouvernement sofa », se contentant de discussions informelles et « sous la domination psychologique de Tony Blair », qui n’avait pas son mot à dire sur des décisions critiques. À plusieurs reprises en 2002 et 2007, dit-il, « certaines choses ont été décidées sans se référer au cabinet », y compris le fondement juridique sur lequel la Grande-Bretagne est entrée en guerre.

Un membre du « gouvernement sofa » était le secrétaire étranger Jack Straw, à qui Chilcot a demandé pourquoi le cabinet n’avait pas plus contesté Blair :

La réponse que j’ai reçue était que Tony Blair avait, en tant que dirigeant de l’opposition puis du gouvernement, sauvé son parti d’une situation difficile. J’ai senti dans la réponse de Straw qu’il [Blair] avait obtenu une domination personnelle et politique, une pure domination psychologique. [Blair] avait eu raison. N’aurait-il pas raison cette fois-ci ? Voilà ce que j’ai tiré des éléments de M. Straw.

Autre sujet abordé : une note privée que Blair a envoyée au président américain George W. Bush le 28 juillet 2002, promettant que « je serai avec vous, quoiqu’il arrive ». Selon Chilcot, seuls le chef de cabinet de Blair, Jonathan Powell, et l’ambassadeur britannique à Washington à l’époque, David Manning, étaient au courant de la note, à l’exclusion du cabinet. « Tous deux ont tenté de le persuader de ne pas utiliser cette formule. Mais il l’a fait », a déclaré Chilcot. Straw n’en a appris l’existence qu’après son envoi.

Le gouvernement de Saddam Hussein, selon Chilcot, était sans doute « barbare » et « indéfendable », mais ajoute-il :

Cela ne constitue pas en droit international un motif d’invasion d’un pays souverain. Nous ne nous livrons plus à cette activité depuis 1945. (Il a sans doute oublié l’aventure égyptienne de 1956.)

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Nouvelle Solidarité N°8/2013 - S’abonner.

Le haut fonctionnaire a également reproché à Blair d’avoir usé de « ses facultés très réelles de plaidoyer et de persuasion » pour défendre une guerre bien douteuse. Bien qu’il ait pu croire sincèrement que l’Irak disposait d’armes de destruction massive, rien n’indiquait que Saddam Hussein entendait les utiliser contre des intérêts britanniques et aucune menace n’était imminente, a reconnu Chilcot. En effet, comme on le sait entre-temps, les armes chimiques et biologiques avaient été discrètement détruites après la première guerre du Golfe.

Quant à savoir qui porte le plus de responsabilité pour le désastre en Irak, Sir John a répondu : Blair, Straw et le secrétaire à la Défense Geoff Hoon. Mais les deux premiers étaient plus expérimentés et par conséquent plus coupables.

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