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Hedge funds : de nouvelles sonnettes d’alarme

La rédaction
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Le 27 septembre, des représentants d’organismes de surveillance internationaux et des top traders en produits dérivés se sont réunis à la Réserve fédérale (Fed) de New York. A l’ordre du jour, à nouveau, la menace systémique posée par les produits dérivés, notamment ceux à base de crédit, et d’autres formes de contrats hautement spéculatifs. Quelques jours auparavant, l’ancien président de la Fed de New York, William McDonough, qui avait dirigé le renflouement de LTCM en 1998 avant de devenir vice-président de Merrill Lynch, s’était prononcé en faveur d’un « système de supervision » avant qu’il ne soit trop tard.

Quant à l’actuel président de la Fed de New York, Timothy Geithner, il estima lors d’une discussion à New York le 26 septembre, que la Réserve fédérale aurait sans doute à surveiller également les sociétés de titres financiers et les hedge funds, qui jouent un rôle de plus en plus important dans le système financier. Dans une interview avec Bloomberg le même jour, le directeur adjoint du FBI, Chip Burrus, a qualifié les hedge funds de « menace émergente ».

Peu après la réunion de New York, les directeurs de la Financial Services Authorities britannique, de la Réserve fédérale de New York et de la Securities and Exchange Commission américaine ont publié un communiqué conjoint, repris à la une du Financial Times : « Trois des plus puissants régulateurs financiers au monde ont eu recours à une mesure inhabituelle, en diffusant un avertissement conjoint selon lequel les nations ne pourront pas contrôler individuellement certains des risques posés par la croissance explosive des produits dérivés et devront lancer une collaboration transfrontalière. » La déclaration conjointe, signée par Geithner, sir Callum McCarthy de la FSA et Annette Nazareth de la SEC, conclut : « Souvent, il faut une crise pour provoquer la volonté et l’énergie nécessaires pour résoudre un problème. Ici, l’industrie a le mérite d’intervenir avant que la crise frappe. »

Ces propositions, tout en étant très limitées, indiquent néanmoins qu’il n’est plus possible de passer sous silence la menace systémique posée par les hedge funds et les produits dérivés.

« Fleurs vénéneuses »

Sous ce titre évocateur, on pouvait lire dans l’édition du 28 septembre de l’hebdomadaire français L’Express, ce commentaire inhabituel signé Jacques Attali, ancien conseiller de Francois Mitterrand et étroitement lié à Lazard Frères :

« La mésaventure qui vient d’arriver à l’un des plus célèbres fonds d’investissement spéculatifs américains est révélatrice de la folie de notre monde. Ce fonds au nom de fleur, Amaranth, créé en 2004, est devenu célèbre parmi ses pairs pour avoir gagné 1 milliard de dollars en quelques semaines, au début de 2006, en misant, contre tous, sur une pénurie de gaz naturel. Fort de ce succès, Amaranth paria de plus en plus d’argent sur une poursuite de la hausse du prix du gaz ; avec de bonnes raisons : les météorologistes annonçaient à la fois des ouragans (bloquant l’exploitation des gisements du golfe du Mexique) et un hiver très froid. Mal lui en prit : l’instabilité climatique et un renversement brutal des cours des matières premières conduisirent Amaranth à perdre, à la fin du mois d’août, 6 milliards de dollars, soit plus de la moitié des fonds confiés par ses actionnaires, pour la plupart des compagnies d’assurances américaines.

« Il y a beaucoup de choses derrière cette histoire : les compagnies d’assurances, principaux épargnants du monde, ont besoin, pour financer les services dus à leurs cotisants, en particulier les soins et les retraites, de revenus beaucoup plus élevés que ceux que peuvent leur fournir les bons du Trésor et les obligations des sociétés de premier rang. Aussi confient-elles leur argent à des fonds spéculatifs, qui l’investissent dans des instruments financiers de plus en plus risqués, obligations d’entreprises en mauvaise situation ou cours de matières premières imprévisibles. Comme l’argent reste abondant et donc bon marché, ces fonds doivent, pour fournir une rentabilité, prendre des risques de plus en plus grands, impossibles même à mesurer, pariant jusqu’à 50 fois leur mise, ou parfois sans aucune mise. Aujourd’hui, plus de 1300 milliards de dollars sont ainsi gérés par de tels fonds spéculatifs, qui risquent plus de 1000 milliards de dollars chaque jour. Aussi, quand les paris sont perdus, la perte est immense. Et elle le sera de plus en plus.

« Ainsi va notre monde, où l’on s’inquiète si peu de l’avenir, pourtant si menaçant, que l’on ne rémunère pas décemment ceux qui prennent le risque de le préparer en créant de vraies richesses, préférant aventurer l’épargne des salariés dans des spéculations de casino. Cela, naturellement, ne peut que mal finir. Un jour, les taux d’intérêt refléteront la réalité des risques et tout le système financier occidental, et d’abord américain, pourrait s’effondrer. Personne ne pourra dire qu’il n’a pas été prévenu. »

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