Solidarité&progrès

Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

Flash : 24 avril - Jacques Cheminade : « Mon exemple, c’est le général de Gaulle partant à Londres » Lire Flash : 7 avril - Jacques Cheminade au Liban reçu par le Président Michel Aoun Lire Flash : 1er avril - A Bondy, Jacques Cheminade engage un dialogue citoyen sur les banlieues Lire
AccueilActualité
Brèves

Hedge funds et désintégration des contrats dérivés

La rédaction
visites
556
commentaire

Dans les milieux financiers, on estime que les hedge funds (fonds spéculatifs) ont dû perdre entre 20 et 40% de leur capital suite à la dégradation des obligations de GM et de Ford début mai. Aujourd’hui, certains de ces fonds et certaines banques commencent à reconnaître leurs pertes :

GLG Partners, le plus grand hedge fund d’Europe, vient d’informer ses investisseurs des lourdes pertes essuyées au cours du mois de mai. Selon le Financial Times du 14 juin, le Credit Fund, l’un de ses seize fonds spéculatifs, a perdu 14,5% de son capital en mai. La direction de GLG reporte la responsabilité des pertes sur le « modèle mathématique » utilisé pour évaluer ses contrats dérivés de crédit. En effet, ce modèle « n’a pas prévu les variations du marché après les déclassements de General Motors et Ford le mois dernier », affirme la lettre de GLG citée dans le FT. Le quotidien de la City de Londres observe à juste titre : « L’aveu est significatif car il semble que d’autres banques et hedge funds aient utilisé des modèles de transactions similaires, ce qui veut dire qu’ils ont peut-être essuyé aussi de grosses pertes sur les produits dérivés . »

Concernant la situation globale des marchés financiers, la lettre de GLG souligne que nombre de hedge funds et de banques de placement ont connu d’importantes pertes au niveau des contrats de crédit, à cause des « conditions du marché ». GLG exhorte néanmoins ses investisseurs à ne pas retirer leurs fonds, car la société va changer de modèle mathématique ! L’article du FT conclut que « le véritable impact des fortes fluctuations de prix du crédit dans ce secteur au mois de mai reste à déterminer ».

Par ailleurs, le PDG de Morgan Stanley, Philip Purcell, a dû annoncer sa démission le 13 juin. Elle fait suite aux récents conflits au sein de la direction, mais aussi à l’impact des déboires au niveau de certains hedge funds et de contrats dérivés sur les résultats de la banque de placement. Morgan Stanley a dû mettre en garde contre une éventuelle chute de 20% de ses profits au deuxième trimestre, directement liée à l’accroissement spectaculaire des primes de risque sur ses obligations d’entreprise ainsi qu’à ses dérivés de crédit.

Trois jours plus tard, Goldman Sachs reconnaissait sa première baisse de profits trimestriels depuis trois ans : les revenus provenant d’obligations, de devises et de matières premières ont chuté de 22%. Cette annonce n’a pas surpris les marchés car la rumeur courait depuis quelques jours faisant état de leurs difficultés suite à la dégradation des obligations de GM et Ford. Le directeur financier de la banque a démenti la rumeur, sans convaincre pour autant. Il semble que Deutsche Bank, UBS et JPMorgan-Chase ont également accusé de fortes pertes sur produits dérivés en mai.

Allemagne : Schröder plaide pour une régulation des hedge funds

Le faction SPD au Bundestag a organisé une conférence le 13 juin à Berlin sur le thème : « L’économie sociale de marché et les marchés financiers ». Le chancelier Schröder a déclaré que l’Etat doit « mettre l’intéret général avant tout intérêt particulier », car « sans un Etat fort et social », il y aurait « privatisation de l’éducation, des biens publics et de l’infrastructure ».

Selon lui, les entrepreneurs responsables, qu’on peut compter par milliers en Allemagne, ne cherchent pas un profit maximum à court terme, mais poursuivent « un objectif à long terme, une stratégie. Ils veulent être les meilleurs, pas les moins chers. (...) Ces entreprises refusent que l’intérêt général et la cohésion sociale soient un luxe que l’on ne peut se permettre en ces temps difficiles. (...) Si les marchés mondiaux mettent en danger les normes obtenues à l’échelle nationale, nous sommes obligés de protéger la liberté, les investissements et la justice que nous avons acquis dans l’Etat social allemand. (...) »

Le chancelier Schröder a salué la présence des investisseurs étrangers et des fonds de placement, à condition qu’ils « respectent les règles du jeu de notre économie sociale de marché. (...) Nous voulons des marchés financiers stables. C’est pourquoi nous avons besoin, à l’échelle globale, d’une surveillance efficace et d’une meilleure transparence des hedge funds. » Il entend, par conséquent, demander aux chefs d’Etat et de gouvernement du G-8 de définir des règles minimales, reconnues internationalement, pour ces fonds spéculatifs. Par ailleurs, il aimerait obtenir une plus grande transparence sur les marchés pétroliers. « La spéculation sur les marchés pétroliers pose encore de graves menaces pour l’économie des nations consommatrices . »

Dès le lendemain, dans le Financial Times, le secrétaire américain aux Finances, John Snow, répondait en quelque sorte au chancelier : « On doit se garder d’avoir la main trop lourde, car ces [hedge funds] sont des acteurs terriblement importants du marché financier. Ils les rendent plus efficaces et déplacent le capital afin de le déposer dans les mains de ceux qui peuvent l’utiliser au mieux . »

Vous avez adoré cet article ? Rejoignez-nous !

Don rapide