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Helga Zepp-LaRouche : entrons dans le Nouveau paradigme !

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Voici le discours introductif d’Helga Zepp-LaRouche, fondatrice et présidente de l’Institut Schiller international, au séminaire intitulé « Un symposium pour vous préparer à la victoire » organisé à Houston (Texas), le 1er octobre 2016.

La vidéo en anglais du discours est disponible à la fin de la page.

Tout observateur informé des changements rapides que connaît la situation stratégique se demande où tout cela va nous conduire. D’abord, il faut s’inquiéter de la forte poussée de la part des États-Unis et de l’OTAN en direction d’un conflit avec la Russie.

Après l’arrêt des négociations entre le secrétaire d’État américain John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov sur un cessez-le-feu en Syrie, dont certaines forces américaines ne veulent absolument pas, le danger d’affrontement militaire entre les deux grands refait brutalement surface. En réalité, cette situation n’est que l’expression d’un paradigme mental accroché à l’idée que seuls les États-Unis ont le droit de fixer les règles d’un monde qu’ils souhaitent garder unipolaire, alors qu’il est révolu.

Ensuite, vous avez ce qui alimente cette dynamique vers la guerre : la menace d’un effondrement immédiat du système financier mondial, illustré par le cas de la Deutsche Bank, la plus grande banque allemande et une des treize plus grandes banques mondiales.

Cette banque, en réalité pas tout à fait allemande car prospérant surtout à Londres et Wall Street, est totalement plombée par un portefeuille de 42 000 milliards de dollars de produits financiers dérivés, c’est-à-dire des paris purement spéculatifs. Le problème est qu’il s’agit d’une banque systémique et que sa faillite incontrôlée pourrait provoquer une réaction en chaîne, capable d’envoyer par le fond tout le système. Or, vendredi dernier, lorsque le prix de l’action a chuté en-dessous des 10 euros, c’était la panique et la presse financière parle désormais d’un « moment Lehman Brothers » pour indiquer que le danger d’un krach de type 2008 est à l’ordre du jour.

En Allemagne, la chancelière Angela Merkel s’est de nouveau discréditée en affirmant publiquement qu’en cas de nouvelle crise de Deutsche Bank, le gouvernement, [faisant l’impasse sur les autres options (séparation bancaire, mise en faillite ordonnée, etc.)] ne lèverait pas le petit doigt pour la renflouer. Ceci n’a fait que redoubler les attaques spéculatives et empirer la situation. Un analyste financier, cité par Bloomberg, a noté laconiquement que l’Europe était en train de passer de « banques zombies » à une « économie zombie ».

Ce qui fait peur, c’est la coïncidence entre la crise économique et financière et la fuite en avant vers la guerre. Le secrétaire d’État à la Défense américain Ash Carter effectue actuellement une tournée des bases américaines. Au cours d’une visite à la base de l’Armée de l’air au Dakota du nord, lors d’une inspection des bombardiers B-52 pouvant larguer des bombes atomiques, il a dit :

Les Russes ont évoqué la possibilité d’utiliser les armes nucléaires. Cependant, même en cas d’attaque avec des armes conventionnelles, l’emploi des armes nucléaires n’est pas impensable. On ne s’en est pas servi depuis 1945, mais il ne faudrait pas se baser là-dessus pour croire que cela continuera.

Ainsi, tout examen rigoureux de cette double dynamique indique que la nouvelle guerre froide en cours risque de se transformer aussitôt en guerre chaude. À elle seule, la situation en Syrie peut rapidement conduire à un affrontement global entre « l’Occident » et l’alliance stratégique unissant aujourd’hui la Russie et la Chine.

À cela s’ajoute le fait que la crise financière à venir s’annonce bien pire que celle de 2008 puisque les banques centrales ont déjà vidé leur « boîte à outils » pour y faire face : assouplissement quantitatif (planche à billets), taux ultra-bas, voire négatifs, et « hélicoptère monétaire] ».

À la question de savoir s’il existe un espoir que l’humanité puisse se tirer de cette situation, je réponds par l’affirmative. Et à ceux qui ne cessent de répéter que l’on ne peut rien faire car « les gens d’en haut » sont trop puissants, je réponds qu’ils se trompent. Lorsque, il y a quelques jours, les deux chambres du Congrès américain (Sénat et Chambre des représentants) ont voté à l’unanimité pour faire voler en éclat le veto opposé par le président Obama à la loi JASTA, beaucoup l’ont perçu comme une surprise totale.

Pourtant, c’est le fruit de quinze ans de combat, de la part des familles des victimes des attentats du 11 septembre, pour que soit rendu public un chapitre de 28 pages d’un rapport d’enquête et obtenir par la loi JASTA le droit de poursuivre le gouvernement saoudien pour son rôle éventuel dans ces attaques, un droit parfaitement légitime après la dé-classification de ces documents.

Le rôle des chœurs

Cependant, il faut souligner que quelque chose d’exceptionnel a eu lieu durant les quatre semaines précédant ce vote, qui a pris totalement par surprise aussi bien Obama que les Saoudiens et le Congrès. Il s’agit des quatre concerts du Requiem de Mozart organisés à New York en mémoire des victimes des attaques du 11 septembre, événements qui ont réuni pas moins de 4000 personnes et bien plus encore sur internet par la suite.

Chacun des participants à ces concerts émouvants s’en est trouvé transformé au plus profond de son cœur et de son âme. Bien que la plupart d’entre eux commémorent chaque année l’événement, beaucoup ont reconnu que jamais ils n’avaient été autant émus par une telle cérémonie.

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Le poète allemand Friedrich Schiller (1759-1805).

Il est fondamental de comprendre ce qui s’est passé lors de ces concerts. Pour ceux qui connaissent l’œuvre du poète allemand Friedrich Schiller, ils se rappelleront qu’en introduction à La fiancée de Messine, l’une de ses œuvres tardives, il a écrit un texte intitulé « Sur le rôle des chœurs », où il évoque le rôle du chœur, pas toujours musical, dans les tragédies grecques. Et il affirme que le pouvoir de l’art, quand c’est du grand art, c’est de créer dans l’auditoire une force qui ne s’achève pas avec la tragédie ou l’œuvre musicale, mais qui perdure dans le caractère de celui qui en a fait l’expérience.

L’art classique, précise Schiller, cherche à rendre l’homme libre, non pas temporairement mais pour de vrai, ce qui fait que cette capacité se trouve augmentée dans l’homme lorsqu’il goûte à cet art.

Et c’est bien cela qui a donné l’étincelle supplémentaire d’inspiration et de détermination aux familles des victimes des attentats, leur permettant de briser la carapace des élus américains les plus cyniques et endurcis afin qu’ils rejettent le veto d’Obama. Dans cette bataille pour la justice inspirée par la musique classique, ce pouvoir s’est avéré plus puissant que les millions de dollars dépensés par les lobbyistes saoudiens pour acheter la capitulation du Congrès.

Mon époux, [l’homme politique américain] Lyndon LaRouche, ajoute qu’il faut constamment élever le niveau du combat. Car si l’on en reste au niveau pragmatique, on le perdra. Ce n’est qu’en se confrontant sans cesse à des domaines scientifiques dont il ignore presque tout que l’homme peut trouver sa véritable identité : celle d’un être qui découvre, invente et innove. Après tout, pourquoi l’humanité existe-t-elle ? Quel est son rôle dans le système solaire et au-delà, dans la galaxie ? Loin des formules mathématiques et des manipulations empiriques, ce n’est qu’en comprenant le rôle exact de l’esprit humain qu’on arrive à une idée précise de ce qu’est réellement la science et de où vont apparaître les percées scientifiques.

Nicolas de Cues

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Nicolas de Cues (1401-1464) est le fondateur de la science moderne.

C’est exactement ce qu’avait formulé au début du XVe siècle le cardinal-philosophe allemand Nicolas de Cues, pour qui chaque nouveau-né récapitule toute l’histoire de l’univers dans son propre esprit en assimilant le summum du savoir de son époque. Armé de cette connaissance, il peut ainsi définir le prochain pas légitime à effectuer pour faire progresser l’humanité. Cela bouscule complètement l’idée habituelle de progrès scientifique. On nous a fait croire que la science progresse lorsque soudain, plus ou moins par hasard, quelqu’un fait une découverte dans son garage et la fait breveter. Cela ne marche pas comme ça. Pour Cues, et dans la même veine, pour Lyndon LaRouche, l’homme peut déterminer avec certitude dans quelle direction l’humanité doit aller si elle veut continuer à exister.

De quels pas s’agit-il ? En premier lieu, à la lumière des deux enjeux existentiels que je viens d’évoquer, il s’agit de faire naître un nouveau paradigme, de dépasser la « géopolitique » et l’idée qu’une nation détiendrait légitimement le droit à faire prévaloir son intérêt national [au détriment de l’intérêt général]. Pour cela, il faut partir de l’idéal d’une humanité une et unie, qui éclaire nos décisions et subordonne chaque intérêt national. Cela implique un changement de pensée, un nouveau paradigme si fondamentalement différent de celui qui gouverne le monde actuel, qu’on peut le comparer à la différence abyssale qui sépare le Moyen-âge des temps modernes. Pour ceux qui ont étudié le Moyen-âge, ils se rappelleront qu’au XIVe siècle, le monde a été ravagé par des épidémies mortifères comme la peste noire, et frappé par des explosions de folie comme la sorcellerie. À la même époque, les universités étaient dominées par la scholastique et les péripatéticiens adeptes d’Aristote, une méthode de pensée totalement stérile qui nous a conduits dans l’impasse. Aucune connaissance nouvelle ne pouvait sortir de ce type de géométrie.

Cela ressemble fort à ce qui s’enseigne aujourd’hui dans nos universités. Les mathématiques triomphent, notamment dans la santé, engendrant des politiques de triage des malades. Les méthodes réductionnistes et déductives règnent en maître alors qu’elles sont totalement incapables d’engendrer une quelconque percée scientifique qualitativement supérieure.

Le point de départ, c’est-à-dire le premier pas vers le nouveau paradigme des temps modernes, ce fut la pensée d’individus comme Nicolas de Cues. Consciemment, il a rejeté tous les axiomes médiévaux associés à la scholastique et à Aristote, inaugurant une méthode de pensée que personne n’avait eue avant lui : il développa ce qu’il appelait la « coïncidence des opposés », qui partait de l’idée que le « Un » avait une puissance et une grandeur supérieure au « Multiple ».

Forcément, au XVe siècle et en tant que cardinal, Nicolas de Cues se plaçait sur le plan théologique : le Un, c’est Dieu, c’est-à-dire le créateur, et le multiple, ce sont toutes les choses créées dans l’univers. Le potentiel « enveloppé » dans le Un est « développé » dans le multiple.

Ainsi, vous devez être capable de penser comme un « second dieu ». Vous ne serez jamais comme Dieu, mais si vous parvenez à mettre en œuvre sa « vis creativa », c’est-à-dire sa puissance créatrice, alors vous pouvez devenir un second dieu.

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Dans sa Docte Ignorance, Nicolas de Cues développe ces idées de façon puissante. Si vous n’avez pas encore lu cette œuvre révolutionnaire, alors rentrez chez vous et étudiez-la sans tarder. Ce traité fut immédiatement attaqué par les professeurs et les théologiens scholastiques qui se sentaient menacés au point d’accuser, à tort, Nicolas de Cues de panthéisme, pour la simple raison qu’il affirme que Dieu existe partout et que tout existe en Dieu, ce qui n’a rien à voir avec le panthéisme.

Johannes Wenk est de ceux qui se déchaînèrent contre Cues. Il n’avait pas compris qu’il s’agissait d’une façon de penser complètement différente. En effet, si vous en restez au niveau d’Aristote, vous ne voyez que des contradictions partout et vous devenez incapable d’accéder au stade plus élevé de la raison.

En réponse à Wenk, Cues utilise une métaphore pédagogique en expliquant que penser au niveau de la coïncidence des opposés, c’est comme regarder une partie de chasse du haut d’une tour. De là-haut, on voit aussi bien le gibier, le chasseur que le processus de la chasse elle-même. Alors qu’en bas, au niveau d’Aristote, on ne voit que le gibier ou le chasseur, mais jamais le processus.

Cues appelle l’individu à prendre de la hauteur pour franchir ce qu’il appelle « le mur de la coïncidence des opposés », afin d’accéder à une forme de pensée plus intuitive. C’est essentiellement ce type de pensée que nous devons viser car elle s’accompagne d’une capacité à repenser de façon entièrement nouvelle les relations entre les hommes, entre les nations et d’aborder l’humanité comme un tout.

La Chine

Il existe un pays qui fonde désormais sa politique sur ce niveau de penser : la Chine. Elle a proposé une nouvelle approche des relations entre nations, basée sur le respect mutuel de leur entière souveraineté et des systèmes sociaux propres à chaque pays, en bannissant toute ingérence. Bref, l’opposé de ce qu’Obama a déclaré au Washington Post lorsqu’il disait :

Ce sont les États-Unis qui écrivent les règles, et non la Chine.

Du point de vue américain, cela signifierait de revenir à l’approche du président John Quincy Adams, dont la politique étrangère s’appuyait sur l’idée qu’en tant que république, les États-Unis étaient appelés à forger autour d’eux une alliance de républiques parfaitement souveraines, à l’abri de toute ingérence étrangère et dans le respect absolu de leurs souverainetés respectives.

Il va de soi que ce que défend l’Institut Schiller – l’idée que la Nouvelle Route de la soie doit devenir un « Pont terrestre mondial » – est basée exactement sur le même principe : on travaille ensemble sur des projets internationaux en vue de développer chaque partie du monde, mais on le fait dans le respect mutuel de la souveraineté de chacun, sans chercher à dominer les mécanismes économiques ou financiers de ses partenaires.

Qu’est-ce que signifierait, pour les États-Unis, de participer à cette dynamique gagnant/gagnant ? Verrait-on une Route de la soie ? Pour l’instant, les infrastructures du pays tombent en ruine. En participant, les États-Unis pourraient s’équiper d’un réseau de trains rapides comme celui que la Chine a construit chez elle. D’ici 2020, toutes les grandes villes chinoises seront reliées par des voies de trains rapides roulant à 450 km/h. Pour les États-Unis, cela impliquerait de construire immédiatement 50 à 100 000 miles de voies rapides reliant les grands centres urbains, des villes à vocation scientifique et tout simplement de participer à un système économique radicalement différent, en quelque sorte ce que Roosevelt avait accompli avec le New Deal, mais à la mesure du XXIe siècle.

Un nouveau système du crédit

Il s’agirait également d’acter la faillite du système financier international en mettant en place une nouvelle architecture financière – en s’inspirant de Roosevelt, un « Glass-Steagall mondial » [séparation stricte entre banques commerciales et banques d’affaires]. Cela s’imposera sans doute beaucoup plus vite que prévu car si la Deutsche Bank fait faillite, c’est tout le système qui s’effondre. M. LaRouche et moi-même avons proposé, il y a plusieurs semaines, de revenir au modèle qu’incarnait cette banque avant l’assassinat, en 1989, de son PDG Alfred Herrhausen. En gros, il s’agit de mettre la Deutsche Bank en procédure de faillite ordonnée et de dénouer le nœud complexe des produits dérivés qui la relient à la plupart des grandes banques du monde. La majeure partie de ces produits hautement spéculatifs est impayable et devra être passée en pertes. Le reste, c’est-à-dire la partie banque commerciale, devrait, à l’opposé, être consolidé pour devenir le cœur de son activité future. Bien que l’on puisse parler là de « Glass-Steagall local », le seul poids de Deutsche Bank impose de faire la même chose à l’échelle mondiale, car le poids total des produits dérivés est tel que seule une globalisation de l’approche Glass-Steagall pourrait empêcher une descente aux enfers.

Cela signifierait aussi, dans la foulée de ce « Glass-Steagall global », d’entamer une coopération avec les systèmes bancaires respectifs d’autres nations souveraines.

Or, qui dit « Pont terrestre mondial » dit projets d’infrastructures dont la réalisation nécessite souvent entre 20 et 50 ans, bien que la détermination chinoise dans ce domaine puisse la réduire à 25 ans. Vu ces délais, cela nécessitera sans doute des engagements de la part des différentes Banques nationales. Il faut également tenir compte de la diversité de chaque pays. Certains sont très vastes, comme la Russie avec ses 11 fuseaux horaires, peu peuplés et riches en matières premières. D’autres sont très petits et enclavés comme la Slovaquie ou très pauvres comme l’Érythrée. La mise en œuvre d’un nouveau système de crédit doit tenir compte de ces différences, car les crédits émis par les Banques nationales ne pourront être amortis avant que l’intention de leur émission ne se concrétise en provoquant l’augmentation de productivité requise pour la force de travail et l’outil industriel des pays en question. Il faudra donc des chambres de compensation afin de gérer correctement ces disparités et le différentiel entre les engagements à court et long terme.

Voilà le nouveau système de crédit, une sorte de Nouveau Bretton Woods, qui irait avec ce « Pont terrestre mondial ». La Chine l’appelle de ses vœux en prônant la création d’une nouvelle architecture financière mondiale. Déjà, elle a accouché d’un système bancaire parallèle en créant la Banque asiatique pour l’investissement dans les infrastructures (BAII), les Fonds pour les Routes de la soie terrestre et maritime, ou encore la Banque de coopération de Shanghai. Un système alternatif est donc déjà en place, et le jour où la zone transatlantique, c’est-à-dire l’Amérique et l’Europe, voudra se débarrasser de son « économie casino », elle pourra immédiatement s’intégrer dans le système déjà existant. Cela n’est donc nullement impossible ni hors de portée.

Vous avez dit innovation ?

Lors du dernier sommet du G-20 à Hangzhou, début septembre, le président chinois Xi Jinping a proposé de relancer l’économie mondiale grâce à une politique ambitieuse d’innovation. Ce mot ne signifie pas faire n’importe quoi pourvu que ce soit nouveau, mais il implique un contenu précis, celui que préconise Lyndon LaRouche lorsqu’il souligne l’importance fondamentale de l’augmentation constante, dans l’économie physique, de la densité de flux énergétique par unité donnée, en vue d’élever le potentiel relatif de densité démographique mondiale. C’est cela qui doit être la jauge scientifique pour vérifier si une innovation est réellement productive ou pas. Car beaucoup d’innovations ont lieu dans des domaines dénués de toute productivité, alors que les véritables innovations doivent viser à augmenter la puissance des processus à l’œuvre dans l’Univers.

Il est d’ailleurs assez remarquable que, pour indiquer les secteurs de recherche dans lesquels il espère voir les scientifiques chinois faire des percées fondamentales, Xi Jinping ait choisi ces quatre domaines :

  • physique et astrophysique ;
  • origine et évolution de l’univers ;
  • sciences cognitives ;
  • origine et évolution du vivant.

Tous portent sur des questions fondamentales et c’est dans cette direction qu’il faut aller, comme l’a souligné Lyndon LaRouche.

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Krafft Ehricke (1917, 1984), le pionnier de la colonisation de l’espace.

Vous venez d’entendre Kesha Rogers évoquer la vision hors du commun de Krafft Ehricke, qui parlait de « l’impératif extra-terrestre » de l’homme comme prochain pas incontournable du développement humain.

Ehricke était un de nos amis proches, surtout dans les dernières années de sa vie, et j’ai eu l’occasion de parler longuement avec lui de la relation entre science et culture.

Pour sa part, il reconnaissait totalement l’importance des efforts de l’Institut Schiller car, disait-il, le progrès scientifique doit être complété par l’éducation esthétique de l’homme. La technologie en soi n’est ni bonne ni mauvaise. C’est l’homme qui s’en sert pour le bien ou pour le mal. L’essentiel est donc d’ennoblir le genre humain, ce qui est précisément l’objet de l’éducation esthétique.

Le rôle de l’art

C’est pourquoi nous insistons tant sur la beauté et sur l’art qui doit en être le vecteur, car c’est la seule manière d’ennoblir l’âme humaine. La beauté, dit Schiller, est primordiale, car elle fait appel aussi bien aux sens qui la perçoivent qu’à la raison. Car nous ne l’appréhendons pas uniquement par les sens, mais aussi par l’esprit, c’est-à-dire par la raison. Ainsi, poursuit Schiller, nous devons éduquer les émotions qui sont attachées aux sens, sans pour autant leur être identiques. Nous devons élever les émotions au niveau de la raison jusqu’au point où l’individu puisse suivre aveuglément ce que lui disent ses sens, sans en perdre le contrôle ni retomber à un niveau inférieur.

Ainsi, disait-il, nous devons éduquer chaque être humain à devenir une « âme belle », afin qu’il puisse suivre aveuglément ses instincts, sans craindre qu’ils ne lui dictent une chose contraire à la raison. Pour cela, liberté et nécessité, passion et devoir doivent coïncider et ne faire qu’un.

J’estime que ce développement émotionnel est la seule voie permettant à l’homme de maîtriser ce qui est requis pour relever le défi de son « impératif extra-terrestre ». Car si l’homme ne devient pas meilleur et plus noble, il nous reste peu de chances de survivre.

Ainsi, à la question de la beauté, Schiller a pris soin d’ajouter le sublime, cette qualité qui rend l’homme grand, même confronté à une tragédie ou une catastrophe, car il s’est attaché à une cause et à des principes plus élevés que ce qui menace son existence mortelle. C’est précisément cette qualité du sublime que s’emploie à évoquer le grand art classique, comme nous l’avons vu lors des représentations du Requiem, menant à la victoire emportée avec le vote du Congrès.

Cet approfondissement mental est nécessaire pour accomplir les percées que LaRouche nous demande d’effectuer. Pour Nicolas de Cues, seules les personnes capables de raisonner au niveau de la « coïncidence des opposés » peuvent accomplir cela. Car c’est uniquement à ce niveau que vous avez accès à ce que LaRouche appelle « pré-science ». Cues affirme que celui qui découvre doit savoir déjà à l’avance ce qu’il cherche, car si vous découvrez quelque chose sans savoir ce que vous cherchez, vous ne saurez même pas que vous l’avez trouvé !

Ce type d’intuition créatrice est essentiel et il s’avère que c’est précisément la même qualité émotionnelle mentale qui entre en jeu pour composer de la poésie classique ou faire une découverte scientifique. Tout cela provient de la même faculté de votre esprit.

À nous donc d’éduquer toute la population afin qu’elle rejette le plaisir pragmatique, voire « satanique » dans l’ici et maintenant, dans la satisfaction des envies des sens et les formes avilies de divertissement. À nous également de leur faire savourer la douceur que procure la pensée créative, car c’est l’unique voie permettant au genre humain de réaliser son humanité.

J’ai une très belle idée de ce que pourrait devenir ce nouveau paradigme. Imaginons les meilleurs esprits de chaque culture et de chaque nation, amoureux et admiratifs de leurs pouvoirs créateurs réciproques, coopérant entre eux comme des scientifiques de l’espace ou des astronautes qui, tous, rapportent que vue de là-haut, la Terre n’est pas la même. Les relations entre les hommes ressembleraient à celles qui ont pu exister entre Einstein et Max Planck, ou entre Schiller, les frères Humboldt et Körner. Nous devons nous battre pour cette forme d’humanité où les gens se respectent les uns les autres pour leurs pouvoirs créateurs et n’ont d’autre passion que de faire progresser les capacités créatrices de leurs congénères et frères humains.

Je pense qu’on est tout proche de ce type de changement. Avec notre victoire récente au Congrès, le pouvoir du bien a démontré sa puissance. A nous de le porter plus loin !

Une vidéo par trois astronautes, un russe, un allemand et un américain, sur la station spatiale internationale :

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