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Helga Zepp-LaRouche : apprenons de Schiller la pensée la plus élevée, celle du changement systémique !

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Présidente du Büso (Mouvement des droits civiques – Solidarité, Allemagne). Ce tract est distribué dans toute l’Allemagne pendant les festivités du 20e anniversaire de la Chute du Mur.


Le 7 novembre 2009,

Citoyens !

Le 250e anniversaire de la naissance de notre poète de la liberté Friedrich Schiller et le 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin sont intimement interconnectés. A cette époque, en novembre 1989, et dans les mois qui ont abouti à la réunification allemande le 3 octobre 1990 – un moment réellement historique pour l’Allemagne – le monde se mesurait à l’aulne de l’esprit de Schiller : est-ce qu’un grand moment historique rencontre un peuple à la hauteur d’un tel événement ? Sommes-nous capables, à la suite de cette révolution pacifique, de fonder un ordre de paix et une nouvelle société plus humaine ?

Avec le recul, on doit malheureusement répondre par la négative. Les raisons en sont multiples : Margaret Thatcher et François Mitterrand ont tout tenté pour empêcher la réunification et se sont mis d’accord avec George Bush père, pour brider une Allemagne réunifiée au sein des structures de l’Union européenne.

Les Allemands de l’ouest ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes, car, face à ces manipulations géopolitiques, ils n’étaient que trop prompts à contribuer à une mondialisation brutale, imposée à une Allemagne réunifiée. Ceux des Allemands de l’est qui cherchaient honnêtement une troisième voie, n’ont pas repris le seul plan qui aurait permis d’aboutir dans ce sens et furent rapidement écartés par la nouvelle bureaucratie chargée de la réunification.

D’octobre 1989 à octobre 1990, j’ai lancé d’innombrables mises en garde contre le fait d’imposer sur les ruines du communisme en faillite, un système d’économie de marché tout aussi moribond. Certes, on pouvait pendant quelques années, par une politique d’accumulation primitive, soutirer les richesses des anciens pays du Comecon : cependant, après un certain temps, un effondrement encore plus important était à prévoir. Et nous atteignons précisément ce point aujourd’hui. Seulement, cette fois-ci, les mauvaises dettes que l’on met sur le dos du contribuable, ce sont les titres toxiques des banques que les spéculateurs, qui ont joué au casino, ont générés.

Le système de la soi-disant mondialisation est dans un état de banqueroute d’une magnitude bien supérieure à celle de la RDA et l’URSS. La crise systémique, qui a détruit des pans entiers des capacités industrielles de l’économie réelle depuis la fin juin 2007 et qui a prouvé que les gouvernements ne sont que les acolytes des banques et des institutions financières, continuera tant qu’une réorganisation plus fondamentale n’est pas entreprise.

Vous, les citoyens, vous devez vous réveiller immédiatement !

Ne voyez-vous pas que notre belle Allemagne est complètement détruite ? Les nouveaux länder allemands se vident de leurs populations. L’âge moyen dépasse les 60 ans, et pas seulement ici ou là dans quelques villages ou communes. Le manque de perspective pour la jeunesse s’exprime rituellement dans des actes de violence gratuite et la confiance dans le mandat politique fond comme neige au soleil.

Mais les anciens länder se désintègrent tout autant. De grandes marques traditionnelles, telles que Woolworth, Hertie, Karstadt, Quelle et bientôt peut-être Opel, sans même mentionner des centaines de fournisseurs et des milliers de PME-PMI, ont déjà cessé d’exister. Les agriculteurs se battent pour leur survie. La pauvreté explose. Et la facture des pertes spéculatives est servie à la population ! L’Allemagne court un danger existentiel !

Dire que le pire est derrière nous n’est qu’une propagande qui vise à nous endormir. Elle vient de ceux qui veulent faire perdurer une économie de casino. Pourquoi les joueurs se feraient-ils du souci ? Si cela tourne mal, les gouvernements se préparent déjà à sauver les institutions qui représentent un risque systémique, avec l’argent du contribuable. En vérité, la spéculation est encore plus sauvage et moins régulée qu’avant la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, et le prochain krach géant est pour bientôt.

Cela doit donc cesser. Nous ne pouvons permettre à l’oligarchie financière de conduire notre pays dans le mur. Il faut un changement de système !

L’ordre monétariste et la mondialisation actuels doivent être remplacés par un système de crédit productif public au service de l’intérêt général et de la création de richesses dans l’économie réelle. Lyndon LaRouche a démontré depuis longtemps que seule une alliance entre les quatre plus grandes puissances du monde, les Etats-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde, peut forger la force capable d’inscrire sur l’agenda politique des Etats une nouvelle architecture financière mondiale.

On peut mentionner quelques bonnes nouvelles à ce sujet. Le 3 octobre, lors d’une visite d’Etat du Premier ministre Vladimir Poutine en Chine, douze accords-cadres de coopération furent conclus entre la Russie et la Chine, avant tout dans le domaine des infrastructures et de la haute technologie, pour un montant total de 500 milliards de dollars. Par ces accords, les réserves chinoises en dollar ont été adossées à des investissements dans l’économie réelle. Cet accord peut devenir le catalyseur d’un nouveau système de crédit mondial, pourvu que d’autres nations s’engagent, ensemble avec la Russie et la Chine, dans des programmes de développement similaires.

Voilà la forme concrète d’une troisième voie, évoquée par les militants des droits de l’homme en 1989. Et c’est aussi le début de la traduction en actes du programme que Lyndon LaRouche et le Büso avaient mis sur la table à l’époque, c’est-à-dire le « triangle productif Paris-Berlin-Vienne », qui devint, à partir de 1991, avec le démembrement de l’URSS, le « Pont terrestre eurasiatique ».

L’idée centrale de ces propositions consiste à relier entre eux les centres industriels et démographiques d’Europe et d’Asie avec des corridors de développement. En unissant toute l’Eurasie dans un seul réseau infrastructurel, les régions les plus enclavées deviendraient enfin accessibles et aussi bien la productivité que le niveau de vie de leurs populations partiraient à la hausse.

Investir dans ce projet de Pont terrestre eurasiatique est aussi un moyen pour l’Allemagne de sortir de la crise. Car nos PME-PMI, nos ingénieurs en mécanique et nos techniciens qualifiés disposent des capacités industrielles et du savoir-faire indispensable à une expansion économique du continent eurasiatique. Inversement, l’Allemagne dépend d’accords de coopération à long terme pour ses approvisionnements en matières premières et en énergie.

Si l’Allemagne participe à un nouveau système de crédit productif public entre Etats souverains, alors nous retrouverons une fois de plus le plein emploi et de hautes qualifications. Nous devons reprendre conscience que la seule source de richesse de toute nation, découle des capacités créatrices de la population et non pas des maximes du libre-échange qui affirment qu’il suffit d’acheter bon marché et de vendre cher. Ainsi, c’est la création d’un marché domestique fortement productif et la meilleure formation possible du potentiel cognitif de nos concitoyens qui sont les meilleures préconditions pour garantir une contribution allemande à la reconstruction de l’économie mondiale dans ce nouveau système.

Cependant, il nous faut aussi un changement systémique dans nos têtes. Nous ne devons pas seulement nous débarrasser des déchets toxiques des banques, mais également de la pourriture mentale qui a accompagné la mondialisation, notamment l’obsession du profit, les loisirs abrutissants, la maximisation du plaisir "ici et maintenant’ et la pensée contre-révolutionnaire qui affirme que « de toutes façons, on n’y peut rien » et qu’il faudrait bannir de notre vocabulaire pour l’éternité.

Si nous souhaitons saisir l’occasion historique d’un grand changement en politique économique et dans nos têtes, et si nous voulons réaliser la grande vision d’une ère de paix au XXIe siècle, alors il n’y a pas de meilleure source d’inspiration que notre grand poète Friedrich Schiller. Dans ses œuvres, nous trouvons toutes les idées sublimes capables de nous donner la force intérieure pour ce changement, notamment l’idée que chaque personne porte en lui le potentiel de se hisser au niveau d’une âme belle et d’un génie.

En 1989, un moment historique potentiellement énorme pour l’Allemagne, fut gâché. Aujourd’hui, puisque nous sommes face à un effondrement systémique encore plus dramatique, nous devons saisir l’opportunité qui découle du fait que le paradigme néolibéral de la mondialisation est par terre. C’est donc maintenant que le « plan LaRouche » pour un nouvel ordre économique mondial plus juste doit être inscrit sur l’agenda politique des Etats.

Dans ce sens, célébrons le 250e anniversaire de la naissance de Friedrich Schiller et le 20e anniversaire de la chute du Mur !

Alle Menschen werden Brüder, diesen Kuß der ganzen Welt !

(Ode à la joie : Tous les hommes deviennent des frères, au monde entier ce baiser !)

  • 2525€
  • 5050€
  • 100100€
  • 250250€
  • 500500€
  • 10001000€
  • 20002000€
 

Voir les 2 commentaires

Vos commentaires

  • Le 10 novembre 2009 à 09:45
    par ?

    9-11 chute du mur, symbole de la liberté retrouvée pour le monde, 11-9 c’est l’inverse !

    • Le 11 novembre 2009 à 01:43
      par Pic et Puce

      Il faut en effet se libérer de ce carcan qui bride toutes les énergies et les bonnes volontés. L’Allemagne est un outil essentiel dans cette Eurasie qui a bien du mal à émerger à cause des tireurs de ficelle planqués à Londres. Ce pays victime de la secte nazie et des marchands du temple possède encore la ressource intellectuelle et morale pour permettre la réalisation de se ce grand défi du XXIème siècle. Les troupes russes ont quitté les anciens pays communistes ; il serait grand temps que les troupes américaines plient bagage. Les peuples ont besoin de projets grandioses qui les réunissent et pas d’une mafia financière qui les amène vers le désespoir. Il faut commencer par se libérer de l’asservissement mental que nous subissons 24 sur 24 par médias anglo-saxons interposés.

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