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Hyperinflation sur les matières premières (suite)

La rédaction
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Malgré les fluctuations sur le marché des matières premières, marquées par de fortes baisses, immédiatement suivies le lendemain de hausses encore plus brutales, la tendance globale est à l’accélération de l’accroissement des prix, notamment pour l’or (660 dollars l’once le 1er mai), le pétrole et les métaux de bases comme le cuivre, le zinc et le nickel.

Prenons le cas du cuivre : dans la première moitié d’avril, le prix de ce métal industriel a atteint pour la première fois les 6000 dollars la tonne. A peine deux semaines plus tard, il franchissait la barre des 7000 dollars. Le 25 avril, la commercialisation du cuivre sur les marchés à terme de New York a dû être suspendue après que son prix ait atteint sa limite journalière, pour se situer au-dessus de 7300 dollars. Rien qu’en avril, le prix du cuivre a grimpé de 33 % sur le London Metal Exchange ! La valeur « physique » des pièces de monnaie - composées pour la plupart de cuivre, de nickel et de zinc - est sur le point de dépasser leur valeur nominale aux Etats-Unis et dans la zone euro. Dans la semaine se terminant le 22 avril, le volume des transactions sur les marchés des matières premières a atteint un record historique, représentant le double de celui d’avril 2005.

L’agriculture n’est qu’un exemple de la façon dont l’explosion du prix des matières premières aggrave l’inflation dans l’ensemble de l’économie. Selon une étude récente de l’université du Missouri, le prix du gasoil pour les tracteurs, outre-Atlantique, a augmenté de 113 % depuis 2002 et celui des engrais de 70 %. L’étude remarque : « Cette augmentation des prix sur une longue période est quelque chose que nous n’avons jamais vu auparavant. Dans le passé, il pouvait y avoir une forte augmentation du prix énergétique, mais il redescendait rapidement. » Aujourd’hui, c’est différent.

Parallèlement à la hausse vertigineuse des matières premières, la rémunération des obligations à long terme et les taux hypothécaires augmentent lentement mais constamment. Le 26 avril, les bons du Trésor américain à dix ans offraient un taux de rémunération de 5,10 %, soit le plus fort en quatre ans. Quant au marché du logement, il montre déjà des symptômes de stress : le stock de logements invendus aux Etats-Unis a augmenté de 7 % en mars pour atteindre le record de 3,19 millions d’unités. Cela représente une offre de 5,5 mois au rythme du mois de mars, le plus haut niveau en huit ans, selon la National Association of Realtors. De même, la demande de prêts hypothécaires pour l’achat d’un logement a chuté, selon la Mortgage Bankers Association, retombant à son plancher de novembre 2003. Pour ce qui est des nouveaux logements, les prix ont fortement décliné en mars, alors que les ventes augmentaient de 13,8 %. Le prix moyen des logements était de 2,2 % inférieur à celui de l’année dernière, en recul d’une année sur l’autre pour la première fois depuis décembre 2003.

Face aux tendances hyperinflationnistes dues à l’injection de liquidités et à la menace de désintégration systémique des diverses bulles financières, en raison du faible tour de vis des banques centrales, la panique s’étend à la Réserve fédérale. C’est ainsi que son président, Ben Bernanke, a annoncé le 27 avril qu’il y aurait sans doute une « pause » dans le cycle des hausses de taux, après une légère augmentation en mai.

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