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Hyperinflation : un scénario « diabolique » mais probable à 70%

La rédaction
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28 octobre 2010 (Nouvelle Solidarité) – L’hyperinflation, un moyen radical pour réduire la dette mondiale ? Le scénario n’est pas seulement « diabolique » mais jugé à 70 % probable par Edouard Tétreau, fils de banquier et ancien analyste financier du Crédit Lyonnais en guerre contre une finance qu’il juge devenue folle.

Après son premier livre Au cœur de la folie financière (Grasset, 2005) et ses prises de positions répétées en faveur d’un retour à la séparation des métiers de banque commerciale et ceux de banques d’affaires, le fameux Glass-Steagall Act, Tétreau lance un nouveau pavé dans la mare financière avec son dernier livre 20 000 milliards de dollars, le nouveau défi américain (Grasset) et s’attaque à ce sujet très délicat que seuls LaRouche et Cheminade ont osé aborder jusqu’à ce jour : celui d’une explosion hyperinflationniste qui menace tout le système financier mondial.

Tétreau commence son livre en examinant l’énorme pyramide de dettes accumulée depuis des années de dérégulation. Sans envisager une procédure de banqueroute organisée et ordonnée comme le préconisent Lyndon LaRouche aux États-Unis et Jacques Cheminade en France, Tétreau examine assez cyniquement les autres scénarios éventuels permettant, en particulier aux États-Unis, de se débarrasser de leur dette.

Premier scénario, un peu ridicule et jugé peu probable : suite a une « erreur technique », les ordinateurs effacent « par erreur » une grosse partie de la dette...

Deuxième et troisième scénario : un défaut sur la dette américaine, dont le montant, 13 000 milliards de dollars, dépassera, d’après les prévisions du Congressionnal Budget Office les 20 000 milliards en 2020. La version light de ce scénario « go to hell » (va mourir en enfer), a une chance sur cinq de se produire dans les prochains mois ou prochaines années : « Un beau matin, par exemple lors d’un week-end prolongé ou les marchés boursiers seraient fermés un vendredi ou un lundi, le directeur du Trésor américain annonce dans un communiqué laconique que les cotations des obligations d’État américaines sont suspendues sine die, en attendant que les principaux créanciers de l’Amérique en acceptent les nouveaux termes. Par exemple, les obligations à un an seraient remboursées plus tard, à 2 ans, 5 ans, 10 ans. Cela s’appelle un rééchelonnement unilatéral de la dette. L’exercice est assez désagréable pour les créanciers qui espéraient être remboursés à temps. A charge pour eux de se débrouiller avec leurs propres banquiers ».

Dans la version hard du même scénario « go to hell », avec 9% de probabilité, les Américains ne rembourseraient rien du tout. « Les créanciers de l’Amérique ont fait comme les clients des banques de Wall Street : ils ont joué ; ils ont perdu. Too bad ! »

Arrive alors des observations plus intéressantes. Tétreau rappelle que chaque billet émis par la Réserve Fédérale a force libératoire pour toute forme de dette, publique ou privée. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que des gouvernements ont utilisé la planche à billets pour s’acquitter de leur dette. « Et pourquoi pas demain un billet à l’effigie de Barack Obama, ou de Sarah Palin avec le montant suivant : 20 000 000 000 000 », s’interroge Tétreau. « rembourser sa dette en monnaie de singe. La voilà la solution ! »

Bien que Tétreau estime ce scénario « diabolique », il le tient probable à 70%. Après tout, depuis le détricotage des accords de Bretton Woods, le 15 aout 1971, ce processus a déjà commencé. Aujourd’hui, avec les mesures d’assouplissement monétaire des banques centrales, il ne peut que s’aggraver. Mais pour finir où ?

« Quand est-ce que ce déluge de dollars, provenant du robinet percé de la Fed, s’arrêtera ? Le moment ou tout s’arrête est connu, et dûment répertorié dans l’histoire des monnaies du monde entier : ce moment, en général précédé d’une pointe, d’un emballement de la machine à fabriquer des billets survient lorsque la confiance dans la monnaie, goutte à goutte ou d’un seul coup, disparaît irrémédiablement. A ce moment-là, on bascule dans un autre monde, infernal.

« En effet, que se passe-t-il lorsque la monnaie devient folle, au point de perdre toute sa valeur ? Les Européens, et singulièrement les Français et les Allemands, ont contrairement aux Américains le "bénéfice" de cette expérience historique. En France, ce fut la période des assignats pendant la Révolution française. Ces bouts de papier permirent à une petite oligarchie – on dirait aujourd’hui une kleptocratie – de s’enrichir prodigieusement et volant les biens du clergé dont la valeur avait été "assignée" à ces papiers. Las, les guerres révolutionnaires vidèrent tellement le Trésor public que cette oligarchie accéléra l’émission de cette fausse monnaie, afin de combler les fins de mois. La conséquence directe de l’effondrement (de 90%) de la valeur des assignats fut d’ouvrir l’une des périodes les plus noires de l’histoire de France : la Terreur de MM. Robespierre et Guillotin. Il fallut attendre Napoléon et une significative entreprise de redressement des finances publiques pour mettre un terme a cette barbarie.

« Idem pour l’Allemagne des années 1920 : condamnée à payer des « réparations » au titre de la guerre de 1914-18, d’un montant dépassant largement ses moyens, l’Allemagne fut contrainte, elle aussi, d’imprimer de la monnaie à grande vitesse, pour rembourser ses dettes en monnaie de singe. La suite est connue : derrière mon billet vert de 2 milliards de Deutsche Mark des années 1920 commençait à apparaître l’effigie de M. Hitler. A la folie des nombres monétaires qui ne signifièrent plus rien – on avait besoin de brouettes de billets de millions de Deutsche Mark pour acheter du pain – succéda la folie barbare du nazisme et des chambres à gaz. »

La différence avec aujourd’hui n’est qu’une différence de géographie : « cette fois-ci, pour la première fois dans l’histoire, le risque d’une perte massive et instantanée de la valeur des monnaies est désormais mondial ».

Si l’analyse touche à une question fondamentale, il reste à donner la perspective d’une sortie de crise. Là où Tétreau se contente de préconiser un repli sur les « valeurs » européennes et son union politique sans en préciser la substance, nous devons imposer la mise en faillite organisée des spéculateurs et la réorganisation du système monétaire international autour d’un Nouveau Bretton Woods fait de monnaies-crédit souveraines finançant le développement humain des territoires.


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Voir les 4 commentaires

  • dupontg • 31/10/2010 - 05:54

    un peu schematique votre histoire de l’allemagne
    entre decembre 1923 point culminant de l’hyperinflation et
    la folie nazie,il y a quand meme eu la crise de 1929 /1932 venue des US et de la finance mondiale.

    • Fabrice • 31/10/2010 - 11:08

      il ya deja eu un dossier et ce theme de la crise Allemande a larement été enoncée dans le passé, s’il fallait à chaque fois reprendre toute l’histoire pour seulement dire quelque chose de précis sur un theme precis, il faudrait un livre pour parler de celui-ci, et un autre encore pour commenter ce que vous venez de dire...

    Répondre à ce message

  • matière invisible • 28/10/2010 - 20:36

    Je ne comprends pas.:-| Si toutes les monnaies se dévaluent, il n’y aura pas d’hyper inflation entre les monnaies ?:-/

    • Bertrand Buisson • 29/10/2010 - 17:27

      L’hyperinflation n’est pas un décrochage entre les monnaies mais entre la base monétaire et l’économie réelle.

    Répondre à ce message

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