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Industrie automobile américaine -
Il faut choisir : reconversion ou disparition

La rédaction
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par Richard Freeman

Le secteur de l’automobile est partout sur le déclin. Alors que General Motors sombre dans l’insolvabilité, suivi par Ford, notre campagne pour en sauver les capacités industrielles essentielles fait école. Extraits d’un discours de William Ford et réponse de Lyndon LaRouche.

 
Prenant la parole devant la Business Roundtable à Washington le 22 novembre, William Ford, PDG du géant de l’automobile du même nom, a appelé le Congrès à accorder des crédits d’impôt pour la reconversion de l’industrie automobile et la requalification des employés. Il a aussi appelé à une « collaboration entre le gouvernement et l’industrie ».
La proposition de William Ford pour le secteur automobile va dans une direction opposée à celle avancée par le PDG de General Motors, Rick Wagoner, qui avait annoncé la veille son intention de fermer certaines usines en Amérique du Nord et de licencier 30 000 ouvriers, ce qui correspond à une réduction de 30 % des effectifs. La semaine précédente, le PDG de l’équipementier Delphi, Steve Miller, lui-même un requin de Wall Street, avait annoncé le licenciement futur de 24 000 ouvriers sur les 34 750 travaillant en Amérique du Nord, soit 71 % de la main-d’œuvre. En même temps, certaines grandes banques et hedge funds mènent des opérations féroces contre les deux géants. Les titres financiers de General Motors, en particulier, sont sous attaque sur les marchés boursiers, obligataires et des produits dérivés.

Entre ces deux démarches face à la crise de l’automobile, la différence crève les yeux.

Depuis avril dernier, l’économiste Lyndon LaRouche se penche sur les moyens de résoudre ce problème. Il avait rédigé à l’époque un mémorandum adressé au Sénat, appelant à la « mise en faillite stratégique » du secteur automobile afin de sauver ses capacités en machines-outils et de les convertir partiellement dans la production d’autres biens. Malheureusement, le Sénat n’a pas réagi. Mais le mouvement politique associé à LaRouche a lancé une vaste mobilisation dans les villes et régions affectées du Midwest, proposant des résolutions à soumettre au Congrès, qui ont été adoptées par quelques parlements d’Etat et de nombreux conseils municipaux, notamment celui de Détroit. En même temps, les militants intervenaient sans relâche auprès des responsables du syndicat UAW pour les amener, au-delà de leurs revendications sectorielles, à adopter une stratégie gagnante de reconversion et de relance de toute l’économie.

A Washington, le mouvement des jeunes larouchistes (LYM) maintient la pression sur le Congrès. En octobre, la sénatrice Hillary Clinton avait proposé la convocation d’un « sommet d’urgence » pour discuter des moyens de sauver l’industrie automobile. Puis, une percée sur ce front a eu lieu le 17 novembre lorsqu’une centaine de militants du LYM ont rejoint quelque 150 syndicalistes de l’UAW pour une manifestation devant le Capitole, suivie d’un grand effort de lobbying auprès des élus (voir Nouvelle Solidarité du 25.11.05). C’est dans ce contexte qu’il faut situer le discours prononcé par William Ford le 22 novembre, auquel Lyndon LaRouche a répondu le lendemain dans une lettre ouverte sur la réorganisation de l’industrie automobile.

Les propositions de Ford

Le discours de Ford devant la Business Roundtable était surprenant à bien des égards. Il a rappelé que « l’innovation a fait de l’industrie américaine [un exemple] que le monde nous envie. (...) C’est l’innovation qui a fait de Ford un leader - depuis le Model T, la chaîne de montage, puis le salaire de cinq dollars par jour, le moteur V8 (...) et l’airbag du côté passager. » Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, l’innovation « nous a permis de jouer un rôle dans l’arsenal de la démocratie à Détroit. Comme vous le savez peut-être, Ford appliqua sa prouesse industrielle à la construction du bombardier B-24 surnommé Liberator, dans notre usine de Willow Run. »

William Ford a appelé de ses vœux une « nouvelle dynamique pour l’innovation américaine : une collaboration entre le gouvernement et l’industrie », au lieu de laisser l’industrie agir seule. Il cita de manière positive les « subventions accordées par le Japon à ses fournisseurs automobiles nationaux ».

Certains répondent à cette vision par un haussement d’épaules, dit-il. « Ils disent que l’industrie américaine appartient au passé et que nous devrions compter uniquement sur le secteur des services. Ils pensent que ce n’est pas gênant d’être une société de consommation et de laisser la production à d’autres parties du monde. La seule chose qui compte, disent-ils, c’est d’acheter nos biens le moins cher possible - qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter des dommages collatéraux. Eh bien, je n’en suis pas convaincu. ».

Ford mentionna « six mesures de coopération entre l’industrie et le gouvernement que l’Amérique peut prendre ». Pour deux d’entre elles, la principale préoccupation est la reconversion des capacités : il appelle le Congrès « à envisager des crédits d’impôt pour aider les industriels américains à convertir certaines usines existantes, mais dépassées, en installations de technologies de pointe », et à « investir dans les travailleurs américains qui fabriquent des produits à haute technicité, en leur offrant des programmes de formation et d’autres mesures les incitant à améliorer leurs qualifications, ce qui nous aidera à nous préparer pour l’avenir tout en préservant les emplois américains. »

La réponse de LaRouche

Suite à cette déclaration, Lyndon LaRouche a adressé à William Ford une lettre ouverte sur la « réorganisation de l’industrie automobile », qui a également été distribuée à des membres du Sénat américain. LaRouche y exprime d’abord son « approbation vigoureuse » avant d’indiquer « les mesures d’urgence qui sont à la fois faisables et nécessaires. Ce sont des mesures d’assistance essentielles que notre gouvernement doit prendre pour empêcher une catastrophe imminente pour l’avenir économique des Etats-Unis, pays qui reste, malgré tout, le pivot et l’espoir d’une reprise économique générale, dans un monde frappé de plein fouet par la crise. »

LaRouche a insisté sur un aspect implicite du discours de Ford, à savoir que « l’industrie automobile représente, pour l’essentiel, la principale composante des capacités de construction de machines-outils de notre République, (...) conjointement avec celles du secteur aérospatial. Si nous démantelons cette capacité spécifique, nous ne serons plus qu’un vestige de ce que nous étions, comparable à un pays du tiers monde. (...) »

Ce ne sont pas les automobiles qui font l’industrie, dit-il, « c’est l’industrie qui produit des véhicules. Mais elle pourrait produire presque tout ce qu’on lui demanderait, tels les éléments d’un nouveau réseau de transport, notamment des systèmes à lévitation magnétique, ou les éléments des nouvelles centrales électriques dont nous avons un besoin urgent, ainsi que les composants nécessaires pour rebâtir les systèmes de gestion d’eau qui sont actuellement vétustes et insuffisants. Dans toute conception compétente d’une économie moderne, environ la moitié est constituée de l’infrastructure économique de base. (...) »

En lançant les mesures de reprise adéquates de l’économie américaine, dans le cadre d’une réorganisation de la Réserve fédérale, écrit LaRouche, « le gouvernement doit se concentrer sur l’infrastructure économique de base, tout en réactivant le secteur privé au moyen de contrats et de crédit accordés à des fournisseurs et sous-traitants privés participant aux programmes aux niveaux fédéral et des Etats. L’urgence, du point de vue de la sécurité nationale, de mettre en place un système air-rail rationnel, permettant de réunifier efficacement notre territoire, illustre bien la manière dont on doit diversifier les capacités de l’industrie automobile ; il faut utiliser pleinement ses capacités en machines-outils, dans le cadre d’une nouvelle division du travail par rapport au produit net de l’industrie. »

Pour mettre en œuvre un tel programme, poursuit LaRouche, le Congrès doit adopter une loi « mobilisant une part suffisante des capacités existantes pour maintenir intactes les capacités industrielles, en conservant le potentiel en machines-outils actuel et en maintenant le niveau d’emplois dans les villes concernées ». Dans le cadre d’une telle loi, le Congrès pourrait créer un organisme chargé de réorganiser l’industrie automobile en ce sens.

LaRouche conclut sa lettre à William Ford en remarquant : « Vous et vos collaborateurs avez l’expérience nécessaire pour formuler des propositions définissant les grandes possibilités de diversification, sous les formes technologiques appropriées, sur la base des capacités de conception de machines-outils existantes.

« Cette disposition fédérale doit inclure l’intention de rétablir les Etats-Unis en tant que leader technologique. Et nous encouragerons et aiderons d’autres pays à nous imiter et à nous égaler. La science et son partenaire indispensable, la construction de machines-outils, doivent redevenir la norme exemplaire de la performance industrielle américaine. C’est la mission que doit se donner la disposition fédérale prévoyant cette réforme. »

Depuis cet échange, le mouvement larouchiste aux Etats-Unis a contacté nombre d’experts dans les différents secteurs concernés par une reconversion des capacités de l’industrie automobile. Une équipe de travail a été mise sur place pour coordonner leurs efforts et établir des projets concrets.

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