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Irak : la guerre perdue

La rédaction
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A l’approche des élections prévues pour le 30 janvier, les attaques lancées par la résistance irakienne augmentent en densité, en fréquence et en sophistication. En témoignent l’assassinat le 3 janvier du gouverneur de la province de Bagdad, Ali Al-Hadiri, et la tentative d’assassinat du grand dirigeant chiite Abdoul Aziz Al-Hakim.

En dépit du renforcement de la présence militaire américaine, le général Thomas Metz, commandant des forces terrestres en Irak, a dû admettre, lors d’une conférence de presse le 6 janvier à Bagdad, que quatre des dix-huit provinces du pays n’étaient pas suffisamment sûres pour y tenir un scrutin. Elles sont toutes situées dans le centre du pays : Al Anbar (avec Falloudjah et Ramadi), Ninevah (Mossoul), Salah ad-Din (Tikrit) et certaines parties de la capitale.

Une évaluation plus juste du rapport de forces a été donnée par le général Muhammad Abd Allah Shahwani, directeur par intérim des services de renseignement irakiens, qui estima, lors d’une conférence de presse, que les forces de la résistance étaient plus nombreuses que celles de l’armée américaine. Selon lui, 40 000 combattants à plein temps et près de 200 000 Irakiens en feraient partie. Ces derniers fournissent surtout du renseignement, de la logistique et des refuges.

Cette estimation dépasse d’un ordre de grandeur les chiffres officiels des autorités américaines, qui évaluent entre quelque milliers et 20 000 le nombre de résistants. Selon Shahwani, ils jouissent d’un important soutien dans les provinces de Bagdad, Babil, Salah ad-Din, Diyala, Ninevah et Tamim. La résistance attire aussi des forces de l’ancienne armée irakienne, forte de 400 000 soldats, et le désastre socio-économique, toujours selon lui, en fait grossir les rangs. « Les gens en ont assez, après deux années sans amélioration. Ils en ont assez du manque de sécurité, d’électricité, ils ont le sentiment qu’ils doivent faire quelque chose. Il y avait des centaines de milliers d’hommes dans l’armée. Il faut s’attendre à ce que d’anciens combattants s’engagent [dans la résistance] avec des membres de leurs familles. Chacun d’entre eux a des fils et des frères . »

Certains quartiers et même des petites villes du centre de l’Irak restent inaccessibles, en dépit des offensives américaines contre Samarra et Falloudjah. Pour le général Shahwani, la bataille contre cette dernière n’a pas été une victoire. « Nous avons aujourd’hui une ville déserte, quasiment détruite, alors que presque tous les rebelles sont libres. Ils sont partis à Mossoul, à Bagdad ou ailleurs. » Dans certains quartiers de Bagdad, divers groupes sont devenus pratiquement intouchables. Sans toutefois aller jusqu’à dire que la résistance était en passe de gagner la guerre, il a déclaré : « Je dirais qu’elle n’est pas en train de perdre . »

Bruce Hoffmann, ancien conseiller des forces américaines en Irak qui travaille actuellement à la Rand Corporation, donne raison à Shahwani, même s’il ne peut confirmer son évaluation. Pour Anthony Cordesman, du CSIS, « les chiffres irakiens reconnaissent la réalité de l’insurrection en Irak, qui jouit d’un grand soutien dans les régions sunnites, alors que les chiffres américains sont si faibles qu’ils constituent pratiquement un démenti de ce fait. »

Ce message semble avoir été reçu au Pentagone. Selon le New York Times, un Donald Rumsfeld apparemment paniqué a dépêché en Irak un général quatre étoiles, Gary E. Luck, pour étudier la situation, notamment « le niveau des troupes, les programmes d’entraînement des forces de sécurité irakiennes et la stratégie de combat contre l’insurrection ». Luck est l’ancien commandant des forces américaines en Corée du Sud, ancien conseiller de Tommy Franks lors de la guerre en 2003 et actuellement conseiller au commandement des Forces conjointes.

Autre indication de l’inquiétude au Pentagone : des responsables de l’armée envisagent de demander que l’augmentation temporaire de 30 000 soldats approuvée par le Congrès devienne permanente. Un autre responsable, resté anonyme, a révélé que le Pentagone envisage de prolonger au-delà des 24 mois actuels, la période pour laquelle il est autorisé à activer des réservistes. Le quotidien new-yorkais cite un autre responsable du Pentagone qui précise que le nombre de soldats actifs en Irak est à peu près égal au nombre de réservistes, mais que la part des actifs pourrait atteindre 70% lors de la prochaine rotation, en raison du manque d’unités de réserve à mobiliser ; raison supplémentaire d’allonger la période de mobilisation.

Or, le général James R. Helmly, chef de l’armée de réserve, a rédigé un mémorandum clair et net sur le sujet le 20 décembre dernier, à en croire un article paru dans le Baltimore Sun des 5 et 6 janvier. En raison du stress dû à la guerre d’Irak, la Réserve « dégénère rapidement en force cassée ». Dans son mémo de huit pages, Helmly décrit les efforts qu’il a consentis pour réorganiser la politique du personnel réserviste, afin de gérer plus efficacement les exigences du service. Dans presque tous les cas, le commandement supérieur de l’armée a rejeté ses propositions. Helmly a également mis en garde contre le danger d’offrir des « incitations financières » pour susciter la remobilisation des réservistes. Dans une armée professionnelle, de telles primes risquent de mener « au point où l’on confond le "volontaire" et le "mercenaire" . »

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