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Irak : la menace nucléaire des faucons

La rédaction
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Les Dr Folamour de Washington parlent d’attaque atomique préventive contre l’Irak

Reproduction spéciale du journal Nouvelle Solidarité

Début mars, différents journaux aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne ont publié des extraits d’un document du Pentagone, indiquant que le gouvernement Bush a approuvé la mise au point d’une nouvelle génération de « mini-armes nucléaires », à déployer contre des « despotes du tiers monde » qui collaborent avec des terroristes et possèdent des armes de destruction massive, c’est-à-dire, dans l’immédiat, Saddam Hussein, suivi de bien d’autres.

Le mémorandum du Dr Dale Klein fait état d’une conférence qui se tiendra en août prochain au Commandement stratégique des Etats-Unis, pour discuter de la production et du déploiement de « casseurs de bunkers » et de petits engins nucléaires qui seront intégrés dans l’arsenal militaire américain. Ainsi, le recours à une première frappe nucléaire n’est plus un tabou et les Etats-Unis ne s’abstiendront plus d’utiliser l’arme nucléaire contre des pays non nucléarisés.

Ceci ajoute une dimension d’horreur incommensurable à la menace très réelle de guerre contre l’Irak. Aux Etats-Unis, Lyndon LaRouche a appelé le président Bush à renoncer immédiatement à une telle folie, et il a mobilisé son mouvement politique en conséquence.

Sous le titre « Bush approuve la riposte nucléaire », William M. Arkin, spécialiste des affaires militaires, écrivait dans le Washington Times du 31 janvier que « les plans de guerre du gouvernement Bush » ne considèrent plus « les armes nucléaires comme faisant partie d’une catégorie spéciale d’armements, mais les assimilent à d’autres options militaires ».

Selon « de nombreuses sources » proches des préparatifs de guerre, on s’intéresse surtout à deux usages possibles pour ces armes nucléaires : « attaquer des installations irakiennes enfouies si profondément sous terre qu’elles seraient indestructibles par explosif conventionnel et empêcher l’Irak d’utiliser des armes de destruction massive ». Selon le quotidien, lors d’un débat au Sénat, le ministre de la Défense, Donald Rumsfeld, « a refusé d’exclure l’utilisation d’armes nucléaires dans une guerre contre l’Irak ». Il s’est dit confiant dans la possibilité de faire le nécessaire par des moyens conventionnels, ajoutant cependant que « notre politique traditionnelle consiste à dire que nous n’excluons pas l’utilisation possible d’armes nucléaires si [nous sommes] attaqués. »

Cela fait des mois que Nouvelle Solidarité attire l’attention sur ce danger. A l’époque de la guerre froide, les armes nucléaires constituaient une classe d’armement à part, c’était l’ultime moyen de défense. La non prolifération d’armes nucléaires devait être assurée par le « Traité d’interdiction des armes atomiques ».

Le but de ce traité était, à long terme, de supprimer les armes nucléaires, les pays qui n’en possédaient pas encore y renonçant aussi à l’avenir. A l’inverse, les puissances nucléaires s’engageaient à ne pas utiliser leur armement contre les pays signataires et à réduire leurs propres arsenaux. Bien que les puissances nucléaires n’aient pas rempli cette dernière obligation, du moins l’usage d’armes nucléaires contre les Etats dépourvus de ces armes était-il considéré jusqu’à présent comme exclu.

Plus maintenant. Peu après la chute de l’Union soviétique, les Etats-Unis ont commencé à adopter une nouvelle orientation stratégique, qui se traduit par le fait que ce tabou tombe aussi. Pour mettre en oeuvre ce type de changement stratégique fondamental, il faut d’abord qu’il existe un concept correspondant, une doctrine élaborée. Ensuite, il faut lancer une planification militaire appropriée, suivie de la réorganisation militaire requise et de la mise au point des armements en question. Enfin, il faut appliquer cette nouvelle doctrine ou, du moins, faire preuve de la volonté de l’appliquer. Nous allons examiner chacune de ces étapes avant de considérer les conséquences d’une telle stratégie.

La doctrine Wolfowitz adoptée par Cheney

Le 8 mars 1992, le New York Times publia des extraits d’une étude secrète du Pentagone, en date du 18 février 1992, intitulée « Defense Planning Guidance ». On pouvait y lire que « le premier but militaro-stratégique » est d’empêcher « la montée d’un nouveau rival, que ce soit sur le territoire de l’ancienne Union soviétique ou ailleurs. (...) Nous devons empêcher qu’une quelconque puissance hostile domine une région, dont les ressources (...) suffiraient à assurer une position de puissance mondiale. Ces régions sont l’Europe de l’est, l’Asie de l’Est, la région de l’ancienne Union soviétique et l’Asie du sud-ouest. » Parmi les préoccupations essentielles à la sécurité américaine, citons « l’accès à des matières premières vitales, avant tout le pétrole du golfe Persique, la diffusion d’armes de destruction massive et de missiles balistiques, les menaces de terrorisme pesant sur les citoyens américains ». Ce « guide de la défense » a été baptisé « doctrine Wolfowitz », du nom de son auteur.

Planification militaire

Le 9 février 1996, le chef d’état-major américain rendit public le document JP 3-12.1, « Doctrine for Joint Theater Nuclear Operations », portant sur les opérations nucléaires conjointes sur les théâtres de guerre, qui montre bien que la doctrine Wolfowitz était déjà devenue la base de la planification militaire. Pour la première fois, parmi les cibles éventuelles de frappes nucléaires, sont mentionnés des « acteurs qui ne sont pas des Etats » - ce qu’on appellerait aujourd’hui des « terroristes ». Ce fut une première violation de l’esprit du Traité d’interdiction des armes atomiques.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Bush fils, plusieurs mois avant le 11 septembre, la mise en application de la stratégie préventive et de l’usage opérationnel d’armes nucléaires avançait à grands pas. Une équipe triée sur le volet par Donald Rumsfeld élabora la Quadrennial Defense Review 2001, présentée au Congrès le 30 septembre 2001, qui faisait déjà allusion à l’usage d’armes nucléaires. Début 2002, Rumsfeld remit au Congrès un rapport encore plus explicite (Nuclear Posture Review (NPR)), dont certaines parties ont été transmises aux médias américains à la mi-mars, qui prévoit la possibilité de déployer des armes nucléaires contre d’autres pays, sans même qu’il y ait eu attaque contre les Etats-Unis ou leurs forces armées. En ce sens, la « miniaturisation » d’armes nucléaires permettrait des options plus flexibles en cas d’attaque « préventive ».

La NPR met les armes nucléaires sur le même plan que les armes conventionnelles, et non plus comme des armes de « dernier recours ».

Dans son discours du 17 septembre 2002 sur la « stratégie de sécurité nationale », le président Bush avait déjà déclaré que la doctrine de dissuasion, dominante pendant la Guerre froide, n’était plus de mise puisque les commandos-suicide terroristes ne peuvent pas, par définition, être dissuadés. Les armes atomiques ne sont donc plus, pour lui, un « dernier recours » mais un choix parmi d’autres.

Réorganisation militaire : STRATCOM

Le 1er octobre 2002, la structure de commandement des forces armées des Etats-Unis a été profondément modifiée. L’aspect décisif est la création d’un nouveau centre de commandement intégré (Stratcom), responsable à la fois des systèmes d’alerte précoce, des systèmes de défense anti-missiles et des moyens stratégiques d’attaques conventionnelles et nucléaires. Il a la responsabilité des opérations de « frappe globale ».

Le développement des armements

Bien que le Congrès américain ait interdit en 1994 la mise au point d’armes nucléaires ayant une puissance explosive inférieure à 5 kilotonnes ou de bombes de précision ayant une force explosive encore moindre, celle-ci a bel et bien commencé en 1995. L’arme, disponible depuis 1997, est couramment appelée « casseur de bunker » (son nom officiel est B61-11). C’est une amélioration de la série de bombes B61 des années 60, dont la charge explosive peut varier de 0,3 à 340 kilotonnes.

On justifie la mise au point des « casseurs de bunker » par le fait que les services secrets américains ont repéré à l’échelle mondiale des bunkers situés à plus de 10 000 mètres de profondeur et que leur nombre devrait encore augmenter à l’avenir. Beaucoup ont des protections en béton tellement épaisses qu’ils ne pourraient pas être détruits par des moyens conventionnels. Les armes nucléaires ne seraient pas seulement en mesure de briser ces bunkers, mais elles détruiraient aussi, sous l’effet de la boule de feu de l’explosion atomique, les armes de destruction massive entreposées là.

Application : le NSPD-17

La « Stratégie nationale pour combattre les armes de destruction massive » est une élaboration de la première phrase du discours prononcé par Bush le 17 septembre 2002 : « Dans le nouveau monde, dans lequel nous sommes maintenant entrés, la voie de l’action est la seule voie vers la paix et la sécurité . »

Le NSPD-17 note que « l’approche des Etats-Unis pour combattre les armes de destruction massive représente un changement fondamental par rapport au passé ». S’ensuit la liste des différents moyens qui seront mis en oeuvre pour y arriver. La version secrète du texte mentionne explicitement les armes nucléaires parmi ces moyens. D’après le Washington Post du 11 décembre, « une annexe top secrète de la directive cite l’Iran, la Syrie, la Corée du nord et la Libye comme cibles de la nouvelle approche des Etats-Unis . »

Ainsi, si la guerre en Irak « tourne mal », c’est-à-dire s’il n’est pas possible de « faire le nécessaire par des moyens conventionnels » la volonté et la capacité opérationnelle d’utiliser des bombes nucléaires en Irak existent bel et bien. Le 21 février 2003, lorsqu’un correspondant du magazine Executive Intelligence Review a interrogé sur ce point le porte-parole du gouvernement américain, Ari Fleischer, il a répondu que « la Maison Blanche et le gouvernement n’excluent rien. Ne parlons pas de types spécifiques de munitions ! »

Conséquences

Cette stratégie nucléaire américaine qui, par euphémisme, ne s’appelle plus « non-prolifération » mais « contre-prolifération », est condamnée à l’échec. Elle revalorise énormément la possession d’armes nucléaires. Tout Etat, qui pourrait représenter un obstacle sur la « voie de l’action » des Etats-Unis, cherchera par conséquent à détenir lui-même des armes nucléaires. Le redémarrage des réacteurs nucléaires en Corée du nord et la déclaration que vient de faire l’Iran sur son projet de programme d’énergie nucléaire national comportant un cycle complet de traitement du combustible, ne sont que la partie émergée de l’iceberg. La logique interne de la stratégie de « contre-prolifération » fait de la « guerre contre la terreur » avec des armes de destruction massive une prophétie qui se réalisera d’elle-même. C’est pourquoi il faut empêcher la guerre contre l’Irak - y compris dans l’intérêt même des Etats-Unis d’Amérique !

Ralf Schauerhammer

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