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Irak : un gouvernement
intérimaire souverain ?

La rédaction
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Le « transfert de souveraineté » de l’occupant à un gouvernement irakien intérimaire, effectué le 28 juin, n’a rien changé de substantiel dans le pays. Le pouvoir militaire reste dans les mains des forces d’occupation, avec leurs 150 000 soldats, et les ordres politiques seront sans doute fournis par l’ambassadeur américain, John Negroponte, qui a remplacé le chef de l’Autorité provisoire de la Coalition, Paul Bremer.

Selon Aziz Alkazaz, un expert irakien vivant en Allemagne, ce n’est pas la souveraineté qui a été transférée lors de la brève cérémonie de Bagdad, mais seulement certains pouvoirs. Tant que les troupes étrangères resteront sur le sol irakien et seront autorisées à intervenir militairement même sans l’accord du gouvernement, « on ne peut pas parler d’un véritable transfert de pouvoir », déclara-t-il dans une interview accordée à l’Executive Intelligence Review le 29 juin.

Pour la majorité des Irakiens, dit-il, l’essentiel n’est pas une façade de démocratie, mais l’indépendance nationale et une véritable souveraineté. Par conséquent, pour qu’il y ait la paix dans la région, il faut un changement fondamental de la politique américaine ; cela veut dire que les Etats-Unis - comme Lyndon LaRouche l’a esquissé dans sa Doctrine pour l’Asie du sud-ouest - doivent clairement montrer leur intention de mettre fin à l’occupation. En même temps, il faut renverser le processus de « débaasification ». Paul Bremer avait ordonné le licenciement de quelque 30 000 membres dirigeants du Parti Baas, ainsi que le démantèlement de l’appareil de sécurité et de celui de l’armée, qui employaient 750 000 personnes. Sur les 25 directeurs du ministère du Pétrole, 22 furent remplacés. « Le pays et le peuple, précisa Alkazaz, se sont toujours identifiés avec l’armée. (...) L’armée n’a jamais trahi le peuple, ni sous la monarchie, ni sous la République . »

Le Premier ministre intérimaire Iyad Allaoui a déjà annoncé son intention de revenir sur la débaasification. Ayant lui-même participé au coup d’Etat du parti Baas en 1968, Allaoui se présente comme un défenseur de la vraie voie du Parti, contre les « déviations » de Saddam Hussein. Il a également parlé de réconciliation nationale, mais ses déclarations en faveur du rétablissement de la peine de mort (que Bremer avait suspendue) laissent craindre qu’il choisisse plutôt la voix de la revanche.

Selon Aziz Alkazaz, le rétablissement de la peine capitale et la déclaration d’un état de loi martiale représenteraient « la pire des stupidités ». Il propose que les Irakiens adoptent le modèle de la Commission de vérité et de réconciliation, mise sur pied en Afrique du Sud après la chute de l’apartheid. Il est important, dit-il, de traduire les criminels en justice, devant une cour légitime, au cours d’un procès équitable, mais pour assurer la justice, on doit entendre toute la vérité, notamment sur les responsabilités de puissances étrangères qui ont fourni à Bagdad des armes chimiques.

Le 1er juillet, Saddam Hussein et onze anciens membres de son gouvernement ont été mis en accusation. Formellement, ni le gouvernement intérimaire ni le Tribunal spécial pour l’Irak ne sont habilités, en vertu du droit international, à porter des accusations contre eux, seuls des organes établis par un gouvernement élu pourraient s’en prévaloir. Les chefs d’accusation retenus sont le meurtre de personnalités religieuses en 1974, le gazage de Kurdes à Halabja en 1988, l’assassinat du clan kurde des Barzani en 1983, le meurtre de différents militants politiques au cours de trois décennies, le déplacement des Kurdes lors de la campagne Anfal de 1986-88, l’invasion du Koweit en 1990 et la répression des révoltes kurdes et chiites en 1991. Notons qu’il n’est pas fait mention de l’invasion de l’Iran et de l’utilisation d’armes chimiques pendant la guerre de 1980-88. Téhéran compte déposer une plainte formelle et exiger l’inclusion de ces chefs d’accusation.

En Irak même, comme Alkazaz l’a expliqué, le processus de réconciliation peut se dérouler suivant les traditions et les institutions qui font partie de l’héritage national. Alkazaz parle d’un « mithaq », une « union de confiance » que les divers groupes - chiites, sunnites, kurdes et turkmènes - devraient sceller entre eux. Au nom de ce pacte, ils s’engageraient à ne jamais se faire la guerre et à prendre toutes mesures nécessaires pour éviter la guerre civile. Une telle union devrait également reposer sur l’engagement à considérer les ressources du pays, en particulier les matières premières, non pas comme la propriété d’un seul groupe, ou d’intérêts étrangers, mais comme la propriété de la nation, qui sera la source de recettes devant servir à rebâtir l’infrastructure industrielle et humaine détruite durant tant d’années de guerres.

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