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Italie : très courte victoire pour Romano Prodi

La rédaction
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A l’issue des élections générales des 9 et 10 avril en Italie, force est de constater que la faible marge de victoire de la coalition de centre-gauche dirigée par Romano Prodi ne lui permet pas de gouverner sans un accord quelconque avec l’opposition du centre-droit.

A la Chambre des députés, l’Unione a obtenu 49,8 % des voix contre 49,7 % pour la coalition de Silvio Berlusconi, la Casa delle Liberta. En raison de la « prime » offerte au gagnant, la première obtient cependant 340 sièges contre 277 pour la deuxième. Au Sénat, la coalition du Premier ministre sortant a emporté 50,2 % des voix, contre 48,9 % pour le centre-gauche, mais elle obtient moins de sièges en raison d’une loi électorale compliquée, accordant des primes de 3 sièges pour chaque région emportée par l’une ou l’autre coalition. Au final, le bloc de Prodi compte 158 sénateurs et celui de Berlusconi 156. Bien que Prodi puisse compter sur le soutien de cinq sénateurs élus à vie, l’Unione ne sera guère en mesure de gouverner sans obtenir un vote de confiance pour chaque loi.

Le taux de participation élevé (83,6 %) montre que les Italiens ne sont pas « désenchantés » par la politique, mais que le pays est véritablement divisé en deux. Reflétant la tendance européenne générale, les électeurs ont davantage voté « contre » un parti ou un candidat, plutôt que de soutenir franchement l’un ou l’autre programme. Ont voté pour Prodi ceux qui détestent Berlusconi, et vice versa. La moitié des Italiens craignent les abus de pouvoir du Premier ministre sortant et sa politique de division, et l’autre moitié redoutent la position technocrate de Prodi et le retour des politiques anti-industrielles des Verts. Par conséquent, le gagnant ne bénéficie pas d’un mandat clair.

Berlusconi a exploité cette situation pour appeler à un « gouvernement de concordance nationale », suivant le modèle de la Grande Coalition allemande. Le bloc de Prodi a refusé l’offre, mais reste néanmoins divisé : une faction « jacobine » réclame à tout prix la destruction politique et juridique de Berlusconi, tandis qu’un courant pragmatique, groupé autour de l’ancien Premier ministre D’Alema, cherche le dialogue avec l’opposition sur de grands thèmes économiques et institutionnels, tout en rejetant une grande coalition.

La prochaine épreuve de force politique aura lieu à l’occasion de l’élection du nouveau Président de la République. Le successeur de Carlo Azeglio Ciampi doit être élu avant la mi-mai par le Parlement, et pour représenter l’ensemble du pays, il devra être soutenu par une importante majorité, issue de tous les partis. Ensuite, courant mai, il confiera à Romano Prodi la tâche de former le nouveau gouvernement.

Le premier grand test auquel il sera confronté sera la loi budgétaire. D’un côté, l’Italie s’est mise d’accord avec la Commission européenne sur la réduction du déficit budgétaire pour respecter la barre de 3 % du PIB stipulé dans la pacte de stabilité (il se situe actuellement à 4,2 %). De l’autre, la coalition de Prodi a fait des promesses électorales représentant un coût minimum de 10 milliards d’euros.

En outre, les agences de notation Fitch et Standard & Poor’s ont déjà fait savoir que, faute d’appliquer la « discipline budgétaire », l’Italie verrait inéluctablement une dégradation de la note de sa dette nationale au cours de 2006. Pariant sur un risque, Goldman Sachs a conseillé à ses clients d’acheter des contrats dérivés sur défaut contre les obligations de l’Etat italien. Une telle dégradation augmenterait le coût de la dette publique, qui se situe déjà à 108 % du PIB et pourrait alors échapper à tout contrôle.

La question centrale est de savoir si le prochain gouvernement italien va capituler face aux exigences des marchés financiers et imposer des coupes budgétaires draconiennes, ou s’il y résistera en défendant l’industrie et l’Etat providence. Il se peut qu’une large coalition de forces se mette d’accord sur une politique de défense de l’intérêt national, mais elle pourrait aussi choisir la direction contraire, si elle se laisse dominer par des intérêts pro-mondialisation.

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