Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire Flash : 2 décembre - François Fillon veut six fois moins de communes et zéro départements Lire
Accueil Actualité
Brèves

Jacques Attali : le monde prend le chemin d’un « Weimar planétaire »

La rédaction
visites
9161

3 juin 2009 (Nouvelle Solidarité) – Cela aurait dû faire la une de toute la presse, au moins de toute la presse financière. Le 26 janvier, parlant à Paris au Forum international économique et financier (FIEF), l’ancien sherpa de François Mitterrand Jacques Attali a prononcé ce mot qui commence par H et que seuls Lyndon LaRouche et Jacques Cheminade ont osé prononcer jusqu’ici : l’hyperinflation « à la Weimar ».

Peu importe si l’on se trouve en désaccord (ce qui est notre cas) avec les remèdes du docteur Attali, son diagnostic se démarque des lieux communs de la pensée sur ce sujet.

Attali commença son intervention en soulignant à quel point les discours officiels se voulaient rassurants. Quand une pierre risque de tomber sur la tête de quelqu’un, il faut lui dire, disait-il. Non pas pour le faire paniquer, mais pour lui permettre d’échapper à l’événement. En réalité, avance-t-il, la situation est bien pire en janvier 2009 qu’en janvier 2008. Si le pire n’est pas certain, il n’en demeure que le scénario du pire est le plus probable.

Suivit ensuite des chiffres qui parlent. Par exemple, la dette totale des Etats-Unis, quand on additionne les acteurs privés et publics, représentait en janvier 2008 l’équivalent de 350% du PIB américain, plus élevée qu’en 1929, quand elle n’a jamais dépassé les 300%. Un an plus tard, en janvier de cette année, cette dette représente 500% du PIB et atteint 54000 milliards de dollars. Ce que l’on fait avec les plans de renflouement des banques est comparable à donner de l’oxygène à un accidenté de la route. Au lieu de le transporter à l’hôpital, on tente de le faire survivre en lui donnant de l’oxygène. Pourtant, c’est précisément cet oxygène qui l’achèvera.

Un autre chiffre dévastateur est le lien entre les encours et les fonds propres des banques. Les encours montent à environ 84000 milliards et les fonds propres ne représentent que 4000 milliards, c’est-à-dire un ratio de vingt. Cette proportion ne doit jamais dépasser les 15%. Pourtant, pour certaines banques, le ratio dépasse les 50 !

Les Etats-Unis ont injecté environ 12000 milliards de dollars pour éviter que le système s’effondre. 1800 milliards de dollars sont allés aux banques américaines dont les fonds propres ne dépassent guère les 1300 milliards. Cela signifie « qu’elles sont, à ce point, techniquement en faillite ». La situation est identique pour les banques britanniques.

L’état de faillite du système bancaire s’exprime également par la différence entre la valeur des banques en bourse et la valeur qu’ils affichent sur le papier. La valeur des trois grandes banques françaises sur le marché est à peu près la moitié de leurs fonds propres. Cela provient du fait que le marché sait bien que ces banques possèdent des actifs toxiques qu’elles refusent de faire apparaître dans leurs comptes.

L’autre facteur aggravant de la situation financière vient du fait que les banques centrales, notamment la Réserve fédérale américaine mais aussi la Banque d’Angleterre et certaines banques centrales du système euro, au lieu de permettre aux banques de prêter de l’argent à l’économie, prêtent elles-mêmes directement aux entreprises en difficulté. Voilà ce qui permet de créer les conditions du pire.

Tous ces facteurs, considérés comme un tout, ajoutés au ralentissement de l’économie mondiale, provoqueront d’énormes besoins de financement pour les grands pays, qui auront besoin entre 50000 et 100000 milliards de dollars chacun ! Ces chiffres énormes, démontrent clairement que nous assistons à un effet de boule de neige. Cela aurait pu être évité. Trouver 100000 milliards de dollars sur les marchés des capitaux n’est guère possible pour un Etat. Seuls les Etats eux-mêmes peuvent dégager ce type de sommes d’argent. Mais les Etats, où trouveront-ils l’argent ? L’économiste américain Nouriel Roubini, sur son blog, vient d’écrire que l’Angleterre pourrait faire faillite d’ici peu. La dette publique américaine est elle aussi passée de 3 à 13% du PIB. Les gens me répondent, « oui, mais la Chine et les pays du Golfe pourraient nous tirer d’affaire ». Cependant, depuis la chute des cours du pétrole, le Golfe a des problèmes et la Chine, elle, ne dispose que de 2000 milliards de dollars. Ce n’est pas grand-chose par rapport aux montants que je viens d’évoquer.

Ainsi, le scénario du pire est vraisemblable, celui d’une grave dépression et d’une inflation importante.

« Je le dis comme je le pense : le monde n’est pas loin de s’engager sur le chemin d’un Weimar planétaire. »

Pour échapper à ce scénario, ce grand économiste propose ni plus ni moins que l’Europe s’endette pour éponger les pertes de la finance folle.

Pour notre part, une réorganisation de fond en comble du système, par une procédure de faillite ordonnée de l’ensemble du système financier international est la seule issue.

A lire : Un vrai Nouveau Bretton Woods, enjeu de civilisation

Contactez-nous !