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Jean Ziegler a raison, les biocarburants sont un « crime contre l’humanité » !

La rédaction
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6 novembre 2007 (Nouvelle Solidarité) - En pleine euphorie environnementaliste, le rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation, Jean Ziegler a pointé du doigt le caractère criminel des biocarburants, déjà dénoncé dans nos colonnes.

Jean Ziegler, Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation, s’est inquiété vendredi 26 octobre devant la presse de l’augmentation du nombre d’affamés dans le monde et a dit craindre que la production massive de biocarburants comme l’éthanol n’aggrave encore le problème en diminuant les surfaces agricoles consacrées aux cultures vivrières.

Jean Ziegler a appelé à un moratoire de cinq ans, le temps nécessaire, a-t-il espéré, pour que la recherche trouve le moyen de tirer de l’éthanol des déchets agricoles, essentiellement des parties non comestibles de plantes comme le maïs ou le blé. « Il est légitime de vouloir fabriquer des biocarburants mais le résultat va être désastreux dans l’immédiat. » Il n’a pas hésité à parler d’un « crime contre l’humanité qui est commis lorsque l’on convertit un sol productif pour l’alimentation en terre à produire du biocarburant ».

M. Ziegler, qui s’est aussi exprimé le 25 octobre devant la Troisième Commission, chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles, a dit craindre que le premier objectif du millénaire pour le developpement, la réduction de l’extrême pauvreté et de la faim, ne soit pas atteint à l’échéance de 2015. Il a rappelé que le nombre de personnes souffrant de la faim et de la malnutrition a augmenté tous les ans depuis 1996 pour dépasser les 850 millions, alors que l’on estime que la Terre pourrait nourrir 12 milliards d’êtres humains, soit deux fois la population mondiale actuelle. En réponse à l’argument selon lequel le nombre d’affamés n’a en fait pas augmenté, en chiffres relatifs par rapport à la croissance de la population mondiale, l’universitaire suisse a répondu : « Je n’accepte pas ce raisonnement car un enfant qui meurt de faim n’est pas une statistique ».

Selon les estimations de l’ONU, six millions d’enfants de moins de cinq ans meurent chaque année dans le monde à cause de la malnutrition et des maladies associées. Parlant d’un « massacre de la faim qui n’obéit pas à la fatalité », il a estimé qu’un « enfant qui meurt de faim est assassiné ». M. Ziegler a mis en cause en particulier les subventions agricoles européennes qui permettent d’inonder les marchés africains à prix bradés et qui entraînent la ruine des agriculteurs locaux. Selon lui, « l’Union européenne crée de la faim en Afrique par son dumping agricole ».

Le Rapporteur spécial est aussi alarmé par l’augmentation des « réfugiés de la faim » qui tentent de gagner l’Europe et l’Amérique du Nord pour survivre et qui sont considérés comme des délinquants lorsqu’ils arrivent à destination quand ils ont la chance de ne pas mourir en chemin. Il a estimé qu’il est grand temps de renforcer les mécanismes de protection nationaux et internationaux en réaffirmant concrètement « le droit de se nourrir ». Les droits de l’homme ne sont pas uniquement politiques et civiques, a-t-il souligné, mais ils touchent aussi à l’économique, au social et à la culture. Jean Ziegler a estimé que l’Europe doit trouver une réponse autre que militaire pour repousser les miséreux à ses frontières. Il a proposé de créer un nouveau droit de l’homme -le droit d’accueil provisoire- qui protégerait « les réfugiés de la faim », dont l’existence n’est actuellement pas reconnue dans les conventions internationales.

Jacques Cheminade remarque que les déclarations de Monsieur Ziegler viennent à la suite de Fidel Castro. « Malheureusement Messieurs Ziegler et Castro s’avèrent ainsi plus compétents et plus soucieux des conséquences humaines de ce choix que la plupart des experts ».
Surtout, il explique que ces problèmes ne pourront pas être réglés tant que le système financier international sera aux mains de milieux financiers s’efforçant de faire rembourser une dette qu’ils ont eux-mêmes créé, en particulier à l’encontre des pays du sud.

La solution demeure un nouveau Bretton Woods.

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