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Jeu en ligne : rien ne va plus !

La rédaction
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20 octobre 2009 (Nouvelle Solidarité) — Rien ne va plus en France, ni au sens littéral de ce terme, ni dans son utilisation plus imagée, dans les salles de jeux.

Rien ne va plus, car ce qu’on a appelé jusqu’ici le double langage du pouvoir, devient de plus en plus le mensonge du pouvoir. Les beaux discours sur la nécessité de réguler le capitalisme financier et de revenir à un capitalisme industriel et productif n’arrivent plus à étouffer l’odeur de corruption qui se dégage de certaines allées du pouvoir.

De même qu’en pleine crise financière, en novembre 2007, l’Europe procédait à la dérégulation de ces tripots de luxe que sont les bourses, en adoptant la directive MIF qui a ouvert les marchés boursiers à la concurrence des plateformes alternatives beaucoup plus opaques, le gouvernement Sarkozy vient de lancer l’ouverture à la concurrence de certains jeux d’argent sur internet.

600000 Français en danger

Quelques chiffres nous permettent de comprendre tout le danger de ce pari. Les montants joués par les Français dans les jeux d’argent autorisés – Loto, grattage, casinos, machines à sous, paris sur hippodrome – sont passés de 98 millions d’euros en 1960 à 37 milliards d’euros en 2006 !

Surtout, le nombre de nos compatriotes devenus déjà addictes aux jeux d’argent oscillerait entre 600000 et 1500 000. Au point qu’en 2008, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) a lancé tout un effort pour rassembler les données existantes sur les conduites addictives liées aux jeux d’argent, afin de mettre en place une politique de prévention.

Pourtant, depuis le 7 octobre, l’Assemblée nationale examine le projet de loi qui ouvrira à la concurrence le poker et les paris hippiques et sportifs sur internet. Les paris sur internet ont déjà atteint 2,9 milliards d’euros en 2008 mais on s’attend à une véritable explosion des clients dès qu’ils seront légalisés.

Jusqu’à maintenant, l’Etat détenait le monopole absolu sur les jeux d’argent, via deux sociétés, le PMU (Paris mutuel urbain) et la Française des jeux. Le PMU et le PMH (pari mutuel hippodrome), qui gèrent depuis 1920 et 1930 tous les paris hippiques, sont des sociétés fonctionnant selon le principe de la mutualisation des paris : les parieurs jouent les uns contre les autres et se partagent ensuite les gains, après déduction de la part prévue par la loi pour l’Etat et l’institution des courses. La Française des jeux gère, quant à elle, les loteries et certains jeux de pronostics sportifs. Dans sa forme actuelle, elle fut fondée en 1978.

Faites vos jeux !

A qui donc le gouvernement français, en décidant de cette ouverture à la concurrence, a-t-il dit « faites vos jeux » ? D’abord à l’Irlandais Charles McCreevy, commissaire européen chargé du Marché intérieur, qui aurait fait de la concurrence sur les paris en ligne son véritable « cheval » de bataille.

En France, c’est le groupe qui a fêté l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy au Fouquet’s, le soir même de son élection. D’après le Nouvel Observateur du 8 au 14 octobre, la liste des invités à ce dîner regroupe pratiquement tous ceux qui ont gros à gagner de cette ouverture : Philippe Desseigne, patron des casinos Lucien Barrière, prêt à lancer en France lecroupier.com, Stéphane Courbit, producteur télé et propriétaire du site Bet Clic, qui propose déjà des paris sportifs et du poker sur toute l’Europe, Bernard Arnault, de LVMH, qui a investi dans Betfair, un site de mise en relation des parieurs en ligne déjà opérationnel en Angleterre, Martin Bouygues et François Pinault, qui ont investi sur EurosportBet, sans oublier les inévitables époux Balkany, qui ont investi dans PokerStars, un site interdit aux Etats-Unis mais qui fonctionne quand même…

Notons enfin que la France n’était nullement obligée de faire cette ouverture. Dans une décision rendue le 8 septembre 2009, dans le contexte d’un litige opposant le gouvernement portugais à l’opérateur Bwin, la Cour de justice des communautés européennes a conclu qu’un Etat-membre a le droit de maintenir un monopole s’il est justifié par la lutte contre la criminalité et la fraude.

Signez sans tarder l’appel de Solidarité & Progrès pour constituer sans délai une Commission d’enquête parlementaire sur la crise financière

Voir les 4 commentaires

  • petite souris • 21/10/2009 - 10:48

    "rien ne va plus"

    Mais cela dépend pour qui.........

    D’abord pour les copains du pouvoir et aussi pour le fisc.

    Ah ! vous voulez parler de la santé du peuple !!

    mais là vous utilisez deux gros mots : santé & peuple dont l’usage et la définition ne sont pas connus de ceux qui nous gouvernent.

    ..........et vous le savez !

    • Pic et Puce • 21/10/2009 - 20:50

      Cela sent de plus en plus mauvais en France...la frénésie aux jeux reflète un pays extrêmement malade....Où sont passés les idéaux qui ont fait les grands hommes...On va donc abreuver une masse inculte aux jeux, les trépaner encore davantage tout en enrichissant les petits copains du pouvoir...Ecoeurant !

    • hugo • 23/10/2009 - 19:30

      Il s’agit ici de mettre de l’ordre sur les jeux d’argent sur internet en les légalisant par une législation et pas de dérèglementer. Aujourd’hui les jeux en ligne sont interdits par la loi mais tous les internautes français peuvent y jouer sans problème, sauf éventuellement les joueurs de poker pro pour rapatrier leurs gains sur un compte bancaire en France. Donc soit on régule la situation en assurant un minimum de contrôle sur les sites de jeux ce qui permet aussi une imposition fiscale soit on bloque les sites internet en question mais à ce moment là ce n’est plus très égalitaire si la Française des Jeux garde sont monopole et les casino leur licence.

      Sinon je suis entièrement d’accord l’augmentation des joueurs de jeux d’argent (surtout de hasard) est révélateur d’un pays sclérosé mais ce n’est pas par l’interdiction que le problème sera réglé.

    Répondre à ce message

  • cutcut • 23/10/2009 - 15:07

    hé oui, quand le citoyen se verra suspendre sa connexion à la va vite par un juge pressé pour accès illégal à la culture, les casinos auront le plaisir de débattre dans une longue procédure qui leur laissera le temps de faire assez d’argent pour payer avocats, frais de condamnations et prises de bénéfices.
    Décidément, elle est belle la vie quand on a du pognon.

    En attendant, je me demande combien tomberont dans le panneau et seront ruinés en tombant sur les pages de plus en plus nombreuses d’"honnête gens comme tout le monde" qui vous dévoilent leurs "secrets" pour gagner des milliers d’euros par mois au casino en ligne.Tapez simplement "comment devenir riche" ou "comment gagner de l’argent" dans l’ami google, c’est édifiant.

    Vous qui n’êtes pas trop démuni, vous vous doutez bien qu’il y a un hic (en cherchant un peu on apprend surtout la technique infaillible qui permet aux casinos de voler les internautes naïfs) mais combien d’esprits influençables au bord de la ruine se jetteront avec toute l’énergie du désespoir dans ces escroqueries ? Et ce alors que la misère pour tous est au programme des années à venir ?

    Au gouvernement, on n’en a cure et on doit se féliciter d’entretenir le portefeuille des copains. Oui, vraiment, elle est chouette la vie quand on a une rollex au poignet en guise de conscience.

    Répondre à ce message

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