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2-3 juillet 2011, conférence de l’Institut Schiller, Rüsselsheim, Allemagne

John Crombez : Les marchés financiers sont en route pour nulle part

La rédaction
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Ce texte est la transcription d’un discours ou d’une contribution à la conférence internationale de l’Institut Schiller organisée sur le thème Sauver l’humanité de l’abîme à Rüsselsheim, en Allemagne, lors du week-end du 2-3 juillet 2011.

Le président du groupe socialiste au Parlement flamand de Belgique, John Crombez, s’est excusé de ne pas pouvoir assister à la conférence mais a transmis la communication suivante :

Depuis le début de la crise financière d’octobre 2008, les données fondamentales du paysage bancaire et financier n’ont pas changé. Malgré bien des annonces et des déclarations osées de la part des dirigeants européens, le vrai changement n’a pas eu lieu. Certains messages appelant à un environnement financier différent n’ont eu d’autre effet que de rendre plus floue la nécessité d’ouvrir les vrais débats qui s’imposent.

Qu’est-ce qui nous a amenés à cette crise ? Pourquoi les autorités de régulation ont-elles été aveuglées durant tant d’années ? Pourquoi les individus qui ont organisé cette crise, ou ceux dont c’était le métier de freiner l’explosion des effets de levier, sont-ils toujours aux commandes ? Et enfin, la question essentielle et non la moindre, pourquoi n’a-t-on pas adopté de lois permettant d’éviter une nouvelle crise ?

Récemment, le comité de Bâle a proposé d’établir une liste de banques « too big to fail » [trop grandes pour sombrer]. Qu’est-ce que cela signifie ? S’agit-il d’un feu vert officiel pour leur permettre de prendre tous les risques qu’elles veulent ? On nous répondrait que cela n’est pas le cas puisque des ratios plus contraignants ont été imposés. C’est un non-sens. Les indicateurs de risque des banques, censés permettre de les surveiller, n’ont pas marché et ne marcheront pas.

Imaginons le tableau des cinq dernières années que pourrait peindre quelqu’un écrivant à l’avenir un livre sur le sujet, disons en 2025. Que verrait-il en regardant en arrière ? Il verrait que les banques ont ajouté risque sur risque, sans aucune limitation raisonnable.

L’explosion des activités bancaires, essentiellement secourues avec l’argent du contribuable, s’est accompagnée d’une perte de 6 millions d’emplois dans la zone européenne. Ensuite, il verra un Parlement européen qui n’a réduit ni l’effet de levier, ni la spéculation ou les bonus, exigeant au contraire des mesures budgétaires avec des conséquences énormes pour les ménages. Ce dernier [le Parlement européen] est guidé par les mêmes banques prenant une fois de plus les mêmes risques (…) Pourquoi n’a-t-on imposé aucune restriction sur l’effet de levier, la spéculation, les bonus ? Parce que le lobbying bancaire a eu plus d’impact sur les décideurs européens que la population.

Disons que ces trois sujets ne sont pas traités.

Aujourd’hui cependant, même dans ces conditions, il existe une possibilité d’imposer un environnement nouveau :

  1. Imposer des « testaments bancaires » [1]. Le Canada l’a fait. Et ce pays est un de ceux qui ont le moins souffert de l’impact des crises bancaires ;
  2. Mettre l’accent sur la protection du consommateur. La vente de produits à haut risque continue partout ;
  3. Imposer une taxe sur les transactions bancaires pour alimenter une cagnotte activable lors de la prochaine crise.

L’une des raisons souvent évoquée pour expliquer pourquoi les gouvernements refusent d’imposer ce type de mesures au niveau national, c’est de dire qu’il est impossible de le faire tant qu’il n’existe pas un modèle cohérent sur le plan international. C’est, pour ainsi dire, un non-sens. J’ai déjà mentionné l’exemple d’un pays relativement plus sûr sur le plan bancaire, le Canada. Ils l’ont fait, bien qu’il n’existe aucun accord international en ce sens. Disons plutôt qu’adopter ces lois à l’échelle d’un pays augmente la possibilité de voir adopter un jour des mesures cohérentes internationales de ce type.

Pour conclure, constatons que trois ans après la crise, nous sommes toujours dans la même situation. Les banques continuent à prendre des risques alors que les pertes se traduisent dans les budgets des ménages. Aucune mesure n’a été prise pour éviter cela, même si des autorités comme Mervyn King [gouverneur de la Banque d’Angleterre] et beaucoup d’universitaires ont clairement déclaré que la situation actuelle est inacceptable. Il n’existe aucun plan pour la croissance et l’emploi. Il n’existe qu’une route pour nulle part, et cette route, avec l’état d’esprit de nos politiques actuels, ne s’arrêtera que avec les prochaines crises potentielles.

Merci de votre attention.


[1En Belgique, John Crombez a participé à l’élaboration d’un projet de loi visant à résoudre le problème des banques « trop grandes pour sombrer ». Cette loi autoriserait les gouvernements à exiger des banques, dans la perspective d’une faillite, qu’elles rédigent leur propre testament, c’est-à-dire un plan prédéfini indiquant clairement la part des dépôts et la part spéculative. De telles instructions pour la fin de vie de la banque permettraient aux Etats, en cas de faillite, de secourir les déposants tout en laissant s’éteindre la partie spéculative. Alors que le débat sur ce type de législation fait notamment rage en Angleterre, en Suisse et en Belgique, le monde bancaire s’est montré peu enthousiaste. Pour sa part, Guy Quaden, le directeur de la Banque nationale de Belgique, a déclaré en février que le testament bancaire défendu par Crombez et Vanderberghe n’était pas impossible, jugeant même son adoption très souhaitable au niveau international. Si une telle législation, reconnaissant les principes sous-jacents de la loi Glass-Steagall, est un petit pas dans la bonne direction, elle reste toutefois insuffisante pour surmonter la crise actuelle.

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